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S'exiler en montagne pour fuir la COVID-19

Le skieur a de la neige jusqu'au genou.

Flo Devellennes aimerait beaucoup s'installer à long terme en montagne.

Photo : Image fournie par Flo Devellennes

Depuis le début de la pandémie, de nombreux Canadiens ont décidé de fuir les grandes villes et de s’installer en campagne. Dans l’ouest du pays, l'exil se fait plutôt vers la montagne.

Ils en rêvaient depuis un certain temps. La pandémie a fini de les convaincre.

Sara Gonzalez et JD Stuart ont eu l’idée d’emménager à Whistler pendant la crise sanitaire. Avec le télétravail à temps plein, leur envie a pu devenir réalité.

Ils sont arrivés au début de l’automne afin de se préparer à la saison de ski.

À Vancouver, j’avais tendance à travailler toute la journée sans m’arrêter. Ici, je vais skier quelques heures sur l’heure du midi et je reprends le travail ensuite.

Une citation de :JD Stuart, architecte de solution informatique

De leur appartement, ils voient les pistes et depuis l’ouverture de la station Whistler-Blackcomb, dévaler les pentes leur permet de se vider la tête.

Le couple avec leur masque sur une piste de ski.

Les tourtereaux profitent de tous les jours de neige.

Photo : Image fournie par Sara Gonzalez

Les deux amoureux profitent des grands espaces qu’offrent les montagnes pour entretenir un rythme de vie plus riche.

On a plus de place, on se sent plus libres et la nature est à portée de main. Je courais déjà lorsque je vivais en ville, la nature est déjà accessible à Vancouver, mais c’était plus restreint. Ici, on a plus de possibilités et plus de choix. Il y a un tas de sentiers à emprunter, raconte Sara Gonzalez, une consultante pour Oniko Marketing.

La jeune femme travaille avec son ordinateur et son bonnet dans une chaise de jardin, au grand soleil.

Le lien d'appartenance que Sara développe en montagne est plus fort que celui qu'elle éprouve en ville, explique-t-elle.

Photo : Image fournie par Sara Gonzalez

Pas très loin de Whistler, à Squamish, Flo Devellennes dresse le même constat. Gérant de Poparide, une compagnie de covoiturage, le jeune trentenaire entame un nouveau chapitre de sa vie, après une dizaine d’années passées à Vancouver.

Sa vie en télétravail lui permet d’organiser sa journée sans trop avoir besoin de se soucier de la logistique entourant ses sorties en pleine nature.

Vue sur une montagne.

Flo apprécie les balades dans la nature avec le chien de son colocataire, Luna.

Photo : Image fournie par Flo Devellennes

En quelques minutes, il descend marcher à la rivière pour commencer sa journée sur une bonne note. Il va skier, aussi parfois, avant même d’entamer son travail en après-midi.

Après avoir passé un mois à Squamish au printemps, il a décidé de faire le saut et d’emménager dans cette ville au coeur des montagnes cet automne. Il aimerait y rester.

La nature me permet de ne pas penser à la COVID-19. On l’a moins dans la face et il y a moins de gens qu’en ville. Je passais déjà beaucoup de temps à la montagne. La pandémie est venue confirmer une envie que j’avais depuis longtemps.

Une citation de :Flo Devellennes, gérant de Poparide

Flo Devellennes souligne aussi le sentiment de communauté propre à Squamish, loin de l’indifférence et de l’anonymat des grandes villes. Ce sentiment d’appartenance est d’autant plus précieux que les contacts sociaux sont rares.

J’ai le sentiment d’être en famille, ici, et surtout, cela coïncide avec le ski, ma drogue. C’était un peu un mécanisme de survie de venir ici, j’avais le sentiment d’être en prison dans mon appartement à Vancouver, raconte Flo Devellennes.

Un lac entouré de sapins, au soleil.

Les amis et les sorties manquent à ces jeunes partis vivre en montagne, mais en attendant de meilleurs jours, ils ont décidé de s'exiler.

Photo : Image fournie par Flo Devellennes

À Revelstoke, plus près de la frontière avec l’Alberta, Arnoul Matéo atteste des bienfaits de la nature sur sa santé mentale.

Sans m’en rendre compte, d’avoir cet accès là privilégié à la nature, de pouvoir ne serait-ce que camper cet été avec mes colocataires a fait en sorte que l’on a passé un été fantastique. L’accès à la nature relève presque du domaine du vital.

Une citation de :Arnoul Matéo, résident de Revelstoke

Ce Français cueilleur de morilles, réalisateur de documentaire et écologue passera son deuxième hiver à Revelstoke plutôt que de rentrer en France.

Le jeune homme, dans un bois, devant des champignons.

Arnoul Matéo s'implique aussi pour la protection du caribou des montagnes dans la région de Revelstoke.

Photo : image fournie par Arnoul Matéo

Un engouement contagieux

Tous se considèrent chanceux d’avoir pu se trouver un logement dans ces villes de montagne. De Whistler à Revelstoke, ces Britanno-Colombiens témoignent de la saturation du marché, dans ces endroits déjà habituellement très prisés.

Je pensais que la pandémie allait rendre les logements plus accessibles, grâce à l’absence de touristes internationaux cette année. En fait, pas du tout. Il y a beaucoup de gens qui viennent s’installer à Revelstoke, des gens aisés qui viennent même d’autres provinces, comme de l’Ontario ou du Québec.

Une citation de :Arnoul Matéo, résident de Revelstoke
Le jeune homme plante des fleurs dans un jardin.

Arnoul Matéo ignore s'il rentrera en France l'an prochain.

Photo : image fournie par Arnoul Matéo

Dans la région de Canmore, en Alberta, le groupe Facebook Bow Valley Home Finder a d’ailleurs décidé de refuser toutes les demandes venant de personnes en télétravail qui souhaiteraient s’extirper de la pandémie en venant s’installer temporairement dans le coin.

Cindy Heisler, l'administratrice du groupe, affirme que cette forme de tourisme a un impact négatif direct sur les travailleurs de la région qui cherchent à se loger.

La demande est tellement grande à Whistler, explique Sara Gonzalez, que les locations ne passent même plus par l’affichage d’offres. Ça se fait par le bouche-à-oreille. Les propriétaires n’ont même plus besoin de publier quoi que ce soit, témoigne la jeune femme.

Du côté des ventes aussi, les chiffres explosent. D’après des données de la Chambre immobilière du Grand Vancouver publiées début décembre, les ventes de propriétés ont doublé à Whistler entre l’automne 2019 et celui de 2020.

Les arrangements pris par les gens qui télétravaillent et les mesures de distanciation physique poussent les acheteurs à s’intéresser à des régions moins densément peuplées, explique la présidente de la Chambre immobilière, Colette Gerber.

Elle y voit une preuve de plus qu’en temps de crise, la nature se transforme en un véritable et précieux refuge.

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