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Les cabanes à sucre, un patrimoine mis en péril par la pandémie?

Un seau accroché à un érable et, en arrière-plan, la cheminée d'une cabane à sucre qui fume.

En 2020, c’est à la maison qu’il aura fallu manger la tire sur la neige. Les cabanes sont restées vides, sans doute une des première fois dans l’histoire de l’acériculture.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La tradition printanière des cabanes à sucre est mise à mal par la pandémie de COVID-19. Une étude de l’Association des salles de réception et érablières du Québec conclut que le quart des 200 propriétaires de cabanes à sucre dotées d'une salle à manger ont été forcés de fermer leurs portes au cours des derniers mois.

Mélanie Charbonneau fait partie de ces propriétaires d’érablière qui marchent sur la corde raide en pleine deuxième vague de COVID-19.

Ça me déstabilise énormément, parce que je me dis que c'est peut-être moi la prochaine. C'est peut-être moi qui vais être obligée de fermer mes portes, s’inquiète-t-elle.

En plus des 44 cabanes à sucre qui ont cessé leurs activités, l'étude montre qu'une cinquantaine n'ont eu d'autre choix que de se concentrer sur l'acériculture et d'abandonner leur salle à manger. Également, 16 établissements sont à vendre et devraient cesser de servir des repas.

Difficile de se réinventer

Au printemps 2020, les cabanes à sucre ont dû cesser leurs activités en plein cœur de la période la plus lucrative de l’année. Certains acériculteurs ont quand même pu se réinventer, mais aucun d'entre eux n'a réussi à combler les pertes historiques subies la saison dernière.

On a perdu environ 92 % de nos revenus de repas. Le sirop d'érable, on en a fait quand même, mais c'est une beaucoup plus petite portion du revenu.

Une citation de :Jean-François Laplante, propriétaire d’Érabilis
Le propriétaire d'Érabilis est devant son entreprise.

M. Laplante de l'érablière Érabilis.

Photo : Radio-Canada

La solution de Jean-François Laplante pour survivre a été de se trouver un autre emploi. Il arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts en cette période difficile.

Pour les producteurs rencontrés, il n'y a que deux solutions possibles : une aide directe du gouvernement ou la permission d'ouvrir pour la saison des sucres 2021.

Un patrimoine en danger?

Sans cette aide financière précieuse, la fondatrice de l'Association des salles de réception et érablières redoute que les nombreuses fermetures viennent mettre en péril cet aspect du patrimoine québécois.

J'en avais les larmes aux yeux de savoir que ce patrimoine-là allait possiblement s'éteindre au profit de la COVID.

Une citation de :Stéphanie Laurin, fondatrice de l’Association des salles de réception et érablières du Québec

Si personne ne fait rien, malgré le fait qu'on réclame de l'aide auprès du gouvernement depuis juillet dernier, le constat sera qu'après le prochain printemps on risque d'être moins de 50 établissements encore vivants, s’inquiète Stéphanie Laurin.

Plusieurs s’inquiètent que l’aide gouvernementale n'arrive trop tard, quand trop d’entreprises auront mis la clé sous la porte.

Même pour les quelques producteurs qui survivent toujours, il est bouleversant de voir autant de collègues contraints de fermer leurs portes, amenant avec eux une part du patrimoine national.

D’après le reportage de Pierrick Pichette

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