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Les effets de la solitude sur le cerveau observés par des scientifiques québécois

Une femme seule regarde par une fenêtre.

Pas moins de 28,2 % des ménages du pays étaient composés d’une seule personne en 2016, selon Statistique Canada.

Photo : iStock

Le cerveau des personnes qui souffrent de solitude possède une « signature » particulière, notamment concernant le volume de certaines régions, ont découvert des scientifiques de l’Institut-hôpital neurologique de Montréal (Neuro).

Le chercheur Nathan Spreng et ses collègues de l’institut associé à l’Université McGill ont étudié les données de 40 000 personnes, consignées dans une biobanque britannique.

Ces informations comprennent des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM), des données génétiques et des résultats d’autoévaluations psychologiques.

L’équipe montréalaise a ensuite comparé les données d’IRM des participants ayant indiqué se sentir souvent seuls à celles des autres participants.

Solitude cérébrale

Les scientifiques ont remarqué plusieurs différences entre les deux groupes, notamment dans ce qu’ils appellent le réseau cérébral par défaut.

Ce réseau regroupe des zones qui s’activent lorsque le cerveau est perdu dans ses pensées. Par exemple, lorsqu’une personne planifie, visualise et évoque des souvenirs, et dirige ses pensées vers autrui.

Les chercheurs ont ainsi découvert que chez les personnes seules, le réseau cérébral par défaut présentait des connexions plus intenses et, fait surprenant, que la substance grise était plus volumineuse dans ce réseau, notent-ils dans un communiqué publié par le NEURO.

La solitude était également associée à des différences dans le fornix, faisceau de fibres nerveuses assurant la transmission des signaux entre l’hippocampe et le réseau par défaut. Chez les personnes seules, la structure de ce faisceau était mieux préservée.

Une citation de :Chercheurs

Habituellement, le réseau par défaut entre en action lorsqu’une personne se remémore le passé, qu’elle envisage l’avenir ou qu’elle imagine un présent hypothétique.

Il est possible que la structure et la fonction de ce réseau soient associées à la solitude, parce que les personnes qui se sentent seules sont plus susceptibles d’utiliser leur imagination, de plonger dans leurs souvenirs ou de rêver à l’avenir pour contrer leur isolement social, expliquent les auteurs des travaux publiés dans la revue Nature Communications (en anglais).

En l’absence d’expériences sociales désirées, les personnes seules pourraient être portées à intérioriser leurs pensées, notamment en se rappelant des événements ou en imaginant des interactions sociales.

Une citation de :Nathan Spreng, chercheur

Nous savons que ces capacités cognitives sont assurées par les régions du réseau cérébral par défaut. […] Cette introspection exacerbée, et la représentation mentale d’expériences sociales feraient naturellement appel aux fonctions du réseau par défaut associées à la mémoire, explique Nathan Spreng, auteur principal de l’étude.

Un risque pour la santé

De plus en plus de travaux associent la solitude à un risque important pour la santé. Par exemple, les personnes âgées qui souffrent de solitude ont plus de risque de présenter des troubles cognitifs ou une démence.

Le simple fait de mieux comprendre les effets de la solitude sur le cerveau pourrait permettre de prévenir les maladies neurologiques et de mettre au point de meilleurs traitements, concluent les chercheurs.

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