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Un homme et une femme portant des masques marchent dans la rue.

Les masques seront tout de même nécessaires pendant une bonne partie de l'année 2021, selon des experts.

Photo : iStock

Jean-Loup Doudard

La campagne d’immunisation canadienne contre la COVID-19 débute cette semaine. Mais à quoi ressemblera la vie après la vaccination? Trois experts répondent à nos questions.

1. Le port du masque sera-t-il nécessaire pour les gens vaccinés ?

Il faudra encore porter le masque pendant de nombreux mois, insistent les virologues.

Au moment où environ 60 à 70 % de la population est vaccinée, ce sera seulement à ce moment-là qu'on pourra dire qu'on enlève les masques.

Une citation de :Dr Jimmy Dikeakos, virologue et professeur associé au département de microbiologie et d’immunologie de l’Université Western

C’est à ce seuil de vaccination que les Canadiens auront atteint une immunité de groupe et les restrictions sanitaires pourront être graduellement relâchées, selon lui.

Or, la vaccination d’autant de personnes s’étendra facilement jusqu’à l’été prochain, voire plus longtemps. Le gouvernement canadien estime que tous ceux qui le veulent pourront être vaccinés d'ici la fin de l'année prochaine.

Une passante qui porte des lunettes fumées ajuste son masque dans une rue de Kiev le 22 octobre 2020.

La campagne de vaccination débutera mardi en Ontario.

Photo : Reuters / Valentyn Ogirenko

Le clinicien-chercheur à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, le Dr Hugues Loemba, estime que plus de 70 % des Canadiens pourraient être vaccinés d’ici l’automne 2021.

Mais même si on arrive à ce point-là, on ne sait pas encore la réponse immunitaire pour certaines catégories : les immunosupprimés, les femmes enceintes, les personnes qui ont de fortes allergies, dit-il.

Les enfants et les adolescents de moins de 16 ans n’ont pas été inclus dans les phases cliniques du vaccin de Pfizer-BioNTech, fait-il remarquer. C'est donc toute une tranche de la population qui ne pourra recevoir ce vaccin pour le moment.

On pourra revenir à un semblant de vie normale peut-être vers la fin de l’année 2021, en automne probablement. Mais est-ce qu’on va enlever le masque complètement? Pas sûr.

Une citation de :Dr Hugues Loemba, clinicien-chercheur, médecin de famille et virologue; professeur agrégé, faculté de médecine de l’Université d’Ottawa

2. Les vaccinés peuvent-ils être en contact direct avec une personne infectée?

En d'autres termes, une personne vaccinée peut-elle tout de même propager le virus? La réponse à cette question est toujours inconnue, explique le professeur agrégé d'immunologie à l’École de médecine du Nord de l'Ontario, Alain Simard.

Les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna sont efficaces à prévenir les symptômes, mais on ne sait pas s’ils préviennent les infections.

Une citation de :Dr Alain Simard, professeur agrégé d'immunologie à l’École de médecine du Nord de l'Ontario

Il est possible, mais non prouvé, que le vaccin fasse en sorte que les gens soient infectés mais ne souffrent d'aucun symptôme, dit-il.

Il vaut mieux user de prudence jusqu’à ce que plus de données soient disponibles, insiste le Dr Simard.

Deux employés de Pfizer tiennent des boîtes contenant le vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19.

Les boîtes contenant le vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 sont préparées pour être expédiées.

Photo : Getty Images / MORRY GASH

Le vaccin – toujours en développement – d'AstraZeneca semble toutefois prévenir les infections, mais n’a pas encore été approuvé pour utilisation au Canada, ajoute-t-il.

3. Devrons-nous être vaccinés chaque année, comme pour la grippe?

Il est encore trop tôt pour le savoir, indique le Dr Dikeakos.

Les phases cliniques sont trop récentes pour permettre d'avoir une idée de la longévité du vaccin.

Les gens [qui ont participé aux études cliniques] ont été vaccinés pour la plupart cet automne, donc on est en train de voir leurs réactions quelques mois après.

Une citation de :Dr Jimmy Dikeakos, virologue et professeur associé au département de microbiologie et d’immunologie de l’Université Western

Dans la plupart des cas, les résultats qui ont été rapportés sont [sur une période] de 28 à 45 jours, donc on sait qu’après 45 jours par exemple, ils sont protégés. Il va rester à savoir comment cette protection va survivre ou résister dans les prochaines semaines et encore plus important, dans les prochains mois, rajoute-t-il.

Il n’est cependant pas anormal pour les virus respiratoires, tels que celui qui provoque la COVID-19, de réapparaître pendant les saisons froides, indique le Dr Loemba.

Il faudrait donc s’attendre à ce qu’il y ait probablement besoin de revaccination. Est-ce que c’est chaque année, est-ce que c’est tous les deux ans? Ça, on ne sait pas.

4. À quand les événements de foule sans risque?

Encore une fois, les experts estiment que cela pourra prendre facilement encore plus de six mois, en fonction du taux de vaccination.

Il est envisageable, selon le Dr Loemba, que les salles de spectacle, par exemple, exigent un certificat de vaccination à ceux qui désirent assister à un concert.

Le vaccin, ça permet d’éviter les événements de supertransmission, comme les spectacles où une personne qui n’a pas voulu prendre le vaccin viendrait infecter tous les gens qui sont là, explique-t-il.

Un groupe de spectateurs sont assis dans un amphithéâtre, portant des masques. Ils sont disposés de façon à être séparés les uns des autres par un siège.

Lors d'un concert expérimental tenu à Leipzig, en Allemagne, les chercheurs ont notamment permis à des spectateurs d'y assister tout en respectant une distanciation physique.

Photo : University Medicine Halle

Mais d’autres aspects de la vie courante pourraient revenir à la normale avant cela.

Les compagnies aériennes pourront peut-être [permettre] que ceux qui sont vaccinés puissent enlever le masque pendant le voyage, suggère le Dr Loemba.

D’autres habitudes prises au cours des derniers mois pourraient être répliquées une fois la pandémie terminée, propose pour sa part le Dr Dikeakos.

Durant des pics d’autres maladies, d’autres virus respiratoires, est-ce qu’on pourrait dire "est-ce qu’on se masque pendant ce mois-ci pour se protéger encore plus?", demande-t-il.

Disons l’hiver prochain, dans les centres de soins de longue durée, est-ce qu’on devrait avoir des directives qui disent : "Si vous visitez des résidents, vous devez porter un masque". Il me semble que ça serait logique, après tout ce que l'on a appris.

Une citation de :Dr Jimmy Dikeakos, virologue et professeur associé au département de microbiologie et d’immunologie de l’Université Western

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