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10 questions pour comprendre la vaccination contre la COVID

Quelque 249 000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech ont commencé à arriver au pays, ce qui permettra de vacciner quelque 125 000 Canadiens parmi les plus à risque d'ici la fin de l'année. Ce n'est que le début; le Canada attend des dizaines de millions d'autres doses pour 2021.

Une infirmière donne un vaccin à une femme.

Le vaccin de Pfizer contre la COVID-19 est efficace à 95 % sur une période allant jusqu'à deux mois après l'inoculation de la 2e dose.

Photo : Associated Press / Helen H. Richardson

La campagne de vaccination qui se met en branle un peu partout au pays suscite énormément de questions. Voici des réponses à certaines de vos interrogations.

1. Qui vaccinera-t-on en priorité?

Le Comité consultatif national de l'immunisation, formé de 16 experts en santé publique, recommande aux provinces de vacciner en priorité les groupes suivants :

  • les résidents des milieux de vie collectifs pour aînés ainsi que le personnel qui leur fournit des soins;

  • les adultes de 70 ans et plus, en commençant par les plus âgés;

  • les travailleurs de la santé;

  • les adultes des communautés autochtones.

Pour cette première vague de vaccination, chaque province a ajusté ses priorités en fonction de ses besoins. Par exemple, le Québec a choisi de vacciner les résidents des CHSLD en premier, tandis que la Saskatchewan et le Manitoba prioriseront les travailleurs de la santé en contact avec des patients atteints de la COVID-19 et ceux travaillant dans des foyers de soins de longue durée.

Ottawa a réparti les 249 000 doses dont il dispose pour l'instant entre les provinces, suivant la taille de leur population. Ces doses représentent seulement 0,3 % du nombre total de vaccins (76 millions) que le Canada a commandés chez Pfizer.

Les Territoires-du-Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut ne sont pas sur la liste des premiers destinataires du vaccin contre la COVID-19.

La campagne de vaccination à grande échelle commencera en janvier, lorsque le Canada recevra les autres doses.

On estime que 8 % de la population pourrait être vaccinée d’ici le mois de mars et que jusqu'à 50 % des Canadiens pourraient l'être d'ici la fin juin.

La majorité de la population sera vaccinée avant la fin de 2021, affirme le gouvernement.

2. Pourquoi priorise-t-on les aînés?

Les personnes âgées sont parmi les plus vulnérables à la COVID-19.

Quelque 72 % des Canadiens hospitalisés en raison de la COVID-19 et plus de 90 % des personnes décédées des suites de cette maladie avaient plus de 60 ans.

Si les vaccins sont généralement moins efficaces chez les populations âgées, l’essai clinique de Pfizer-BioNTech montre malgré tout que leur vaccin est efficace à 94 % chez les 65 ans et plus.

En fait, le taux d’anticorps constaté chez les personnes âgées lors des essais cliniques était près de 20 fois supérieur une semaine après que la seconde dose du vaccin eut été administrée.

De plus, les aînés qui ont participé à ces essais ont subi moins d'effets secondaires que les plus jeunes et de façon moins sévère.

3. Quels sont les effets secondaires?

Selon Santé Canada (Nouvelle fenêtre), environ 1 personne sur 10 qui recevra le vaccin de Pfizer-BioNTech pourrait ressentir un ou plusieurs de ces effets secondaires :

  • douleurs au site de l'injection;

  • fatigue;

  • maux de tête;

  • douleurs musculaires;

  • douleurs articulaires;

  • frissons;

  • fièvre;

  • ganglions légèrement enflés.

Selon le New England Journal of Medecine, qui a révisé les résultats publiés par Pfizer-BioNTech, les effets indésirables sont fréquents, mais aucun problème grave n’a été rapporté.

Aucun décès lié au vaccin n’a sinon été signalé parmi les 44 000 participants à l’étude clinique.

Le nombre de personnes ayant subi des effets secondaires légers lors des essais est plus élevé qu’avec le vaccin de l’influenza, mais beaucoup moins élevé qu’avec d’autres vaccins, comme celui contre le zona. En général, ces effets disparaissent quelques jours après la vaccination.

Moins de 2 % des personnes  (Nouvelle fenêtre)qui ont participé à l’essai clinique des vaccins Pfizer-BioNTech ont développé une fièvre aiguë de 39 °C à 40 °C.

Pour l’instant, il semblerait que la deuxième dose provoque un peu plus d’effets secondaires que la première.

Les effets secondaires à plus long terme du vaccin ne sont toutefois pas connus. Les premiers vaccins ont été donnés en juillet, donc les chercheurs ont au moins six mois de recul.

4. Y a-t-il des personnes qui ne devraient pas être vaccinées?

Les autorités sanitaires déconseillent de faire vacciner toute personne ayant un historique de réaction allergique importante à des vaccins, à des médicaments ou à de la nourriture.

Cette recommandation survient après deux signalements de réactions anaphylactoïdes au vaccin de Pfizer-BioNTech au Royaume-Uni. Selon Santé Canada, ces deux personnes, qui avaient des antécédents de réactions allergiques graves, sont maintenant rétablies.

Les personnes qui ont déjà eu une réaction allergique grave à un autre vaccin, à un médicament ou à un aliment devraient s'informer auprès d'un professionnel de la santé avant d'être vaccinées.

Par ailleurs, le vaccin de Pfizer/BioNTech n’est pas recommandé pour ces personnes :

  • les femmes enceintes et celles qui allaitent;
  • les personnes immunodéprimées (chimiothérapie ou maladie auto-immune);
  • les enfants et les adolescents âgés de moins de 16 ans.

Pourquoi? Parce que ces personnes n’ont pas fait partie des premiers essais cliniques et que l’innocuité et l’efficacité n’ont pas encore été établies pour ces personnes.

La vaccination chez ces groupes sera déterminée en fonction d’études à venir sur la sécurité et l’efficacité des vaccins, précise l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

5. Combien de doses seront nécessaires pour être immunisé?

Le vaccin Pfizer-BioNTech est efficace à 95 %, s’il est pris en deux doses.

La deuxième dose doit être donnée 21 jours après la première afin de permettre aux anticorps de se développer pour empêcher le virus de se multiplier dans l'organisme, explique Andrés Finzi, professeur associé à la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Pendant combien de temps cette immunité durera-t-elle? Les données actuelles ne permettent pas de le déterminer, seul le temps le dira.

Il est donc possible qu’il soit nécessaire de se faire vacciner chaque année, comme c’est le cas actuellement pour la grippe.

Les modèles théoriques et les modèles animaux semblent toutefois suggérer que l'efficacité à long terme sera au rendez-vous.

6. Comment atteindre l’immunité collective?

Pour atteindre l’immunité collective au Canada, il faudrait vacciner au moins 60 % à 70 % de la population, soit entre 22 et 26 millions de Canadiens, selon la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique.

En comparaison, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu’il faut vacciner 95 % de la population pour atteindre l’immunité collective pour la rougeole et au moins 80 % pour la polio.

7. Pourra-t-on alors reprendre la vie normale?

La vie ne reviendra pas à la normale du jour au lendemain pour les gens vaccinés, précisent les experts en santé publique.

Le vaccin aide à ne pas éprouver de symptômes de la COVID-19, mais les chercheurs ne savent pas encore si une personne vaccinée peut être quand même porteuse du virus et continuer de le propager sans le savoir, explique le Dr Alain Simard de l'École de médecine du Nord de l'Ontario.

C’est pourquoi le port du masque et la distanciation physique seront encore recommandés pour un certain temps après la vaccination.

Par exemple, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a prévenu qu’il n’éliminera aucune des restrictions sanitaires avant que 80 % à 85 % de la population ne soit immunisée.

8. La vaccination sera-t-elle obligatoire?

Aucune province n’a annoncé qu'elle le serait. Pour l’instant, les autorités de santé publique misent plutôt sur des campagnes de sensibilisation pour encourager les gens à se faire vacciner. Des experts estiment que l’obligation devrait être un dernier recours.

Au Québec, la Loi sur la santé publique permet la vaccination obligatoire de la population en cas de grave nécessité. Le Québec n'a jamais, à ce stade, rendu un vaccin obligatoire, mais cette possibilité n’est pas exclue.

Cependant, une preuve de vaccination pourrait être exigée dans certaines situations.

Par exemple, elle pourrait devenir obligatoire pour monter à bord d'un avion ou pour fréquenter certains lieux intérieurs. Certaines compagnies aériennes ont déjà indiqué qu’elles l'exigeront afin de prendre un vol international.

Des experts proposent cependant des balises afin d'éviter les dérapages. L'Organisation mondiale de la santé élabore des standards pour ce type de certificats.

9. Existe-t-il d'autres vaccins contre la COVID-19?

Santé Canada a approuvé le 9 décembre le vaccin de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19. Plusieurs autres vaccins, dont celui des compagnies Moderna, Janssen et AstraZeneca, sont présentement analysés par Santé Canada et pourraient être ajoutés à l'arsenal de la lutte contre la COVID-19.

Le Canada a déjà signé des ententes pour obtenir entre 20 et 76 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech et entre 30 et 65 millions de celui produit par Moderna, qui pourrait être le prochain à être approuvé par Santé Canada.

Visitez notre dossier sur les vaccins contre la COVID-19.

10. Qu’arrive-t-il si le virus mute?

Des mutations trop rapides peuvent faire en sorte qu'un vaccin ne soit plus efficace. Mais pour l’instant, très peu de mutations ont été observées pour le SRAS-CoV-2.

En fait, selon Nexstrain, un projet de données ouvertes qui vise à suivre les grandes épidémies à travers le monde, les mutations de ce virus sont relativement lentes. Le SRAS-CoV-2 semble avoir un taux de mutation deux fois plus lent que l’influenza.

Le rythme lent de mutation du SRAS-CoV-2 serait donc une bonne nouvelle pour l’efficacité du vaccin qui sera donné aux Canadiens.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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