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Plutôt que de fermer les restaurants, une solution : tester les clients

Le gouverneur de New York vient d’annoncer sa décision de fermer les bars et restaurants pour freiner la pandémie de COVID-19. Mais un restaurant de la ville essaie de convaincre les autorités qu’il y a d’autres solutions, comme tester les clients.

Des clients attablés à bonne distance les uns des autres.

Des clients sont répartis dans la salle à manger d'un restaurant.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Situé dans le très branché Meat Packing district de New York, le City Winery se targue d’être le restaurant le plus sécuritaire de la ville. Et pour cause. Ce resto-bar spectacle vient d’ajouter un élément à son menu : un test rapide de COVID-19.

Pour entrer, les clients doivent maintenant montrer patte blanche. En fait, pour accéder à la salle à manger, tout le monde doit se soumettre au verdict de l’écouvillon placé dans le nez. Les clients, mais aussi les employés, le patron et les journalistes en reportage.

Piper Smith fait la grimace à l'arrivée de l'écouvillon dans sa narine.

La jeune Piper Smith n'apprécie pas le test de dépistage à la COVID pour rentrer dans ce restaurant.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Pour le propriétaire Michael Dorf, il s’agit de créer une bulle sanitaire dans le restaurant et d’offrir à ses clients la paix d’esprit. Car les tests s’ajoutent à toute la panoplie des mesures imposées par les autorités comme la désinfection des tables, la distanciation physique, la réduction du nombre de clients au quart de la capacité et le port du masque obligatoire tant qu’on n’est pas assis à table.

« Habituellement, seuls les gens qui ont des symptômes vont se faire tester. Ce qui est génial avec ces tests rapides dans les restaurants, c’est qu’ils permettent d’attraper des gens asymptomatiques, qui sont contagieux sans le savoir. »

— Une citation de  Michael Dorf, propriétaire City Winery
Michael Dorf

Michael Dorf

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Le patron du restaurant raconte qu’un soir, un des employés du restaurant a reçu un test positif. Il n’est donc pas allé travailler, ce qui a potentiellement permis de protéger ses collègues et des clients avec qui il aurait pu entrer en contact.

Le test est de type antigénique. Il est fiable à 99 % pour les résultats négatifs, d’après le Dr David Reese, patron de la compagnie Accurex, qui administre les tests. Son principal défaut : le nombre de faux positifs. Peu importe, selon lui, tous les patients ayant reçu un test positif sont invités à aller passer un test PCR en laboratoire, comme ceux utilisés dans les hôpitaux.

Le Dr Reese est convaincu qu’une plus grande démocratisation des tests de dépistage permettrait de juguler rapidement la pandémie.

« Ce que nous voulons faire, c’est vraiment d’encourager les gens à se faire tester, encore et encore. »

— Une citation de  Dr David Reese, PDG Accurex

Les tests ne sont pas gratuits. Chaque client doit débourser 50 $. De l’argent bien investi aux yeux de Karla Barbossa. En tant que client, on est prêt à payer pour ce genre de chose, pour pouvoir manger en sécurité entre amis. Cela nous donne la paix d’esprit.

« Les gens n’hésitent pas à dépenser 20 dollars pour un cocktail, alors pourquoi ne pas dépenser 50 dollars pour un test? »

— Une citation de  Karla Barbossa, cliente
Karla Barbossa

Karla Barbossa a dû subir un test de COVID-19 avant de déguster un verre de vin.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Comme bien des New-Yorkais, elle a déjà passé beaucoup de tests de dépistage de la COVID. Mais c’est la première fois qu’elle n’a pas besoin de faire la queue ni d’attendre des jours pour avoir le résultat. Mieux, c’est un verre de champagne à la main, gracieuseté de la maison, qu’elle attend le résultat du test.

C’est une excellente idée, déclare Sasha Corban, patronne d’une maison de production. Elle avoue avoir choisi ce restaurant pour un souper entre amis justement en raison des tests. Cela nous permet d'être plus détendus, dit-elle. Elle avoue qu’elle ne va plus au restaurant depuis qu’il fait trop froid pour s’asseoir en terrasse.

Un écouvillon dans la narine de Sasha Corban.

Sasha Corban accepte sans hésitation de subir un test de dépistage de la COVID pour profiter de ce restaurant.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

L’initiative du City Winery a fait couler beaucoup d’encre. S’il ne nie pas la volonté de créer un buzz, Michael Dorf se dit sincère dans sa volonté de proposer des solutions.

Comme pour bien des bars et restaurants, la survie de son entreprise joue se joue actuellement. Son chiffre d’affaires a baissé de 90 % par rapport à l’an dernier. S’il comprend le principe de précaution derrière la décision des autorités sanitaires de faire fermer dès lundi, il espère les convaincre qu’il existe d’autres moyens de lutter contre la pandémie sans mettre en péril tout un pan de l’économie.

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