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La méditation pour se sortir de la toxicomanie

Un Acadien établi à Vancouver a radicalement transformé son style de vie.

Calixte LeBlanc sur un banc dans un parc de Vancouver.

Calixte LeBlanc a vécu avec des problèmes de dépression et de dépendance presque toute sa vie.

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

L'existence de Calixte LeBlanc ressemble à des montagnes russes avec des hauts qui lui ont fait accomplir de supers projets, mais surtout des bas entre dépressions et consommation de cocaïne, qui ont failli lui coûter la vie. Toutefois, depuis près d’un an et demi, sa course folle s’est apaisée, grâce à la méditation.

Calixte LeBlanc n’oubliera jamais sa rencontre avec le Vipassana, une pratique de méditation quotidienne qui requiert d’entrée de jeu une retraite de dix jours en silence.

Jamais il n'aurait cru que d’apprendre à respirer et se concentrer l'aiderait avec ses problèmes de dépression.

Calixte LeBlanc est en train de méditer dans son salon, par terre.

«Les dix jours que j’ai passé à la [retraite de] méditation pour apprendre la technique, ça a été la plus dure, mais la meilleure expérience de ma vie».

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

Si Calixte LeBlanc s’est tourné vers la pratique du Vipassana, c’est parce qu’il était désespéré. L’Acadien originaire de la région de Moncton, au Nouveau-Brunswick, mais qui flirte avec l’Ouest canadien depuis l’an 2000, avait tout essayé pour mettre fin à son problème de dépendance.

En chute libre

Le réalisateur souffrait de dépression depuis 15 ans. Quand j’étais déprimé, je ne sentais pas de raison de sortir de mon lit le matin, raconte celui qui ne s’aimait pas et ne sentait même pas qu’il méritait l’amour de qui que ce soit. Sa solution a été de tenter de fuir ses problèmes à coup de lignes de cocaïne.

Pour s’en sortir, il a fait au fil des ans, trois cures de désintoxication, à Moncton et en Alberta, ainsi que deux sessions de réhabilitations, entrecoupées de moments où tout allait assez bien. Mais à chaque fois, la rechute était toujours pire.

Après la dernière session, qui avait coûté à son père vingt mille dollars, Calixte a vécu 11 mois où tout semblait sur la bonne voie avant de faire une autre rechute, encore pire que celles précédentes, et il a voulu se suicider.

C'est en août 2019 alors qu'il avait touché le fond du baril, sans argent pour son appartement, a dormir pendant six semaines dans le magasin de son ami qui l’a nourri, que Calixte a décidé de suivre son cours de Vipassana.

Les Services de crises du Canada pour la prévention du suicide sont disponibles en tout temps :

1 833 456-4566

Calixte LeBlanc médite dehors, dans un parc devant des tours de la ville de Vancouver.

À l'été 2020, Calixte LeBlanc méditait quotidiennement depuis un an. La méditation lui a appris a être en paix avec ce qu’il a.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Une carrière de caméraman et de documentariste

Calixte LeBlanc a réussi, malgré tout, à réaliser son rêve d’enfant qui était un jour de voyager avec une caméra dans un autre pays en devenant documentariste d’aventure.

Malgré sa dépendance et les dépressions, il a fait un voyage d’escalade en se rendant à moto jusqu’en Amérique du Sud, avec un ami et muni de sa première caméra. Il a aussi obtenu un diplôme dans un collège au Nouveau-Brunswick, et il a travaillé comme caméraman en Alberta sur des projets pour Parcs Canada, Travel Alberta et une émission de chasse pour Wild TV Network.

Calixte LeBlanc est en train de filmer Will Gadd sur une paroi de glace, avec un équipement d'escalade.

Pendant qu’il travaillait dans son domaine et qu’il faisait des films d’aventure, comme ici lors du tournage de Will Power, la dépression continuait périodiquement de lui pourrir la vie.

Photo : John Kelly

Tout ça a mené à la réalisation de son souhait le plus cher : filmer Will Gadd, son idole, un des meilleurs grimpeurs de glace au monde. Calixte LeBlanc a mené une équipe de huit personnes qui ont suivi Will Gadd en Chine. Son documentaire, Will Power, a fait partie de la sélection officielle du Banff Film Festival en automne 2020. Il sera également présenté au Vancouver Mountain Film Festival en février 2021.

Faire taire la petite voix

Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Calixte LeBlanc est fragile. Il sait qu’il reste à risque de faire une rechute, mais il se sent outillé mieux que jamais.

Il explique que la petite voix négative dans sa tête, qui est particulièrement présente chez les gens qui font des dépressions, est moins forte : La méditation m’aide à combattre cette voix-là.

Les mains de Calixte LeBlanc en train de méditer.

Calixte LeBlanc se fait un devoir de méditer tous les jours, au moins une heure par jour. C’est la chose la plus importante pour lui parce qu’il sait que s’il arrête, ça n’ira pas.

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

Aujourd'hui je m’aime. Je peux me regarder dans le miroir, je suis content de qui je vois. Puis j'ai une direction à la vie où je m’en vais, dit fièrement le documentariste.

Des parents fiers

Calixte LeBlanc parle souvent de ses parents pendant l’entrevue et quand on lui demande comment ils vont, il ne peut s’empêcher de fondre en larmes. Dans tout ça, c’est mes parents qui ont le plus souffert, admet celui qui a toujours pu compter sur eux, même s’il disparaissait parfois pendant plusieurs jours.

Moi, mon but, ç’a toujours été d’être content pi mon deuxième but, c’est que mes parents soient prouds de moi. That’s it. Ils ont tout le temps été là. Aujourd’hui, il sent la fierté de ses parents à qui il parle tous les jours.

J’appelle ma mère le matin puis mon père le soir, raconte-t-il. Pour lui, c’est le plus beau cadeau que la méditation a pu lui procurer : ses parents n’ont même pas à s’inquiéter, même en temps de pandémie.

Gros plan de Calixte LeBlanc dans un parc de Vancouver, en noir et blanc.

«La relation que j'ai avec mes parents aujourd'hui, c'est la meilleure relation que j'ai jamais eue avec eux. Je pense pas que j'aurais pu me rendre là, n’ayant pas découvert la méditation.»

Photo : Radio-Canada

Profiter du présent

Calixte LeBlanc a toujours des projets, comme celui d’un documentaire sur des sportifs qui font des exploits pour relever de gros défis de santé mentale. Il veut y raconter son histoire pour encourager les autres à demander de l’aide.

Parce que y’a rien de meilleur que quand tu entends ton histoire sortir de la bouche de quelqu'un d'autre, parce que là tu sais que t'es pas tout seul.

Il voudrait tant que les problèmes de santé mentale soient moins tabous.

Et il veut bien sûr poursuivre sa pratique de méditation et profiter du moment présent.

Je ne veux plus vivre dans le passé, je ne veux pas avoir peur du futur, je veux juste être correct avec le présent et être présent avec les gens qui sont autour de moi.

Un jour à la fois, une méditation à la fois.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

TP LAMIC/LANDRY CALIXTE LEBLANC

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