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Les restaurateurs peuvent maintenant livrer de l'alcool avec un repas au Québec

Un resto affiche une pancarte dans sa fenêtre : « Vin nature, btl ou caisse ».

François Legault souhaitait l'adoption d'un projet de loi dès vendredi pour autoriser les restaurants à vendre de l'alcool à emporter.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Laurianne Croteau

Les Québécois peuvent maintenant se faire livrer de l’alcool par des tiers comme SkipTheDishes ou DoorDash à l'achat d'un repas. Il sera aussi dorénavant autorisé de consommer de l'alcool sans l'accompagner de nourriture dans les salles à manger des restaurants encore ouverts.

Les restaurateurs qui n'avaient pas de livreurs pourront désormais livrer de la bière et du vin à leurs clients qui achètent également de la nourriture. Les spiritueux ne seront toutefois pas autorisés, ni la vente d'alcool à emporter sans nourriture, tel que le réclamaient des restaurateurs sur les médias sociaux.

Les restaurateurs qui effectuent eux-mêmes la livraison peuvent vendre de l'alcool pour accompagner un repas depuis 2002, mais ceux qui utilisent les services d'un tiers n'y étaient auparavant pas autorisés.

On a travaillé jusqu'à 22 h 30 hier soir, a avoué François Legault en conférence de presse. L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi 72 in extremis avant l’ajournement des travaux. Tous les partis ont voté en faveur du projet de loi présenté en début de session parlementaire par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Des réactions positives

La nouvelle est un véritable soulagement pour les restaurateurs, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) et l’Association Restauration Québec (ARQ), qui a réagi sur Twitter.

 Les petits restaurants de quartier et les bars entrevoient une lumière d'espoir. Certains pourront convertir leur permis vers un permis de restaurant et d'autres auront la possibilité de mieux rejoindre leur clientèle en livrant de l'alcool avec leurs repas, a affirmé le vice-président de la FCEI, François Vincent, par voie de communiqué.

C’est une bouffée d’air dans une période difficile pour l’Association des microbrasseries du Québec, qui estime que la possibilité pour un restaurant de servir de l’alcool sans l’obligation de commander un repas est une mesure qui sera positive pour les microbrasseries.

Cette loi est un pas dans la bonne direction, admet le député de Québec solidaire Alexandre Leduc, mais il estime que beaucoup reste encore à faire pour assurer l’équité entre tous les acteurs de l’industrie.

Les bars et les microdistilleries sont les grands perdants dans le projet de loi 72 : ils en arrachent autant que les restaurants, mais ils n’auront droit à aucun assouplissement pour passer à travers le temps des Fêtes.

Alexandre Leduc, député d'Hochelaga-Maisonneuve
Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Une campagne de « désobéissance civile »

Des restaurateurs québécois ont lancé jeudi une opération de désobéissance civile et invitent leurs pairs à vendre du vin sans servir de repas.

Deux personnes échangent une bouteille de vin et de l'argent.

Des restaurateurs estiment que le gouvernement aurait dû modifier les conditions de leur permis d'alcool dans les circonstances actuelles.

Photo : Facebook

Plusieurs restaurants ont publiquement appuyé la campagne, comme le célèbre Au Pied de Cochon, Vin Mon Lapin et le groupe Joe Beef-Liverpool House. Les propriétaires de ces établissements sont en colère et estiment avoir été sacrifiés par des décisions « déraisonnables ».

Un choix politique

Le mouvement des restaurateurs a été lancé à la suite des déclarations du directeur de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, qui a avoué mercredi, devant une commission parlementaire, qu’il n’avait pas recommandé la fermeture des salles à manger cet automne, et qu'il s'agissait en fait d'une décision gouvernementale.

François Legault a soutenu en conférence de presse jeudi avoir pris la bonne décision en fermant les salles à manger des restaurants dans les zones rouges.

Plus de la moitié des restaurants sont à risque de fermer au cours des six prochains mois, selon une étude de l’association Restaurants Canada, publiée mardi. Huit restaurants sur dix perdent de l’argent ou survivent à peine. Et 65 % d’entre eux fonctionnent à perte, tandis que 19 % ne font qu’atteindre le seuil de rentabilité.

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