•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La fermeture définitive de Tchernobyl, c’était il y a 20 ans

Un homme en blouse blanche tourne une clé sur un moniteur de la centrale de Tchernobyl.

Le dernier réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl est arrêté le 15 décembre 2000

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Tchernobyl : le pire accident nucléaire civil de l'histoire. Nos archives nous montrent différentes facettes de cette catastrophe qui a mis bien du temps à être colmatée.

Un grave accident s'est produit dans une centrale nucléaire soviétique. L'explosion qui a fait des victimes s'est produite à la centrale électronucléaire de la région de Kiev en Ukraine, une zone très peuplée.

L’animateur Gaétan Lemay

C’est ainsi que s’ouvre le bulletin de nouvelles Ce soir du 28 avril 1986. La catastrophe, dont on ne connaît pas encore l’ampleur, a eu lieu deux jours auparavant, soit durant la nuit du 26 avril.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Ce soir, 28 avril 1986

La nouvelle est d'autant plus exceptionnelle, et sans doute d'une certaine gravité, qu’elle a été annoncée par l’agence Tass et reprise immédiatement dans le journal télévisé, souligne le journaliste Pierre Lesourd, de Moscou.

Les autorités soviétiques ne sont pas reconnues pour leur transparence et évoquent en général avec beaucoup de réticence et de retard les incidents qui les touchent.

On comprendra plus tard que cet événement constitue une première mise en application de la politique de glasnost du président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev.

La nouvelle est annoncée par Moscou après que la Finlande, la Norvège, le Danemark et la Suède eurent signalé des taux anormalement élevés de radioactivité sur leur territoire.

Rapidement, les pays scandinaves réalisent toutefois que les traces de radioactivité ont été transportées par des vents provenant du continent soviétique.

Des victimes sont présentement soignées, mentionne le communiqué signé par le Conseil des ministres de l’URSS, ce qui pourrait impliquer qu’on ne compte que des blessés.

La catastrophe de Tchernobyl engendrera en fait des milliers de morts et des centaines de milliers de victimes collatérales.

La pollution radioactive contamine près des trois quarts de l’Europe et plus particulièrement la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie.

La fermeture de Tchernobyl

Il faudra du recul pour bien comprendre dans son ensemble la tragédie qui suit l’explosion du réacteur no 4 à la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Découverte, 24 mars 1996

Dix ans après l’accident, l’équipe de Découverte diffuse cet imposant reportage à son émission du 24 mars 1996.

Le journaliste Jean-Pierre Rogel et le réalisateur Pascal Gélinas se sont rendus en Ukraine et ont visité les régions touchées par la radioactivité.

Ils reviennent en images sur le fil des événements et recueillent des témoignages de médecins, de chercheurs et de gens qui vivent avec les conséquences de cette catastrophe.

Comme le montre le reportage de Découverte, le complexe nucléaire de Tchernobyl continue d’accueillir des travailleurs, non loin du réacteur no 4 couvert d’un sarcophage.

La ville voisine de Pripyat n’a toutefois jamais repris ses activités.

C'est un site unique au monde, une ville entière désertée, sans aucun habitant, décrit le journaliste Jean-Pierre Rogel.

Les 48 000 évacués ont été dispersés dans les villes avoisinantes où on les suit lors de leur prise de sang annuelle obligatoire dans une petite clinique.

Nous sommes dix ans après l'accident et nous ne pouvons toujours pas définir précisément l'état immunitaire des malades, explique le médecin soignant de la ville d'Ivankiv, dénonçant du même coup le manque d’équipement médical spécialisé.

Extrêmement rares, les cancers de la thyroïde y sont courants. On observe l’apparition de cataractes chez les adolescents et le taux d’infertilité des couples est quatre fois supérieur à la moyenne dans les pays occidentaux.

Il n'y a pas d'individus sains dans ces régions, affirme le Dr Anatoli Matiko, qui gère l’évaluation nationale des diagnostics.

L’équipe de Découverte rencontre aussi un ingénieur qui a travaillé comme liquidateur sur le site de la centrale. Plusieurs de ses collègues sont morts. Les autres observent un vieillissement accéléré de leur organisme.

Le constat est accablant et s’explique en partie par le manque de ressources consenties aux victimes de Tchernobyl.

On ne peut jamais effacer la dose de radiation reçue par un individu, mais on peut compenser ses effets néfastes par une meilleure qualité de vie, par des soins appropriés comme on l'a fait pour les victimes d’Hiroshima et Nagasaki.

Dr Ylya Likhtariev, de l’Institut de médecine radiologique

Le reportage de Découverte traite aussi de l’impact social et psychologique de la catastrophe qu’étudie l’Institut de sociologie d’Ukraine.

80 % à 90 % des évacués considèrent qu’eux et leurs enfants sont marqués pour toujours et n’ont plus de perspective de vie future, explique le journaliste Jean-Pierre Rogel.

Financés par l’UNESCO, des centres communautaires tentent d’offrir des activités aux plus jeunes pour les aider à gérer leur traumatisme et leur anxiété qui se transposent jusque dans leurs dessins.

Tchernobyl a démontré l'urgence de passer à de nouvelles formes d'énergie, affirme le sociologue Youri Sayenko.

Tous les regards sont toutefois tournés vers la fermeture imminente de la centrale de Tchernobyl plutôt que sur ses victimes.

Cette catastrophe concerne tout le monde et nous devons l’étudier en profondeur pour tirer des leçons pour l'humanité, soutient en conclusion le Dr Anatoli Matiko.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le Téléjournal/Le Point, 15 décembre 2000

Un tour de clé. Ainsi prend fin la saga du pire accident nucléaire de l'histoire.

Le journaliste Michel Cormier

C’est finalement près de quinze ans après la catastrophe que la centrale de Tchernobyl est complètement fermée.

Le 15 décembre 2000, le dernier réacteur de la centrale est arrêté, comme le montre le reportage du correspondant Michel Cormier au Téléjournal.

Encore aujourd'hui, le souvenir de Tchernobyl demeure doublement symbolique pour les Russes, souligne le correspondant à Moscou.

C’était évidemment un échec spectaculaire de leur savoir-faire, mais aussi le début de la fin pour le régime soviétique.

Son reportage donne la parole aux liquidateurs, dont le sacrifice est peu à peu oublié et qui voient, d’année en année, leur pension de l’État diminuer.

La deuxième vie de Tchernobyl

Ces dernières années, Tchernobyl est revenu dans l’actualité avec la construction d’un nouveau sarcophage financé par la communauté internationale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

L’arche de Tchernobyl a d’ailleurs fait l’objet d’un court reportage à l’émission Découverte du 17 avril 2016, au moment du 30e anniversaire de l’accident.

Un autre phénomène est aussi observé aux abords de l’ancienne centrale nucléaire : un afflux de visiteurs.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal, 24 avril 2011

C'est un voyage organisé, mais celui-ci n'est pas banal ni ringard, car la destination fait froid dans le dos.

Le journaliste Jean-François Bélanger

Pour le Téléjournal du 24 avril 2011, le correspondant Jean-François Bélanger suit un groupe de touristes sur le site de Tchernobyl.

L’espace de quelques heures, ils parcourent la ville fantôme de Pripyat qui garde des traces de son évacuation précipitée et posent même le pied à quelques mètres de la centrale de Tchernobyl.

Le ministère ukrainien des Mesures d'urgence affirme que les visites sont sécuritaires à condition d'être accompagnées par un guide qui connaît les zones moins irradiées.

Les visiteurs doivent ainsi débourser plus de 150 $ pour accéder au site contaminé.

C’est une chance de voir et d'apprendre ce qui s’est vraiment passé ici, exprime un touriste de Calgary.

Plus récemment, le succès de la minisérie Tchernobyl (Chernobyl) diffusée sur la chaîne HBO a contribué à accroître le tourisme lié à cette catastrophe nucléaire.

Une nouvelle génération de touristes afflue vers le site de Tchernobyl, mais aussi en Lituanie, où a été tournée la série.

Tous repartent soulagés de ne pas avoir été contaminés, mais pas nécessairement rassurés des risques du nucléaire, conclut Jean-François Bélanger dans son reportage.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.