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Les commerces pourraient être fermés au Québec à compter du 25 décembre, dit Legault

Il reste à voir si ces nouvelles restrictions dureront une ou deux semaines.

François Legault, assis sur une chaise près d'un mur vitré.

François Legault accordait une entrevue au journaliste Patrice Roy pour faire notamment le point sur la lutte contre la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aux prises avec une augmentation soutenue des cas de COVID-19 et des hospitalisations au Québec, le premier ministre François Legault confirme qu'il devra annoncer mardi de nouvelles restrictions impliquant la fermeture des commerces non essentiels, ce qui pourrait survenir à compter du jour de Noël.

Lors d'une entrevue accordée à l'animateur Patrice Roy, le premier ministre a expliqué qu'il n'avait pas d'autre choix que de restreindre davantage les contacts sociaux en imposant ces nouvelles restrictions. On va annoncer tout ça demain après-midi, a confirmé François Legault.

Effectivement, il va falloir resserrer la situation dans les commerces. Il va falloir les fermer pour une certaine partie... parce qu’il y a trop de contacts, il faut réduire les contacts.

François Legault, premier ministre du Québec

En entrevue à l'émission Le 15-18, le premier ministre a précisé que cette fermeture pourrait être décrétée à partir du 25 décembre.

Les gens veulent avoir le temps de finir leur magasinage d’ici le 25 décembre pour acheter les cadeaux à leurs enfants, être prêts au moins dans leur bulle familiale, a expliqué M. Legault sur les ondes d'ICI Première.

Il reste à déterminer si cette fermeture sera d'une durée d'une ou deux semaines. On discute avec la santé publique pour savoir [...] c’est combien de temps qu’on a besoin pour vraiment casser la vague, a dit le premier ministre.

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La stratégie du gouvernement est de profiter du congé des Fêtes pour tenter de ralentir le plus possible la contagion dans la province, sans causer trop de tort à l'économie, a ajouté François Legault en entrevue avec Patrice Roy.

Il y a déjà beaucoup d'endroits de fermés, la construction est fermée pour deux semaines, les entreprises au moins pour une semaine, les écoles pour deux semaines. Il reste les commerces, il faut donner un grand coup dans le temps des Fêtes.

François Legault, premier ministre du Québec

Citant le cas de l'Allemagne qui fermera aussi la plupart de ses commerces jusqu'au 10 janvier pour tenter de contenir la propagation du coronavirus, François Legault explique que c'est principalement en raison du nombre trop élevé d'hospitalisations qu'il doit resserrer encore les mesures sanitaires.

Québec ne peut tout simplement pas se permettre un débordement de cas de COVID-19 dans les hôpitaux lors de la période la plus achalandée de l'année dans le réseau.

On était dimanche à 880 hospitalisations. Ça, c'est 880 lits occupés par des patients COVID. Des lits qui ne peuvent pas être occupés par des patients qui ont d'autres problèmes, des traitements à avoir. Ce qui est le plus critique, c'est le nombre d'hospitalisations, déplore le premier ministre.

Portrait de François Legault.

François Legault, premier ministre du Québec

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Feu vert pour la vaccination

Confirmant qu'il allait se faire vacciner dès qu'il obtiendra le signal de la santé publique, François Legault s'est dit tout de même étonné par le fait que 60 % du personnel du CHSLD de Côte-Saint-Luc ne compte pas se faire vacciner pour le moment.

Je ne m'attends pas à ce qu'il y ait beaucoup de gens qui refusent le vaccin. Actuellement, tous les pays ont accepté le vaccin. Donc, ça a été vérifié et contre-vérifié par à peu près tous les pays, a-t-il ajouté sur un ton positif.

Le début, aujourd'hui, de l'administration des premiers vaccins de Pfizer-BioNTech dans des CHSLD du Québec est très encourageant, selon le premier ministre, qui explique que dès que le personnel de la santé et les résidents des CHSLD et des RPA auront été vaccinés, la situation devrait s'améliorer rapidement.

Actuellement, il y a 70 % des décès qui sont dans les CHSLD et les RPA. On a besoin de quelques centaines de milliers de vaccins pour vacciner tous les résidents et le personnel des CHSLD et des RPA. Techniquement, une fois que c'est fait, on vient d'éliminer 70 % des décès, ça va changer le portrait complètement, anticipe le premier ministre.

François Legault en contre-jour.

Le premier ministre Legault au Palais des congrès de Montréal effectuait une tournée d'entrevues pour les médias.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est un vaccin comme pour la grippe, rien de dramatique. Mais ça empêche d'avoir la COVID, qui a tué plus de 7000 personnes!

François Legault, premier ministre du Québec

Une première vague douloureuse

En ce qui a trait au refus de son gouvernement d'ouvrir une enquête publique sur les 4000 personnes qui sont mortes dans des conditions très difficiles dans les CHSLD lors de la première vague de COVID-19 au printemps dernier, François Legault défend sa décision en rappelant que trois enquêtes sur le sujet sont déjà en cours.

Il y a entre autres l'enquête de la commissaire à la santé, Johanne Castonguay, une autre enquête de la protectrice du citoyen, qui a déposé la semaine dernière un rapport préliminaire, en plus d'enquêtes criminelles qui ont été ouvertes dans certains CHSLD, a-t-il énuméré.

Mme Castonguay a le mandat très large de regarder et de poser des questions partout, et la protectrice du citoyen aussi.

François Legault, premier ministre du Québec

Moi, ce que je voulais surtout, c'est d'avoir des réponses rapides. Parce que, pour moi, ce qui est important, c'est que s'il y a des choses à corriger, il faut les corriger [rapidement].

Un cadavre est évacué du CHSLD Sainte-Dorothée, à Laval.

Plus de 4000 personnes ont été emportées par la COVID-19 dans les CHSLD du Québec au printemps dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Blâmant l'ancien gouvernement libéral pour avoir aboli les directeurs généraux dans les CHSLD, François Legault a démenti l'existence de pénuries de matériel de protection médicale lors de la première vague.

Selon lui, s'il y a eu manque de matériel dans certains établissements, c'est essentiellement dû à l'absence de supervision et de coordination dans les CHSLD, où il n'y avait plus de reddition de comptes.

Quand un CHSLD nous demandait de l'équipement, c'était livré la journée même. On n’a jamais manqué d'équipement, soutient François Legault, en dépit du fait que 48 % du personnel hospitalier a rapporté avoir manqué d'équipements de protection à un moment ou l'autre lors de la première vague, selon la protectrice du citoyen.

Les étudiants ont-ils été oubliés?

Pendant que la situation se fait critique dans les hôpitaux, l'inquiétude est aussi palpable dans le réseau de l'éducation, notamment dans les cégeps et les universités où des milliers de jeunes n'ont pas mis les pieds dans un établissement d'enseignement depuis des mois maintenant.

Forcés d'étudier à temps plein à la maison devant des ordinateurs et privés d'activités sportives et sociales, de nombreux étudiants font face à l'échec, à des problèmes de santé mentale et ultimement au décrochage. Les jeunes ont besoin de voir d'autres jeunes, reconnaît François Legault.

Pour tenter de leur offrir un peu de présence en classe, il affirme travailler avec la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, afin d'implanter un système où les étudiants pourraient aller en classe occasionnellement en groupes restreints.

C'est une situation dont je discute depuis des mois et des semaines avec la santé publique et sur laquelle je reviens à la charge, assure-t-il.

La fermeture des restaurants

Des chaises disposées à l'envers sur une table dans un café.

Toutes les salles à manger, les gyms, les bars, salles de cinéma et de spectacle et plusieurs autres ont été fermés de nouveau sur ordre de Québec en octobre dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Questionné sur la proximité du Dr Horacio Arruda avec son gouvernement et sur la mise en place de restrictions qui allaient au-delà des recommandations de la santé publique, notamment la fermeture des restaurants cet automne, François Legault rappelle que c'est au gouvernement qu'appartient le dernier mot.

Le principe de base c'est : la santé publique fait des recommandations et nous, au gouvernement, on décide. C'est moi qui es élu, donc c'est moi qui décide.

François Legault, premier ministre du Québec

Quand la santé publique a dit : "On pense que ce n'est pas nécessaire de fermer les restaurants", moi j'ai dit : "Je pense qu'il faut les fermer". Je regardais ce qui se fait ailleurs et aujourd'hui, presque partout dans le monde, les restaurants sont fermés. J'ai toujours été aussi prudent ou même plus prudent que la santé publique. Mais en bout de ligne, c'est moi qui es au batte, rappelle le premier ministre.

Parlons d'argent...

Dans la mesure où la pandémie a engendré des dépenses gouvernementales astronomiques autant à Ottawa qu'à Québec, les Québécois sont en droit de se demander comment le gouvernement Legault compte faire pour redresser les finances publiques du Québec qui fait face à un déficit de 15 milliards de dollars cette année.

Déçu qu'Ottawa ait refusé d'augmenter de façon récurrente les transferts provinciaux en santé, le premier ministre Legault assure cependant que les finances publiques seront équilibrées, mais peut-être sur une période plus longue que prévu.

Pour y parvenir, M. Legault exclut tout retour à l'austérité. Il n'y aura pas d'augmentation des impôts et des taxes et il n'y aura pas de coupures dans les dépenses de santé, d'éducation, dans les dépenses du gouvernement du Québec, assure-t-il.

Pour ce qui est des positions du gouvernement fédéral sur les transferts en santé, François Legault estime que le point de vue de Justin Trudeau peut encore évoluer, dans la mesure où le parti qui promettra des hausses des transferts en santé aux prochaines élections jouira, selon lui, d'un avantage certain sur ses adversaires.

Pour les Québécois, c'est important la santé. Donc, si un parti fédéral dit : "Moi je vais mettre plus d'argent en santé", je pense que ça va l'aider, croit le premier ministre.

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