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Vingt-cinq mesures contre le racisme au Québec

Des manifestants à Montréal avec une pancarte « Québec raciste ».

Des citoyens prenaient part à la manifestation « Justice pour Joyce » à Montréal, le samedi 3 octobre 2020, pour réclamer la fin du racisme systémique au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Le Groupe d'action contre le racisme (GACR) a présenté, lundi, son rapport qui propose 25 mesures pour lutter contre le racisme au Québec. Parmi elles, celle d'interdire les interpellations aléatoires.

Ce que l'on présente aujourd'hui, ce sont enfin des actions cohérentes et concrètes. Jamais il n'y a eu une volonté aussi ferme d'agir et, surtout, de faire tout le suivi nécessaire pour que l'on puisse mesurer les effets de ces actions, a lancé Nadine Girault, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, avant de détailler les mesures du rapport.

On veut interdire toute interpellation fondée sur la race, la couleur, l'origine ethnique, la religion et la condition sociale, a indiqué en conférence de presse le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, qui copréside le GACR avec la ministre de l'Immigration, Nadine Girault.

Pour procéder à une interpellation, il faudra un motif clair et en informer le citoyen au moment de l'interpellation, a ajouté M. Carmant, qui précise que le Code de déontologie policière sera modifié pour rendre les interpellations aléatoires interdites.

Il est recommandé d'ajouter des intervenants en services sociaux dans les patrouilles policières mixtes pour faciliter les interventions plus délicates avec les personnes ayant des troubles de santé mentale.

En matière d'habitation, le système de plaintes pour discrimination dans l'accès au logement devrait être renforcé. Il nous faut mieux orienter les victimes et mieux éduquer les propriétaires, a précisé Lionel Carmant.

Lionel Carmant en gros plan.

Lionel Carmant est ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'autre mesure phare du rapport du GACR est celle de nommer un ministre responsable du dossier de la lutte contre le racisme. Il devra veiller à ce que les actions recommandées soient mises en place et qu'il y ait un suivi des dossiers.

Ça va être son travail de taper sur les doigts de ceux qui ne font pas leur travail et de s'assurer de reconnaître ceux qui le font bien, a illustré la ministre Girault, en conférence de presse pour présenter le rapport.

L'éducation, le nerf de la guerre

Le Groupe propose également l'instauration d'une campagne nationale de sensibilisation contre le racisme et l'instauration de modules de formation continue à l'attention des policiers et des fonctionnaires, indique le communiqué de presse publié dans la foulée de l'annonce.

À l'école, le rapport suggère que les thèmes du racisme et de la discrimination soient incorporés aux cours tout au long du parcours scolaire, notamment à travers le cours d'éthique et culture religieuse qui fait actuellement l'objet d'une révision.

Pour combattre le taux de chômage plus élevé chez certaines minorités, le GACR recommande de rendre l'évaluation des compétences par les ordres professionnels plus rapide et plus flexible pour les immigrants.

L'évaluation des compétences pourrait débuter avant même l'arrivée au Québec des nouveaux arrivants concernés, a indiqué Nadine Girault en conférence de presse.

D'ici cinq ans, au sein de la fonction publique, la représentation des minorités visibles devra être proportionnelle à leur part dans la population active du Québec, a résumé Mme Girault.

Nadine Girault tient une tablette dans ses mains en point de presse.

Nadine Girault est ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La majorité des membres des conseils d'administration des sociétés d'État devra en outre inclure un membre issu des minorités visibles, a-t-elle ajouté.

Certaines actions visent expressément à combattre le racisme et la discrimination des populations autochtones, souligne le communiqué de presse. Le GACR propose cinq mesures visant expressément le racisme contre les Autochtones.

Le GACR a été créé le 15 juin dernier dans la foulée du mouvement international de contestation ayant suivi la mort de George Floyd lors d'une intervention policière à Minneapolis, aux États-Unis.

Un rapport insuffisant, dit QS

Québec solidaire (QS), qui a réagi par voie de communiqué au rapport du GACR, estime que celui-ci est insuffisant et qu'il manque de moyens concrets.

Le rapport reste muet sur les moyens concrets et les mécanismes de reddition de compte qui seront mis en place pour lutter concrètement contre le racisme au Québec, a souligné le porte-parole solidaire en matière d’inclusion, Andrés Fontecilla.

Le parti reproche aux rédacteurs du rapport d’avoir ignoré le racisme systémique.

On ne peut pas non plus passer sous silence le fait que ce rapport rate une cible essentielle : la reconnaissance formelle du racisme systémique dans nos institutions, a déclaré M. Fontecilla.

Très décevant, dit la députée libérale Maccarone

De son côté, la députée libérale Jennifer Maccarone estime que les recommandations du rapport sont floues et insuffisantes concernant la lutte contre le racisme dans l’accès au logement.

Mme Maccarone considère que le rapport ne contient que des demi-mesures non budgétées et aucune mention sur le réel problème : le racisme systémique.

La députée libérale croit que le rapport aura très peu d’impact positif dans la vie des personnes victimes de racisme au Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne

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