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Biden déplore une « attaque sans précédent » contre la démocratie

Comme prévu, le président désigné des États-Unis a recueilli l'appui de 306 grands électeurs, contre 232 pour le président sortant. Après sa victoire, il ne s'est pas gêné pour dénoncer les démarches de son adversaire pour se maintenir en poste.

Les mains levées, le président désigné Joe Biden regarde la caméra devant un lutrin où est écrit « Bureau du président désigné ».

Le président Joe Biden a célébré la « résilience » de la démocratie américaine.

Photo : Reuters / MIKE SEGAR

Peu après sa victoire au Collège électoral, plus tôt dans la journée, Joe Biden a dénoncé lundi soir les efforts « extrêmes » visant à effacer le vote de millions d'Américains et salué « la force et la résilience » de la démocratie américaine.

Malgré les tentatives nombreuses et agressives du camp Trump pour renverser l'élection, le processus électoral a franchi une nouvelle étape avec le vote formel des grands électeurs, qui ont rapproché encore plus Joe Biden de la Maison-Blanche. Ce dernier a profité de l'occasion pour s'adresser aux Américains depuis sa ville de Wilmington, au Delaware.

S'il a repris l'appel à l'unité et à la solidarité qu'il martèle depuis l'annonce de sa victoire, il y a cinq semaines, il a cependant critiqué avec véhémence les efforts du camp Trump pour invalider la victoire que lui ont procurée les électeurs américains, célébrant du même souffle la résilience de la démocratie.

Une fois de plus en Amérique, l'État de droit, notre Constitution et la volonté du peuple l'ont emporté. Notre démocratie a été bousculée, mise à l'épreuve, menacée, [mais] s'est révélée résistante, vraie et forte, a-t-il déclaré au cours d'un discours d'une douzaine de minutes.

Nous savons maintenant que rien – pas même une pandémie ou un abus de pouvoir – ne peut éteindre [la] flamme de la démocratie américaine, a-t-il lancé.

Dans cette bataille pour l'âme de l'Amérique, la démocratie l'a emporté.

Une citation de :Joe Biden, président désigné des États-Unis

Le président désigné a déploré que les douzaines et les douzaines et les douzaines de revers judiciaires encaissés par la campagne du président Trump et ses alliés, les deux recomptages en Georgie, qui ont confirmé sa victoire, et le nouveau dépouillement partiel au Wisconsin, qui a même augmenté son avance, n'aient pas mis fin aux allégations sans fondement sur la légitimité des résultats.

Celui qui tend la main aux républicains depuis des semaines a écorché certains d'entre eux au passage, mentionnant l'appui de 126 représentants et de 17 procureurs généraux républicains à un recours du Texas visant à renverser les résultats dans quatre États clés, mais rejeté par le plus haut tribunal du pays.

Cette manœuvre juridique était une tentative de la part d'élus et d'un groupe d'États pour tenter d'amener la Cour suprême à effacer les votes de plus de 20 millions d'Américains d'autres États et de confier la présidence à un candidat qui a perdu le Collège électoral, le vote populaire et chacun des États dont ils tentaient d'annuler les résultats, a-t-il dit.

Ce refus de respecter la volonté du peuple, de respecter l'État de droit et d'honorer notre Constitution est si extrême que cela n'avait jamais été vu auparavant, a-t-il dénoncé.

En Amérique, les politiciens ne prennent pas le pouvoir. Le peuple les porte au pouvoir.

Une citation de :Joe Biden, président désigné des États-Unis

Depuis la victoire de Joe Biden, le camp Trump a non seulement multiplié les efforts devant les tribunaux, mais aussi exercé des pressions sur des élus de certains États clés dans le but d'ignorer les résultats légitimes.

Évoquant l'énorme pression politique, l'abus verbal et même des menaces de violence dont ont fait l'objet des électeurs électoraux, des élus, des responsables gouvernementaux et des grands électeurs, l'ancien vice-président a d'ailleurs dit espérer sincèrement que de tels gestes ne se reproduiraient plus jamais.

Nous avons une énorme dette envers ces serviteurs de l'État [...] Notre démocratie a survécu grâce à eux, a-t-il soutenu, saluant leur courage, leur honneur et leur décence.

Comme pour marteler sa légitimité, il a insisté sur le nombre record de plus de 81 millions de voix qu'il a remporté, un écart de 7,4 millions par rapport au président sortant. Selon les résultats certifiés des États, Joe Biden a ainsi recueilli 51,3 % des suffrages contre 46,8 % pour son adversaire républicain.

Il a aussi souligné qu'il avait recueilli 306 grands électeurs, le même nombre que Donald Trump en 2016 (qui avait cependant perdu l'appui de deux grands électeurs rebelles lors du vote du Collège électoral).

Le candidat républicain avait alors qualifié sa victoire de balayage, a rappelé Joe Biden. Selon ses propres critères, ces chiffres représentaient alors une victoire claire, et je dis donc maintenant respectueusement que c'est la même chose maintenant.

Promettant de nouveau d'être le président de tous les Américains, Joe Biden a aussi appelé ses concitoyens à tourner la page [...] pour s'unir, pour guérir, rappelant les défis énormes, comme la pandémie et la reprise économique, auxquels est confronté le pays.

Une victoire convaincante auprès du Collège électoral

Réunis au Capitole de la Georgie, les grands électeurs de l'État, debout, applaudissent après l'annonce des résultats.

En Georgie, les résultats ont été annoncés officiellement par Stacey Abrams, qui faisait elle-même partie des grands électeurs.

Photo : Reuters / ELIJAH NOUVELAGE

Vers 17 h 30 HNE, c'est la Californie, le gros lot électoral avec ses 55 grands électeurs, qui a permis à Joe Biden de franchir officiellement le seuil des 270 grands électeurs nécessaires à sa victoire. Dans les minutes qui ont suivi, Donald Trump annonçait le départ imminent du procureur général, Bill Barr.

Les grands électeurs ont voté aujourd’hui dans leur État respectif, à des heures qui variaient selon les États, le vote s'amorçant à 10 h HNE.

Symbole de l'impact du refus du président Trump de concéder la victoire, les sites de quotidiens comme le New York Times et le Washington Post ont suivi en temps réel le compte des grands électeurs et le réseau CNN a consacré une émission spéciale à un événement habituellement procédural.

Sans surprise, le candidat démocrate à la présidence a recueilli 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump, aucun grand électeur n'ayant joué les rebelles en ne respectant pas le suffrage exprimé dans son État.

Les États clés au centre de la contestation menée par le président sortant et ses alliés, soit la Pennsylvanie, le Wisconsin, le Michigan, la Georgie, le Nevada et l'Arizona, tous remportés par Joe Biden, ont pu voter en fonction du suffrage populaire.

Dans plusieurs États, des grands électeurs avaient reçu des menaces de la part de partisans de Donald Trump.

Au Michigan, les 16 grands électeurs prodémocrates ont d'ailleurs reçu une escorte policière quand ils sont entrés au Capitole pour enregistrer leur vote en raison des menaces que certains ont reçues.

Repoussés par des policiers, des républicains se présentant comme les grands électeurs de leur parti ont tenté sans succès de pénétrer dans l'édifice gouvernemental pour voter.

Les résultats du vote de lundi seront envoyés au Congrès, où le nombre de votes des grands électeurs de chaque État sera officiellement comptabilisé le 6 janvier. En tant que président du Sénat, c'est le vice-président Mike Pence qui annoncera formellement l'identité du président, Joe Biden, et de la vice-présidente, Kamala Harris.

Dans certains États, les républicains ont fait aujourd'hui voter ce qu'ils présentent comme une liste concurrente de grands électeurs, dans le but d'envoyer ces résultats à Washington.

Les alliés du président Trump, qui ont agité le spectre de fraudes électorales massives, n'ont jamais présenté de preuves crédibles, criant à une vaste conspiration à laquelle le Venezuela, Cuba et même le Canada auraient été mêlés.

Si des élus du Congrès soulèvent des objections devant le vote des grands électeurs, une intention qu'ont signalée des républicains, leur contestation fera l'objet de débats, qui, toutefois, n'aboutiront pas.

La Chambre des représentants est à majorité démocrate, et des sénateurs républicains ont déjà signifié qu'ils s'y opposeraient, en nombre suffisant pour que la stratégie échoue.

L'investiture de Joe Biden se fera le 20 janvier.

Un républicain quitte le navire

Citant le refus de sa formation de reconnaître la victoire de Joe Biden, le représentant républicain du Michigan Paul Mitchell a annoncé qu'il siégerait désormais comme indépendant.

Si les dirigeants républicains se croisent collectivement les bras et tolèrent des théories conspirationnistes sans fondement et des rassemblements pour "mettre un terme au vol [électoral]" sans défendre notre processus électoral qui, selon le département de la Sécurité intérieure, est "le plus sûr de l'histoire américaine", cela portera atteinte à notre nation, a-t-il écrit au Comité national républicain (RNC) dans une lettre au ton virulent obtenue par CNN.

Il est inacceptable que des candidats politiques traitent notre système électoral comme si nous étions une nation du tiers monde et nourrissent la méfiance à l'égard d'une chose aussi fondamentale que le caractère sacré de notre vote.

Une citation de :Paul Mitchell, représentant du 10e district du Michigan

Il est inacceptable que le président attaque la Cour suprême des États-Unis parce que ses juges, tant libéraux que conservateurs, n'ont pas tranché en faveur de son camp ou [écrive] que "la Cour l'a laissé tomber", ajoute l'élu, qui précise avoir voté pour Donald Trump en raison de ses politiques conservatrices, malgré certaines réserves.

Paul Mitchell est le deuxième républicain du Michigan à quitter son parti en 17 mois. En juillet 2019, Justin Amash avait claqué la porte de sa formation dans la foulée du rapport Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016, appelant à la destitution du président.

Parmi les 126 anciens collègues de M. Mitchell ayant apposé leur signature à une motion appuyant la requête du Texas visant à invalider les résultats dans quatre États clés figurait notamment le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy. La présidente du RNC, Rona McDaniel, a elle aussi soutenu les démarches judiciaires du camp Trump.

Les théories conspirationnistes véhiculées par le président Trump et ses alliés ont pourtant été réfutées sur d'autres terrains que celui de la justice.

Il y a deux semaines, le procureur général Bill Barr, qui a été l'un des alliés les plus loyaux du président américain, a ainsi indiqué au cours d'une entrevue à l'Associated Press que son département n'avait pas découvert de preuve de fraude électorale généralisée susceptible de modifier les résultats de la dernière élection présidentielle.

Quelques semaines plus tôt, les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales ont publié un communiqué commun garantissant l'intégrité et la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire.

Le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), Chris Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale et l'un des signataires, a d'ailleurs été congédié pour cette raison.

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