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L’augmentation de la taxe sur le carbone suscite des réactions divergentes

Un homme passe en vélo devant deux grandes cheminées d'où sort une fumée polluée.

Les centrales au charbon sont une source importante de gaz à effet de serre sur la planète.

Photo : Reuters / David Gray

Patricia Miotto

Le gouvernement Trudeau prévoit augmenter la taxe fédérale sur le carbone à 15 $ par an jusqu'à atteindre 170 $ la tonne en 2030. Une nouvelle qui provoque des réactions mitigées auprès d'experts, d'agriculteurs et de consommateurs.

Selon le professeur d'histoire à l’Université de Regina, Stephen Kenny, la position de la Saskatchewan, tout comme l'Ontario et l'Alberta, contre la taxe carbone fédérale, ne date pas d'hier. Depuis que Justin Trudeau est au pouvoir, la province s'oppose farouchement à cette taxe, qu'elle perçoit comme une trahison anticonstitutionnelle.

Pourquoi les Saskatchewanais sont-ils si réticents envers cette taxe? Pour certains, il s’agit d’une trahison, souligne le professeur Stephen Kenny.

Ils n'ont jamais eu confiance envers le gouvernement Trudeau. Même avant que Scott Moe soit au pouvoir. Depuis l'annonce de cette politique en octobre 2016, et alors que Scott Moe était ministre de l'Environnement en Saskatchewan, Scott Moe a quitté la scène lorsque Trudeau avait annoncé ses intentions. La province a toujours perçu cette annonce comme une trahison.

Récemment, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a accusé Justin Trudeau d’avoir menti à propos de la taxe sur le carbone.

Pour le moment, il n'y a pas la moindre particule d'entente entre les partis. Ni même de confiance mutuelle souligne le professeur. Si le gouvernement conservateur était au pouvoir au fédéral, il n'avait pas l'intention de taxer le carbone.

Stephen Kenny déclare que par habitant, la Saskatchewan est une des provinces au monde qui consomment le plus d'énergie carbone et de gaz à effet de serre (GES). La situation est grave.

L'exemple européen

Le vice-doyen de la faculté de génie de l'Université de Regina, Dr.Amr Henni, étudie la cause environnementale depuis 25 ans. 

Selon lui, peu importe le gouvernement au pouvoir, libéral ou conservateur, le débat concernant la taxe carbone a assez duré. Il prend pour exemple les pays d'Europe.

Il faut regarder du côté de l'Europe. La Suède est déjà au niveau que le Canada souhaite atteindre en 2030, souligne Dr.Henni. 

Les agriculteurs ou les fermiers n'auraient donc pas à craindre cette taxe puisque de toute façon des fonds leur seront redistribués. Ils ont plutôt tout à craindre des changements climatiques, déclare-t-il.

L’ingénieur explique que d’un point de vue environnemental, cette taxe est très importante, même si toutes les tentatives pour y parvenir qu'il a lui-même observées depuis 25 ans, n'ont jamais abouti. 

Cette question de la taxe est toujours remise à plus tard, peu importe le gouvernement au pouvoir, soutient-il. 

Pour lui, l’importance d'établir cette taxe est le meilleur moyen d'obliger les compagnies et les citoyens à faire un effort et de participer activement.

Nous devons tous faire un effort, c'est nécessaire. On ne peut agir sans fermer les yeux sur ce qui se passe aux États-Unis. Le nouveau président veut se rendre lui aussi à l'objectif zéro émission de gaz à effet de serre (GES), donc le Canada va le suivre. On n'a pas d'excuses, notre économie ne souffrira pas

L’effet des GES est évident partout au pays. Même chose au niveau des pluies et des incendies. Tout ceci est anormal et ce sont des problèmes que les agriculteurs ont eux-mêmes. Il est temps de s'occuper un peu plus de l'environnement.

Une augmentation qui fait mal aux fermiers

Paul Hounjet est un fermier fransaskois. Il s'occupe de la ferme familiale avec son fils qui assure la relève. L'augmentation de la taxe carbone est reçue comme une claque au visage. Il comprend que le carbone est bon pour l'environnement, certes, mais il s'attend à voir beaucoup de réactions dans les prochains jours. 

Le gaz carbonique est un gaz dont les plantes ont besoin pour grandir soutient-il. Il se rappelle des feux de forêt qu'il y a eu il y a quelques années en Alberta et en Colombie-Britannique, et déclare que les récoltes avaient été bonnes.

Pour cet agriculteur de Prud'homme, cette augmentation fait mal, Trudeau a besoin d'argent, donc il taxe les fermiers et les ressources premières.

L’argent provient des matières premières, des ressources naturelles. C'est ainsi qu'on crée la richesse.  À partir de la nature, de la terre. C'est là qu'il faut trouver des solutions.

Avec les informations de Geneviève Patterson

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