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François Legault en conférence de presse.

Le premier ministre a commis quelques erreurs, notamment en ce qui concerne le ministre de l'Économie, critiqué sur des questions d'éthique, écrit Martine Biron.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils partent tous fatigués. Surtout François Legault, qui a pris la lumière et la chaleur pendant toute la session parlementaire. Le premier ministre roule depuis des mois au rythme de deux, trois et même quatre points de presse par semaine.

Et le grand patron, seul, mène de front l’ensemble des dossiers du gouvernement. Il ne peut véritablement compter que sur une poignée de ministres.

Les performants

Le changement de garde à la tête du ministère de la Santé a ébranlé le mastodonte. Christian Dubé, qui a la parole mielleuse pendant les points de presse, peut être passablement abrasif en coulisses.

Quand il demande une information, explique un attaché politique, il ne veut pas la réponse demain. Il a d’ailleurs eu quelques prises de bec devant tout le monde avec le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge lorsqu’il cherchait à obtenir des données sur la ventilation dans les écoles.

Geneviève Guilbault, qui a enflammé Twitter quand elle a demandé aux Québécois d’être docile, se révèle aussi une alliée sur qui le premier ministre peut compter pour le remplacer. Malgré un ton parfois cassant, elle a démontré que son titre de vice-première ministre n’est pas que symbolique.

L’étoile du gouvernement est sans contredit la présidente du Conseil du Trésor. C’est à Sonia LeBel que reviennent les meilleurs coups de la session. Elle a fait adopter le projet de loi sur l’accélération des projets d’infrastructure, a réussi à conclure une entente avec les infirmières, tout en maintenant des contacts fructueux avec Ottawa. C’est une joueuse d’équipe, appréciée de l’ensemble du caucus.

Les sautes d’humeur

Mais où sont donc les hommes de main, les ministres qui peuvent protéger le premier ministre? Pauline Marois avait Yves-François Blanchet; Philippe Couillard, Jean-Marc Fournier; et François Legault a... François Legault.

La joute parlementaire requiert une bonne défense, et le rôle du leader parlementaire est précisément de couvrir l'équipe. Cela inclut, parfois, de calmer le chef. Quand le premier ministre, le jour où il a annulé les rassemblements de Noël, s’est lancé dans une attaque gratuite et disgracieuse contre un député libéral, personne n’a réussi à le protéger de lui-même.

C’est une question de confiance, dit un ancien leader libéral, qui a servi auprès de Jean Charest. Quand il était trop fâché, ajoute-t-il, je lui disais : "Prends ta camomille et mange ta tasse après." La question se pose : y a-t-il quelqu’un au conseil des ministres qui peut mettre en garde François Legault quand il va trop loin?

Son image en prend d’ailleurs un coup, dit un conseiller politique; il se définit comme un bon père de famille qui sait parler au monde, mais il doit faire attention de ne pas briser son image de marque.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon a de nouveau été critiqué en matière d'éthique.

Photo : Radio-Canada

Le problème

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon est reconnu pour son efficacité, ce que même ses ennemis admettent. Le problème, c’est qu’il refuse de se conformer au Code d’éthique et de déontologie de l’Assemblée nationale. En persistant à l’appuyer, le premier ministre pourrait le payer cher.

Non seulement François Legault fait une entorse à ses convictions personnelles, mais sa décision ne fait pas l’unanimité au sein de son caucus.

Il donne l’impression d’avoir privilégié un ami personnel. Et cela pourrait le hanter à nouveau, parce que la Commissaire à l’éthique et à la déontologie menace de revenir à la charge si le ministre Fitzgibbon ne régularise pas sa situation.

Les gaffeurs

En politique, les faux pas sont nombreux et peuvent être durs pour l’orgueil, généralement sensible, des ministres. Simon Jolin-Barrette y a goûté quand il a annoncé réfléchir à assujettir les cégeps à la loi 101; dans l’heure qui a suivi, le premier ministre l’a contredit.

La ministre déléguée au Développement économique régional Marie-Eve Proulx s’est retrouvée dans l’embarras à plus d’une reprise, notamment sur l’accès à Internet haute vitesse, une promesse électorale. Le premier ministre n’était manifestement pas satisfait.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Pierre Dufour a donné du poids à l’expression ne pas être le pogo le plus dégelé de la boîte quand il a répondu à une question de la députée Émilise Lessard-Therrien. Comme s’il sortait d’une autre époque, il s’est permis de l’appeler jeune dame.

On sait maintenant, avec le largage brutal de l’ancienne ministre Sylvie D'Amours, que François Legault peut agir vite lorsqu’il n’est pas content.

Dominique Anglade à l'Assemblée nationale.

La nouvelle cheffe libérale Dominique Anglade se retrouve avec un parti ne disposant plus de son argumentaire économique traditionnel, écrit Martine Biron.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Les partis d’opposition

Si le premier ministre a été surexposé depuis le début de la crise, les partis d'opposition ont été sous-exposés. Ils ont réussi à garder le gouvernement sur la corde raide au cours de la session sur les nombreux ratés de la pandémie, mais ils n'arrivent toujours pas à se définir. Les libéraux ont perdu l'étiquette de l'économie; les partis souverainistes, le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS), celle du nationalisme.

On peut dire que la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a réussi cette session à réunir son caucus autour d’elle.

L’étoile de l’opposition revient d’ailleurs au leader parlementaire de l’opposition officielle, André Fortin, qui a su croiser le fer avec fermeté et élégance. Le député libéral a rapidement intégré la procédure parlementaire, il est agile et prompt à protéger son équipe.

Pendant ce temps, les élus de QS ont dû affronter la grogne des militants, déçus de leur performance face au gouvernement. Quant à Paul St-Pierre Plamondon, il arrive au PQ, il est encore à faire ses classes.

Le fait qu’on peine à distinguer leurs positions laisse encore beaucoup de place à la Coalition avenir Québec.

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