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Les étudiants contacteront les élus pour qu'ils se positionnent contre GNL Québec

Portrait de Benoit Charette

Les associations étudiantes sont déçues de ne pas avoir pu rencontrer le ministre de l'Environnement Benoit Charette.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Mécontents de leur rencontre récente avec le cabinet du ministre de l'Environnement, les étudiants lancent une nouvelle offensive contre le projet de terminal méthanier GNL Québec.

Des associations représentant plus de 255 000 étudiants veulent empêcher que ce danger pour la crise climatique et pour l'environnement se réalise.

Selon ce qu'a appris La Presse canadienne, elles contacteront les députés de l'Assemblée nationale pour les rencontrer et les forcer à se positionner contre ce mégaprojet de gazoduc et d'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

C'est assez, a déclaré le porte-parole de la Coalition étudiante Arrêtons GNL, Simon Guiroy, dans une entrevue téléphonique diffusée dimanche.

Il faut que les députés représentent leurs commettants et s'opposent à ce projet.

Simon Guiroy, porte-parole de la Coalition étudiante Arrêtons GNL

Cette pression politique supplémentaire à grande échelle est nécessaire, a-t-il poursuivi.

Dans la première phase, les étudiants avaient pris part en grand nombre aux consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), l'automne dernier.

Les représentants de la coalition sont déçus de n'avoir pu rencontrer le ministre de l'Environnement Benoit Charette, la semaine dernière, mais ils ont pu s'entretenir avec la directrice adjointe de son cabinet.

Ils sont ouverts à la discussion, mais pour se positionner, ils sont fermés, a relaté M. Guiroy. On juge que c'est inacceptable.

Le gouvernement caquiste maintient qu'il attend le rapport du BAPE pour trancher, mais dans les faits, il y a une incohérence, a dénoncé M. Guiroy.

D'une part, 91 % des mémoires déposés au BAPE sont contre le projet, a-t-il argué. L'expression (de l'opinion) citoyenne est claire, les gens sont contre, a-t-il dit, en évoquant aussi le tout récent sondage Léger selon lequel 46 % des répondants sont contre le projet et 34 % pour.

Legault en faveur du projet

D'autre part, le premier ministre François Legault a répété à plusieurs reprises qu'il était en faveur du projet, regrette la coalition.

M. Legault reprend notamment un des arguments du promoteur, selon lequel l'exportation de ce gaz naturel issu des sables bitumineux de l'Alberta allait servir à remplacer des énergies plus polluantes comme le charbon dans d'autres pays.

L'argument a été réfuté par des scientifiques qui concluent entre autres que le gaz naturel fera ainsi concurrence aux énergies renouvelables et retardera ainsi la transition vers une économie dépolluée, neutre en carbone.

En Chambre la semaine dernière, le premier ministre a reconnu que GNL Québec était un grand défi, en rappelant que le financement requis pour lancer le projet est de 10 milliards de dollars. Dans les faits, de hauts dirigeants ont quitté le navire et le montage financier est loin d'être assuré.

Le gouvernement a par ailleurs toujours indiqué que l'acceptabilité sociale était une condition nécessaire à la réalisation de ce projet.

Les partisans du projet affirment quant à eux que 85 % de la population de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean est favorable ou potentiellement favorable au projet, en citant un sondage Segma réalisé en septembre et financé par le promoteur du projet, Énergie Saguenay.

Je suis convaincu qu'on a le vent dans les voiles, a conclu Simon Guiroy, qui estime que la mobilisation finira par torpiller le projet. Par contre, on ne doit pas cesser la lutte.

La coalition étudiante invite aussi la population à contacter les députés et à faire aussi pression sur eux.

Des millions de tonnes de CO2 chaque année

Le projet GNL Québec consiste en la construction d'un gazoduc de 750 km transportant du gaz naturel de l'Ouest, à partir de l'Ontario, jusqu'à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) à l'étranger par bateau.

Carte illustrant un tracé partant de Rouyn-Noranda à Saguenay, où GNL Québec veut construire une usine de liquéfaction de gaz naturel et un terminal maritime.

Le corridor à l'étude pour le projet d'implantation d'un gazoduc par GNL Québec s'étend sur 750 kilomètres.

Photo : Radio-Canada

Sur le cycle complet du projet, de l'extraction du gaz à sa liquéfaction au Saguenay, le projet émettrait près de 7,8 millions de tonnes de CO2 par an, donc il annulerait en un an tous les efforts de réduction des gaz à effet de serre (GES) du Québec depuis 1990.

Également, on s'inquiète de la hausse considérable du trafic maritime dans le fjord du Saguenay, qui nuirait à la population de mammifères marins déjà à risque.

Le BAPE a conclu ses audiences cet automne au Saguenay et son rapport est attendu au début de la prochaine année.

La Coalition étudiante Arrêtons GNL est constituée de plusieurs associations : l'Union étudiante du Québec, la Fédération étudiante collégiale du Québec, le Mouvement des associations générales étudiantes de l'UQAC, la Confédération des associations étudiantes de l'Université Laval, la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke, l'Association étudiante de l'ETS, l'Association générale étudiante de l'UQTR, l'Association générale étudiante du campus de Rimouski de l'UQAR, l'Association facultaire étudiante de langues et communication de l'UQAM, l'Association générale des étudiants du Collège Laflèche, et l'Association des étudiants du Cégep de Jonquière.

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