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Prévention du suicide : Ottawa vote pour une ligne nationale à trois chiffres

Un homme non identifiable se tient dans l'ombre, près d'une fenêtre.

Les députés ont voté pour une proposition visant à créer une ligne nationale destinée à la prévention du suicide.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

La Chambre des communes a fait un pas de plus vers l'établissement d'une ligne téléphonique nationale à trois chiffres destinée à la prévention du suicide.

Les députés ont voté à l'unanimité pour une motion d'un député conservateur appelant le gouvernement fédéral à agir immédiatement pour mettre en place un numéro national 988 qui consoliderait toutes les lignes de prévention du suicide existantes.

Avant le vote, le député britanno-colombien Todd Doherty a imploré la Chambre des communes d'appuyer sa motion.

« Lorsque les minutes comptent, l'aide ne devrait être qu'à trois chiffres. »

— Une citation de  Todd Doherty, député conservateur de Cariboo—Prince George

Il a parlé de la perte de son meilleur ami, qui s'est suicidé à l'âge de 14 ans, et de combien elle lui pesait encore.

Portrait de Todd Doherty devant un drapeau canadien.

Todd Doherty, député conservateur de Cariboo—Prince George, en Colombie-Britannique

Photo : AFP / Soumis par Todd Doherty

Je sais [que], comme moi, beaucoup de nos collègues ont vécu la douleur, la perte, la culpabilité et la colère du suicide, a-t-il avancé.

Selon lui, il est particulièrement important d'offrir de l'espoir à celles et à ceux qui sont désemparés dans le contexte de la pandémie actuelle, qui fait des victimes chaque jour.

La ministre de la Santé, Patty Hajdu, a déclaré qu'elle souhaitait faire plus pour aider les Canadiens aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Le 30 novembre dernier, en réponse à une question de Todd Doherty, elle a déclaré qu'elle aimait l'idée d'une ligne d’assistance téléphonique nationale et qu'elle souhaitait travailler avec lui pour concrétiser rapidement l’initiative.

Dans un courriel, le ministère de la Santé du Canada dit qu'il est en train d'accroître les services au pays et qu'il y a un grand intérêt à mettre en place un numéro à trois chiffres permettant de mieux répondre aux besoins des Canadiens.

Une augmentation de 200 %

Les professionnels en santé mentale ont également appuyé le projet, y compris ceux qui répondent aux appels faits au numéro du Service canadien de prévention du suicide (SPSC).

Au cours d’une crise, la recherche d'un numéro à 10 chiffres est un obstacle… qui n'a pas besoin d'exister, a déclaré la Dre Alison Crawford à CBC News le mois dernier.

Madi Muggridge abonde dans le même sens.

Cette Ontarienne de 19 ans a lancé une pétition en ligne pour demander l'appui du public jusqu'à ce que la ligne soit mise en place.

Quand j'avais 13 ans, j'ai envoyé un message à la ligne d'assistance téléphonique de prévention du suicide. J'ai attendu trois heures et personne ne m'a parlé. Cette expérience a été dévastatrice, raconte-t-elle.

Avec une ligne à trois chiffres, où que l'on soit, même sans réseau internet, il sera possible de joindre les services d'urgence, tout en désengorgeant les appels au 911, estime la présidente de la Commission de la santé mentale du Canada, Louise Bradley.

Il y a 4000 suicides déclarés chaque année au Canada. Certaines populations sont davantage touchées, comme les communautés autochtones et nordiques, explique-t-elle.

« J'espère que les gens pourront appeler avant d'en arriver à un point où ils sont en danger immédiat. Cela peut donner plus de ressources en santé mentale et éviter la nécessité d'une intervention. »

— Une citation de  Madi Muggridge
Madi Muggridge, assise dans l'herbe, sourit.

Madi Muggridge

Photo : Facebook de Madi Muggridge

La Dre Crawford est à la fois médecin en chef du Service canadien de prévention du suicide et psychiatre au Centre de toxicomanie et de santé mentale. Elle affirme que son service a vu une augmentation de 200 % de la demande depuis le début de la pandémie.

Les États-Unis sont également en train d'établir un service national 988. Ce processus devrait se terminer en 2022.

L'initiative américaine sera coûteuse, pouvant dépasser le demi-milliard de dollars dès la première année. La majeure partie de ce montant correspond à une dépense ponctuelle pour remplacer les commutateurs du réseau téléphonique.

Des fonds seront également débloqués pour mettre sur pied une campagne de sensibilisation du public et pour renforcer la capacité des centres d'appels.

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