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Les Britanno-Colombiens consomment plus d’alcool depuis le début de la pandémie

Des bouteilles de vin.

Les ventes des magasins d'alcool privé ont augmenté de 18,5 % comparativement à 2019.

Photo : getty images/istockphoto / VadimZakirov

Radio-Canada

Une analyse réalisée par l'Institut canadien de recherche sur la consommation de substances psychoactives (CISUR) de l'Université de Victoria révèle que les Britanno-Colombiens ont acheté plus d’alcool entre mars et juillet 2020 que durant la même période en 2019.

Selon l’étude, les ventes des magasins d'alcool privés représentent la majeure partie de cette augmentation, avec une hausse de 18,5 % comparativement à 2019.

Nous soupçonnons qu'une partie de cette augmentation [des ventes] dans les magasins privés est liée au fait qu'ils ont rendu l'alcool plus facile à acheter, en offrant la livraison à domicile ou en listant leurs produits sur des applications de livraison tierces, explique Tim Stockwell, le scientifique du CISUR qui a mené l'analyse.

Le pic a été particulièrement élevé immédiatement après le confinement de mars, où nous avons vu les ventes augmenter de 40 % la semaine suivant l'introduction des mesures, ajoute-t-il.

Ce constat est également celui d'Ayja Alvarez, la directrice de Caddy Bay Liquor Store, à Victoria.

Elle a observé une croissance exponentielle de son chiffre d'affaires, qui, certains mois, était de plus de 50 %.

Selon elle aussi, cette augmentation coïncide avec le lancement de son service de ramassage et de livraison, un service qui a été très prisé par les habitants du quartier.

Nous avions des dizaines de livraisons par jour, souligne Ayja Alvarez. Selon elle, toutefois, ce n’est pas la seule raison.

Celle qui travaille avec son mari dans le secteur du service depuis près de 10 ans explique que les gens n'achètent pas nécessairement des produits plus chers. Cependant, ils achètent de plus grandes quantités.

Des gens qui achetaient auparavant quelques bouteilles de vin par semaine en achètent maintenant des caisses, raconte Ayja Alvarez.

Elle indique aussi une nouvelle tendance pour les caisses-outres et les bouteilles de 1,5 litre.

Légère augmentation dans les magasins gouvernementaux

L’étude indique également une légère augmentation des ventes directes dans les magasins d’alcool du gouvernement.

C'est environ de l'ordre de 5 % environ, explique le directeur du CISUR, Tim Naimi.

Selon lui, la valeur modeste, mais significative de cette augmentation s'explique par l'absence de service de livraison dans les magasins gouvernementaux.

Un homme se tient debout devant un magasin de vente d'alcool, BC Liquor Store.

Tim Naimi est directeur de l'Institut canadien de recherche sur la consommation de substances psychoactives (CISUR) de l'Université de Victoria.

Photo : Amanda Farrell-Low

La directrice des communications de BC Liquor Stores, Viviana Zanocco, souligne que ces chiffres ne sont pas représentatifs des ventes de l’entreprise, mais seulement des ventes en gros.

Elle explique que, si la crise sanitaire a poussé les clients à moins se rendre en magasin, il n’en reste pas moins qu’ils achètent en plus grosse quantité.

La valeur de chaque transaction a augmenté, de sorte qu'ils font moins de déplacements, respectant les directives des responsables provinciaux de la santé, explique Viviana Zanocco.

À la mi-mars, au moment où la province a déclaré l'état d'urgence, les BC Liquor Stores ont vu leurs ventes au comptoir augmenter de 40 %. Cette augmentation a coïncidé avec la fermeture des bars et des restaurants, et avec la panique des consommateurs qui craignaient que les chaînes d'approvisionnement ne soient perturbées, souligne-t-elle.

Désaccord

L’étude affirme qu'en Colombie-Britannique, les personnes consomment plus d’alcool depuis le début de la pandémie, mais Viviana Zanocco est en désaccord avec cette affirmation.

L'ensemble des données du CISUR a réparti les ventes totales d'alcool en gros par code postal et par point de vente. Il suppose que l'alcool vendu a été "consommé" au cours de la même période, ce qui peut être exact ou non, affirme-t-elle.

Elle cite l'exemple qu’un client ayant acheté un tonneau de vin, mais qui ne le consommerait pas dans son entièreté immédiatement.

Je ne pense pas que la formule du CISUR tienne compte de cela. Il utilise le terme de "consommation" alors qu'il devrait peut-être utiliser le terme d'"achat", dit-elle.

Ayja Alvarez est aussi de cet avis et suppose que les clients font sûrement des réserves pour éviter d’avoir à sortir de chez eux, ce qui est intelligent, selon elle, et qui expliquerait aussi cette augmentation.

L'alcool et la COVID-19 sont très dangereux, et je dirais que c'est une combinaison mortelle.

Le directeur du CISUR, Tim Naimi, explique pour sa part que des changements de politique, à court et à long terme, pourraient contribuer à réduire la consommation d'alcool et à amoindrir certains comportements qui peuvent y être liés, comme la violence domestique ou la négligence infantile.

Il indique aussi que la résurgence de cas de COVID-19 dans la communauté est souvent liée à la consommation d’alcool.

Lorsque les gens boivent de l'alcool, ils ne sont pas aussi conscients parce qu'il faut beaucoup de concentration et d'efforts pour appliquer la distanciation sociale.

Des chercheurs s'appuient actuellement sur ces travaux réalisés en Colombie-Britannique, en partenariat avec l'Agence de santé publique du Canada, en vue d'analyser des données similaires dans tout le pays.

Ils prévoient aussi d’ores et déjà d’analyser la consommation de cannabis des Britanno-Colombiens depuis le début de la pandémie.

Avec les informations de Sarah Xenos

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