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COVID-19 : Une certaine réticence à la vaccination dans les communautés autochtones

La main d'une personne avec un vaccin.

Certaines personnes se seraient inquiétées de servir de cobaye à l'implantation du vaccin contre la COVID-19.

Photo : iStock

Radio-Canada

Certains membres des communautés autochtones sont réticents à se faire vacciner contre la COVID-19 : une conséquence de la méfiance envers le système de santé et de ses erreurs historiques. C'est ce qu'affirme Marjolaine Siouï, la directrice générale de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Elle rappelle que des expériences médicales ont été menées dans le passé, notamment lorsque de jeunes Autochtones affamés ont servi de cobayes pour des régimes expérimentaux dans les années 1940 et 1950.

Ce qu'on a entendu le plus fréquemment, c'était la crainte d'être peut-être priorisé dans le sens d'être ciblés pour tester le vaccin, explique-t-elle. C'est à cause des expériences qui ont déjà été vécues par certaines personnes issues des communautés, lorsqu'elles étaient dans les pensionnats indiens.

Une tendance que confirme le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit (Mingan), Jean-Charles Piétacho. Ce dernier explique que les avis sont partagés parmi les membres de sa communauté, mais qu'il compte agir par l'exemple.

Je vais me faire vacciner et voir si j'ai des symptômes ou des effets secondaires. Je veux le faire pour moi, mais aussi en tant que dirigeant de la communauté et pour les membres d'Ekuanitshit, pour les sécuriser.

Jean-Charles Piétacho s'adresse à un journaliste.

Jean-Charles Piétacho veut prouver la sécurité du vaccin en étant le premier de la communauté à le recevoir (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Informer pour mieux convaincre

Marjolaine Siouï estime qu'il est primordial que les campagnes d'information et de vaccination soient menées en concertation avec les communautés, pour rassurer les Autochtones.

Les personnes qui vont vacciner, il faut qu'[elles] comprennent les sensibilités culturelles. Qu'[elles] comprennent les craintes qu'une personne peut avoir, d'être capable de répondre aux questions, d'avoir cette approche-là un peu plus holistique.

Elle ajoute que des mesures coercitives concernant le vaccin ne seraient pas envisageables et souhaiterait que les communautés autochtones deviennent parties prenantes de cette prochaine campagne de vaccination.

Méfiance ne veut pas dire ignorance

Cette méfiance envers les vaccins ne veut pas dire que les Autochtones ne sont pas au fait du risque que pose la COVID-19. C'est ce que rappelle le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

Il y a ces éléments-là qui viennent hanter les esprits aujourd’hui, donc il y a une forte réticence. Mais en même temps, nos populations sont extrêmement vulnérables en raison des maladies chroniques, notamment du côté des personnes âgées.

Ghislain Picard.

Ghislain Picard, chef l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (archives)

Photo : Radio-Canada

M. Picard insiste sur l'importance d’une communication claire pour permettre aux patients de prendre une décision éclairée.

Les adultes dans les communautés autochtones font partie des groupes qui doivent recevoir les vaccins en priorité, là où la contamination par la COVID-19 peut avoir des conséquences disproportionnées.

Avec les informations de Djavan Habel-Thurton

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