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Poursuite policière et descente près d’une école : la GRC doit des explications

Deux véhicules endommagés devant un poteau d'électricité penché.

La voiture poursuivie par des agents de la GRC a terminé sa course contre un poteau le long de la rue Elliott, peu après 15 h le 9 décembre 2020.

Photo : CBC

Radio-Canada

Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse demande des explications à la GRC pour une poursuite en voiture à haute vitesse et une perquisition effectuée tout près d’une école, mercredi.

Ce jour-là, la Gendarmerie royale du Canada est intervenue à 13 endroits dans la municipalité régionale d’Halifax, affirmant mener une enquête sur le crime organisé et les drogues.

Mercredi après-midi, plusieurs véhicules banalisés de la GRC ont pris en chasse la voiture d'un suspect sur l'autoroute 102.

Ils ont roulé sur la pelouse, traversé le boulevard Joseph Howe, très achalandé, et sont passés sur un trottoir.

La poursuite s'est terminée par un accident dans une petite rue résidentielle.

Le même jour, la GRC a effectué une descente dans un immeuble du secteur Bedford, à un jet de pierre de l'école secondaire Charles P. Allen, au moment où les élèves terminaient les classes et sortaient tous dans la rue.

Le centre régional d’éducation d’Halifax dit avoir été informé par la GRC des activités de la police dans le secteur, mais seulement après la sortie dès élèves.

L'escouade tactique déployée près d'une école.

La GRC en Nouvelle-Écosse fait l'objet de critiques pour cette perquisition le 9 décembre 2020 près de l'école Charles P. Allen High School, à Bedford, au moment où des centaines d'élèves sortaient.

Photo : Courtoisie d'Angela Guptill

Mark Furey, ministre néo-écossais de la Justice, qui a été membre de la GRC pendant 32 ans, n’a pas été impressionné.

Je suis préoccupé, et l’inquiétude du public est certainement justifiée. Cela mérite, disons-le franchement, des explications.

Mark Furey, ministre de la Justice

Selon M. Furey, les politiques de la GRC demandent que les poursuites faites dans des véhicules banalisés soient abandonnées lorsqu’il y a un risque pour la sécurité du public.

Mark Furey devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse.

Le ministre de la Justice, Mark Furey (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Il y a des règles claires sur les poursuites à haute vitesse et les poursuites qui ne sont pas à haute vitesse, dit le ministre.

Danger pour le public?

Christian Leuprecht, un expert des questions concernant la police au Collège militaire royal et à l’Université Queen’s, relève des incohérences dans les explications de la GRC.

La police procédera à des opérations risquées pour le public s’il est en danger immédiat, par exemple s’il y a un tireur armé ou une alerte à la bombe. Dans un message sur Twitter, mercredi, la GRC en Nouvelle-Écosse écrivait qu’il n’y avait pas de risque pour la sécurité publique.

Portrait de Christian Leuprecht photographié à l'extérieur.

Christian Leuprecht, expert des questions concernant la police au Collège militaire royal et à l’Université Queen’s.

Photo : Courtoisie de Christian Leuprecht

Dans ce cas, la GRC dit enquêter sur une affaire de drogue. Christian Leuprecht se demande quelle était la nécessité de cette poursuite à haute vitesse en plein jour, au milieu des automobilistes et des piétons.

Quels étaient les risques pour la sécurité du public? Parce que le seul risque que je vois ici, c’est une demi-douzaine de véhicules de police banalisés poursuivant une voiture sur le gazon.

Christian Leuprecht, Collège militaire royal

La déclaration de la GRC sur Twitter est contradictoire, note Christian Leuprecht. Vous ne vous lancez pas dans une poursuite policière à haute vitesse pour quelque chose qui ne présente pas de risque pour le public, soutient-il.

Dimanche, la GRC a annoncé avoir porté des accusations de possession d'arme à feu et de conduite dangereuse contre les deux personnes à bord du véhicule qui avaient tenté d’échapper à la police.

Un policier escorte un homme menotté portant un chandail jaune moutarde.

La GRC procède à une arrestation au terme d'une poursuite policière qui s'est terminée sur la rue Elliott, le 9 décembre 2020 à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Craig Paisley

Déjà dans la tourmente après la tuerie d'avril

La GRC en Nouvelle-Écosse a déjà fait l’objet de vives critiques cette année pour ses actions et sa stratégie de communication, en avril, lorsqu’un tueur circulant entre Portapique et Enfield a fait 22 morts en une douzaine d’heures.

Une enquête fédérale-provinciale sur cette tuerie doit bientôt examiner, entre autres, la prise de décision, l’intervention de la GRC et ses communications avec le public pendant et après la tuerie des 18 et 19 avril 2020.

Dans sa recherche du suspect, la police fédérale a notamment criblé de balles une caserne de pompiers.

Le ministre néo-écossais de la Justice, Mark Furey, a déclaré vendredi avoir parlé avec des responsables de la GRC pour insister sur l’importance de mieux communiquer avec le public. Même aucune information ne peut être divulguée, la population a le droit à des services policiers transparents, dit l'ancien chef de district de la GRC.

Selon mon expérience, lorsque vous communiquez avec le public, vous obtenez des résultats constructifs et bâtissez des liens, déclare le ministre Furey. C’est un défi auquel la communauté policière fait face en ce moment, non seulement ici en Nouvelle-Écosse, mais à travers le pays et le continent.

En Nouvelle-Écosse, on compte un certain nombre de corps policiers municipaux, mais pas de police provinciale. Selon l’expert Christian Leuprecht, le gouvernement provincial ne peut exercer que très peu de contrôle sur la police fédérale.

Les Néo-Écossais doivent se demander s’ils reçoivent des services policiers de qualité de la GRC, dit-il. Et si la réponse est non, quelles sont les autres options?

D’après les reportages d’Alex Cooke et de Michael Gorman, de CBC

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