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Le GACR propose cinq mesures visant expressément le racisme contre les Autochtones

Des personnes rassemblées à une veillée aux chandelles devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

La mort de Joyce Echaquan a mis en lumière la nécessité d'actions spécifiques pour combattre le racisme envers les Autochtones.

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Radio-Canada

Dans son rapport présenté lundi, le Groupe d'action contre le racisme (GACR) formule cinq recommandations et une douzaine d'appels à l'action afin que Québec s'attaque au racisme qui vise les Premières Nations et les Inuit, dont « les réalités particulières » doivent « spécifiquement être prises en compte ».

La vulnérabilité des Autochtones face au racisme est vécue dans un contexte très spécifique. Pour le Groupe d’action, il était essentiel de prendre en compte cette situation particulière et d’y apporter des réponses adaptées, peut-on lire dans le rapport dévoilé lundi, et dont la seconde portion est consacrée aux Autochtones.

Le GACR a été créé le 15 juin, dans la foulée du mouvement international de contestation ayant suivi la mort de George Floyd lors d'une intervention policière à Minneapolis, aux États-Unis.

Par la suite, la mort de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette, le 28 septembre, sous les insultes de membres du personnel, a apporté une urgence additionnelle à la nécessité d'agir spécifiquement pour les populations autochtones, indique encore le rapport.

Le Groupe d’action propose ainsi cinq grandes recommandations pour combattre le racisme envers les Premières Nations au Québec :

  • Faire mieux connaître à tous les Québécois l’histoire, les cultures, l’héritage et la situation actuelle des Autochtones;
  • Assurer la sécurité culturelle des Autochtones au sein des services publics;
  • Mettre fin aux cas de discrimination policière;
  • Rendre l’accès à la justice plus facile et plus équitable;
  • Améliorer les conditions de logement des Autochtones.

Le Groupe de travail, duquel fait notamment partie le ministre responsable des Affaires autochtones Ian Lafrenière, recommande aussi la nomination d'un ou d'une ministre responsable de la lutte contre le racisme.

Des 25 appels à l'action contenus dans le rapport, 12 concernent spécifiquement les Autochtones.

Parmi les plus importants, on compte l'interdiction obligatoire des interpellations policières aléatoires, l'augmentation des ressources pour le logement hors communauté et l'actualisation des cursus scolaires des niveaux primaire et secondaire concernant l’histoire, les cultures, l’héritage et les réalités actuelles des populations autochtones. On suggère que la formation des enseignants soit aussi revue en ce sens.

Le rapport appelle également à sensibiliser les ordres professionnels à l’importance de former leurs membres aux réalités autochtones ainsi que la mise en place d'une formation obligatoire sur les réalités autochtones pour les employés de l’État.

Une approche à la pièce, dénonce l'APQNL

Réagissant au dépôt du rapport lundi, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), qui regroupe 43 chefs, a dénoncé une approche à la pièce, estimant que le gouvernement Legault ne prend pas le temps d'aller à la source des enjeux.

Le chef de l'APQNL, Ghislain Picard, déplore ainsi une série de mesures qui risquent d’être sans effet durable si l’on ne s’attaque pas à démystifier les causes profondes du racisme et de la discrimination.

La Table politique conjointe avec le gouvernement Legault devra donc aller beaucoup plus loin et ne pas craindre d’aller au fond des choses, a indiqué M. Picard, par communiqué.

La mise en place de cette table politique conjointe entre le gouvernement du Québec et les Premières Nations a été annoncée le 17 novembre par le gouvernement.

Pour le gouvernement Legault, cette initiative permettra notamment d’établir des ententes de nation à nation et de faire avancer des enjeux communs pour améliorer le quotidien des Premières Nations, peut-on lire dans le rapport du GACR.

Quant à Québec solidaire on souligne par voie de communiqué que si« on veut vraiment améliorer les conditions de vie des Autochtones, il faut se donner des cibles claires et suivre étroitement la progression de ces mesures dans le temps. »

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