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Racisme dans les assurances : la Commission des droits de la personne mène l’enquête

L'homme est assis devant des micros.

L'ex-député Alexis Wawanoloath estime que les actions provinciales contre le racisme systémique doivent être associées à des mécanismes de contrôle pour qu'elles soient efficaces.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) dit enquêter sur le comportement de l’industrie de l’assurance envers les communautés autochtones.

L’organisation affirme qu’elle traite en ce moment plus d’une plainte sur la question et qu’elle se saisit de la question de manière systémique.

Une enquête publiée dans le journal La Presse la semaine dernière a montré que plusieurs assureurs refusent d'offrir des services à des territoires autochtones, sans analyse préalable de chacun des dossiers.

Un ex-député abénaquis monte au front

Plus tôt aujourd’hui, Alexis Wawanoloath, premier Autochtone à avoir siégé à l’Assemblée nationale, réclamait à la CDPDJ d’agir d’urgence sur la question.

À l’automne 2018, il avait essuyé un refus après avoir fait une demande d’assurance automobile auprès d’Industrielle Alliance. Le motif ? L’entreprise n’assure pas les habitants de la communauté d’Odanak.

Deux ans après, désormais stagiaire en droit dans un cabinet d’avocat, il est encore indigné : J’espère que les compagnies vont revoir leurs politiques, qu’elles vont faire des diagnostics sur les pratiques discriminantes, si on est capable de faire des analyses de risques, communauté par communauté, plutôt que de tous nous mettre dans le même bateau!

Il avait porté plainte auprès de la CDPDJ à ce sujet en 2018 et il trouve que son cas s’éternise. Son dossier a été fermé, puis rouvert à sa demande. L’ex-député dénonce une enquête bancale : Pendant deux ans, la commission n’a rien fait. C’est comme s’ils avaient voulu fermer le dossier et qu’on n’en parle plus. On a fait une médiation, c’était n’importe quoi. Ensuite, on l’a donné à un enquêteur dont son but, ce que j’ai ressenti, c’est qu’il voulait fermer le dossier.

L’ex-député reprochait une apparence de conflit d’intérêts au premier enquêteur chargé de son dossier. La CDPDJ rétorque qu’elle travaille de façon rigoureuse, impartiale et sans conflits d’intérêts et que son personnel est soumis au Code de déontologie du personnel de la commission.

La CDPDJ ajoute que ses travaux montrent que les membres des peuples autochtones sont victimes de racisme et de discrimination systémiques de même que de profilage racial depuis des décennies.

Industrielle Alliance revoit ses pratiques

iA Groupe Financier, qui possède Industrielle Alliance, dit s’excuser auprès de l’ex-député au sujet de cette histoire. Elle admet que la communauté d’Odanak ne fait pas partie des territoires qui ont accès à ses services. Le groupe reconnaît que « ses critères de sélection de territoires de desserte […] peuvent prêter à la critique ».

Vendredi, l’Autorité des marchés financiers s’est dite préoccupée du refus de soumission d’assurances dans les communautés autochtones. « Il s’agit de pratiques en matière d’assurance qui, si elles s’avèrent fondées, sont inacceptables et indéfendables. » Elle soutient s'atteler à vérifier les comportements de l’industrie.

En ce qui concerne Industrielle Alliance, l’entreprise s’est engagée à revoir l’ensemble de sa pratique d’affaires dans le domaine. La refonte devrait être réalisée d’ici juin prochain.

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