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The Porter, une série sur l’histoire des bagagistes noirs de la Petite-Bourgogne

Quatre hommes en uniforme de porteurs dans un train.

Le métier de porteur, ou bagagiste, était l’un des rares emplois qui s’offraient aux hommes noirs au Canada dans la première moitié du 20e siècle.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Radio-Canada

CBC présentera bientôt une série sur les porteurs noirs de Montréal et la communauté de la Petite-Bourgogne, plaque tournante du jazz dans les années 1920. Selon le magazine torontois NOW, The Porter est appelée à devenir la plus grande production dirigée par des personnes noires au Canada.

Les événements de The Porter se déroulent juste après la Première Guerre mondiale, dans le quartier de la Petite-Bourgogne, à Montréal, qui était alors qualifié de Harlem du Nord. La série suit l’histoire de deux anciens soldats, Junior et Zeke, qui trouvent un travail comme porteurs pour une entreprise ferroviaire, l’un des rares emplois qui s’offraient aux hommes noirs à l’époque.

Le travail du porteur, ou bagagiste, consistait principalement à répondre aux besoins des passagers et passagères tout au long du voyage en train, notamment en portant leurs bagages, en préparant leur lit, en repassant leurs vêtements, en cirant leurs chaussures et en servant leurs repas et boissons.

Des employés de la compagnie ferroviaire du Grand Tronc, en 1914

Des employés de la compagnie ferroviaire du Grand Tronc, en 1914

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

La série suit aussi les efforts déployés par les porteurs pour améliorer leur sort. Les conditions de travail liées à ce poste – longues heures, traitements abusifs, maigre salaire... – étaient telles qu’elles ont entraîné une lutte pour les droits civils partout au Canada et aux États-Unis qui a mené à la création d’un syndicat : le Brotherhood of Sleeping Car Porters.

R. T. Thorne, producteur exécutif de la série aux côtés de Charles Officer, décrit comment cette génération – pas si éloignée de l’époque de l’esclavage – était à la recherche de liberté, et de quelle façon le réseau ferroviaire a facilité cette quête. Il compare d’ailleurs l’incidence des chemins de fer à celle d'Internet : ceux-ci ont amené le pays dans l’ère moderne, en plus de connecter les gens, les idées, les concepts, les entreprises et les cultures.

C’est notre renaissance. C’est une époque et un endroit qui ont affecté le pays de tant de façons.

Une citation de :Charles Officer, producteur exécutif de la série, en entrevue avec le magazine « NOW »

La série d’époque en huit épisodes, qui se déroule également à Chicago et à Détroit, entrera en production en 2021. Diffusée sur CBC au Canada, elle sera aussi offerte sur les ondes de BET+ aux États-Unis.

Une équipe créative 100 % noire

L’équipe créative d'artistes derrière The Porter est composée entièrement de personnes noires du Canada, des producteurs exécutifs de la série jusqu'à ses autrices principales, Annmarie Morais et Marsha Greene, qui ont mis sur pied la première équipe d’écriture entièrement noire, composée de Morais, Greene et Thorne ainsi que d'Andrew Burrows-Trotman, Priscilla White et Andrea Scott.

Deux femmes et un homme sourient.

Annamarie Morais, Marsha Greene et R. T. Thorne font partie des membres de l'équipe derrière «The Porter».

Photo :  CBC

Le chemin vers la concrétisation de la série n’a toutefois pas été facile. Le projet a vu le jour en 2010 grâce aux acteurs Arnold Pinnock et Bruce Ramsay. Il devait à la base prendre la forme d'un long métrage, mais la vie en a décidé autrement, et ce n’est qu’après avoir eu le sceau d’approbation de CBC, il y a deux ans, que sa reconversion en série a pu se mettre en branle.

Ce n’est pas simplement une série télévisée. Cela fait partie de notre révolution.

Une citation de :Charles Officer

Officer avoue que la nouvelle équipe entièrement noire n’a pas eu l’aval de toutes les parties impliquées. Certaines personnes voulaient ajouter un producteur blanc à l’équipe, insinuant que celle-ci n’était pas prête.

Nous avons passé plusieurs années à travailler et à faire nos trucs séparément, pour finalement arriver à ce moment, affirme Annmarie Morais. Nous sentons vraiment que nous sommes les bonnes personnes pour raconter cette histoire.

Avec les informations de NOW, et CBC

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