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Le Centre de jour pour soins palliatifs : « Un cadeau de la vie »

Le Centre Bonenfant-Dionne fête ses 20 ans cette année.

Paul Bélanger en séance virtuelle de groupe au Centre Bonenfant-Dionne, anciennement le centre de jour de la Maison Michel-Sarrazin.

Le reportage de Nicole Germain

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Paul Bélanger, un patient en soins palliatifs, est passé par toute la gamme des émotions depuis son premier jour au centre de jour de la Maison Michel-Sarrazin, il y a maintenant quatre ans.

Ce fonctionnaire à la retraite, âgé de 75 ans, a effectué en 2017 un séjour de 3 semaines en tant que personne en fin de vie.

J'avais mis en vente ma voiture, mon condo. Après trois semaines, le médecin s'est aperçu que mon cancer s'était arrêté par miracle ou par science. Les derniers traitements de chimiothérapie auraient fait effet. Je suis sorti de Michel-Sarrazin. Je suis un privilégié, raconte Paul Bélanger.

Malheureusement, la vie de Paul Bélanger va de nouveau basculer.

Après une période de rémission de son premier cancer, on lui annonce un deuxième cancer et, depuis le printemps dernier, des métastases sont apparues au foie.

Je suis en soins palliatifs depuis. Le Centre de jour est un cadeau de la vie. Ça fait du bien à l'âme.

Une citation de :Paul Bélanger
Des intervenants qui animent les groupes de discussion par Zoom.

Des intervenants qui animent les groupes de discussion par Zoom.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Un centre qui s'adapte

Le Centre de jour de la Maison Michel-Sarrazin souligne ses 20 ans cette année. Il a été le premier à voir le jour au Canada.

Malgré la crise sanitaire, l'organisme a réussi à maintenir sa mission auprès des personnes atteintes d'un cancer récidivant ou avec métastases.

L'accompagnement virtuel permet aux patients vivant à la maison de trouver du réconfort pour contrer l'isolement, ce qui est d'autant plus grand en cette période particulière que nous vivons, explique Lynda Beaudoin, coordonnatrice du Centre Bonenfant-Dionne.

Tous les jours de la semaine, une dizaine de patients et quelques proches assistent aux rencontres sur la plateforme Zoom, animées par un travailleur social.

Ça ne remplace pas les rencontres d'avant la COVID. C'est vraiment une mesure temporaire, ajoute Lynda Beaudoin. Mais le côté positif, en vidéoconférence, c'est qu'on rejoint des personnes qui ne pourraient pas se déplacer. On envisage peut-être d'instaurer un modèle hybride lorsque les visites en présentiel seront de nouveau autorisées.

Séance de discussion sur la plateforme Zoom.

Séance de discussion sur la plateforme Zoom

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Les patients ont aussi accès à de l'accompagnement par l'art en mode virtuel.

Ce n'est pas d'apprendre à peindre. L'intervenante est là simplement pour les guider et laisser le processus créatif s'exprimer, illustre Lynda Beaudoin.

Pour ce qui est des nouveaux venus, le Centre de jour a eu l'autorisation de les accueillir en personne pour deux à trois visites. Par la suite, ils sont invités à venir rejoindre le groupe sur la plateforme.

La difficulté des rencontres en virtuel, une fois terminées, les gens se retrouvent seuls. Ils n'ont pas de moments pour décanter comme en présentiel, en dînant ensemble par exemple ou en profitant de service de massothérapie au Centre de jour, raconte Lynda Beaudoin. Mais c'est transitoire, en attendant le meilleur, ajoute-t-elle.

On entend des gens dire : "La COVID me vole du temps. Je ne peux pas voir mes petits-enfants".

Une citation de :Lynda Beaudoin, coordonnatrice du Centre Bonenfant-Dionne
Lynda Beaudoin est coordonnatrice du Centre Bonenfant-Dionne.

Lynda Beaudoin est coordonnatrice du Centre Bonenfant-Dionne.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Depuis le début de la pandémie, Paul Bélanger suit à la lettre les consignes sanitaires. Pendant le temps des Fêtes, les rencontres familiales à la maison ne sont pas envisageables pour lui.

C'est sûr qu'il y a un peu de tristesse. Mais la vie a été bonne pour moi, parce que ça fait quatre ans que j'ai passé proche de mourir. Alors, je vais chercher tout ce que je peux aller chercher. Avec le Centre de jour, on peut parler de nos émotions. On peut en rire. On peut en pleurer, raconte Paul Bélanger.

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