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Une année désastreuse pour la réinstallation des réfugiés

Des membres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés livrent de la nourriture aux migrants.

Plusieurs réfugiés sont bloqués depuis la fermeture de nombreuses frontières en raison de la pandémie.

Photo : Reuters / Umit Bektas

La Presse canadienne

L'année 2020 sera la pire de l'histoire récente pour ce qui est de la réinstallation des réfugiés, selon la représentante canadienne auprès de l'agence des Nations unies pour les réfugiés.

Alors que près de 170 pays appliquent des restrictions aux frontières et aux déplacements à cause de la pandémie, des millions de personnes déplacées à travers le monde sont actuellement bloquées, incapables de retourner dans leur pays d'origine ou de se déplacer vers d'autres pays.

Le Canada a toutefois été l'un des seuls à avoir écouté les appels urgents du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a déclaré la représentante canadienne Rema Jamous Imseis.

Même au plus fort de la pandémie, alors que la plupart des pays fermaient entièrement leurs frontières, le Canada a accepté les cas d'urgence. Et à mesure que les voyages reprennent, Ottawa a admis davantage de cas, a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne.

On n'a malheureusement pas retrouvé les niveaux prévus avant la pandémie, mais le Canada offre toujours cette bouée de sauvetage essentielle aux personnes qui en ont désespérément besoin.

Une citation de :Rema Jamous Imseis

Et nous espérons que, l'année prochaine, le contexte sera très différent et nous pourrons non seulement atteindre ces objectifs, mais peut-être même les dépasser, a-t-elle poursuivi.

Avant la pandémie, le Canada prévoyait de réinstaller environ 30 000 réfugiés en 2020. Or, à la fin de septembre, un peu moins de 6000 réfugiés avaient été accueillis. Selon un porte-parole du ministre de l'Immigration, Marco Mendicino, le bilan en fin d'année pourrait se rapprocher davantage de 7000 personnes.

L'objectif de réinstallation pour l'an prochain est de 35 000 réfugiés, mais on ne sait pas dans quelle mesure cette cible tient compte des inconnues entourant la fin de la pandémie. Le porte-parole du ministre Mendicino a indiqué dans un courriel que tout l'écosystème de réinstallation continue de fonctionner à une capacité réduite, mais se remet lentement en marche.

Bien que nos activités aient été affectées, nous avons parcouru un long chemin depuis le début de la pandémie et traitons maintenant près de six fois plus de cas de réfugiés qu'au cours d'une période similaire l'année dernière, a écrit Alexander Cohen.

Scolariser les jeunes

La fermeture des frontières n'aura pas été le seul défi posé aux réfugiés cette année, a souligné Mme Jamous Imseis. Beaucoup de personnes déplacées dans le monde se débrouillaient économiquement avant que la pandémie ne frappe, mais leurs sources de revenus se sont complètement taries avec le virus, a-t-elle dit.

Cette photo fournie par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés montre des enfants syriens poussant un chariot contenant du matériel fourni par l'agence onusienne ans le quartier de Tariq al-Bab.

Cette photo fournie par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés montre des enfants syriens poussant un chariot contenant du matériel fourni par l'agence onusienne dans le quartier de Tariq al-Bab.

Photo : Reuters / UNHCR/Bassam Diab

La capacité de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille a été anéantie, a-t-elle expliqué. On a donc vu des populations entières passer de ''vulnérables'', mais avec la capacité de se maintenir, à ''vraiment vulnérables".

La capacité de scolariser les enfants a aussi été gravement malmenée cette année. Le plan B de l'apprentissage en ligne, possible dans certains pays développés, n'est tout simplement pas envisageable ailleurs, a rappelé Mme Jamous Imseis.

Certaines études suggèrent que plus de la moitié des filles réfugiées pourraient ne jamais reprendre leurs études postsecondaires après la pandémie, a-t-elle prévenu.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a célébré ses 70 ans lundi. L'agence avait été créée pour aider les Européens déplacés après la Seconde Guerre mondiale; il ne devait à l'origine exister que quelques années.

Nous attendons avec impatience le jour où nos services ne seront plus nécessaires.

Une citation de :Rema Jamous Imseis

Mais malheureusement, nous existons toujours, ce qui signale l'échec de la communauté internationale à vraiment résoudre de vieux problèmes et s'attaquer aux facteurs de déplacement à l'échelle mondiale, a déploré Mme Jamous Imseis.

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