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Itinérance en pandémie : plus de demande et de détresse en Mauricie–Centre-du-Québec

Un graffiti.

L'hiver s’annonce difficile, avec les grands froids qui approchent et les refuges qui peuvent accueillir moins de gens en raison des mesures sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Sarah Désilets-Rousseau

À l’approche des grands froids, les besoins des personnes en situation d’itinérance augmentent alors que la mise en place de mesures sanitaires dans la région réduit le nombre de places disponibles dans les refuges.

Des organismes de la région constatent que les temps sont durs pour ceux qui n’ont pas de domicile, mais en collaboration avec les autorités, ils se mobilisent pour leur venir en aide.

L’organisme Point de Rue, qui œuvre auprès des itinérants à Trois-Rivières, a vu la demande pour ses services et ses travailleurs de rue augmenter de 10 % cet automne comparativement à l’automne dernier. Quatre nouveaux travailleurs de rue ont été embauchés pour répondre à la demande.

On anticipe un hiver qui va être difficile pour les personnes qu’on rencontre.

Une citation de :Philippe Malchelosse, directeur général de Point de Rue

On peut estimer à environ 150 à 200 personnes de plus qu’on a à rejoindre dans le cadre de la pandémie. On constate plus de besoins en termes de nombre, mais aussi des problématiques de plus en plus complexes, des cas de détresse accrue, note le directeur général de Point de Rue, Philippe Malchelosse.

C’est que, notamment, des gens vulnérables qui pouvaient compter sur des proches sont maintenant plus isolés ou se retrouvent à la rue, en raison de la pandémie.

Un homme vêtu d'une tuque et d'un manteau noir.

Le directeur général de l'organisme Point de Rue de Trois-Rivières, Philippe Malchelosse.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

C’est plus difficile en ce moment d’être capable de se loger chez des amis, ou d’avoir un bon samaritain qui peut t’héberger parce qu’il faut que les gens restent chez eux, dans leur bulle familiale, explique Philippe Malchelosse.

Moins de lits en hébergement d’urgence

Le centre Le Havre, un refuge pour sans-abris à Trois-Rivières, compte maintenant cinq lits de moins en raison des mesures sanitaires. Son taux d’occupation est de 100 % depuis le 16 mars dernier.

Ce n’est pas tant le nombre de cas qui a augmenté, par rapport à l’an dernier, mais la complexité des cas, en hébergement d’urgence, constate Danny Lacroix, directeur général du Centre Le Havre.

Sortir du Havre semble aussi plus difficile en raison de la pandémie, alors que le séjour moyen est passé de 11 à 26 jours en un an.

On doit trouver des solutions viables et durables aux gens pour qu’ils s’en sortent. Et les plans de sortie, c’est compliqué en raison des mesures sanitaires, déplore Danny Lacroix.

Les autorités mobilisées

Un comité de crise a été mis sur pied par la santé publique, la Ville de Trois-Rivières et les organismes communautaires pour venir en aide aux itinérants et pallier la diminution des services. Dix lits d’urgence sont maintenant ouverts, une unité de débordement qui vise à répondre aux besoins que crée la pandémie.

La Ville de Trois-Rivières, notamment, a versé 15 000 $ pour la désinfection quotidienne des lieux.

Ça fait longtemps que j’avais pas vu ça, que tout le monde se sent concerné par rapport à l’hiver qui arrive, indique le directeur général du centre Le Havre.

Point de Rue augmentera aussi ses services, à compter du mois de janvier. Son centre de jour sera ouvert sept jours par semaine à compter du mois de janvier, une première pour l’organisme créé en 1993. Les lieux seront aussi ouverts de nuit lors des grands froids, pour ne laisser personne à la rue.

La façade d'un bâtiment.

Les locaux de l'organisme Point de Rue à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

On veut que le filet social soit tissé le plus serré possible pour les personnes qu’on rencontre. En fait, le souhait de Point de Rue, du Havre, de nos partenaires de la Ville et du CIUSSS, c’est de laisser personne en plan, que tout le monde ait accès à un service, conclut Philippe Malchelosse, directeur général de Point de Rue.

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