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La COVID au quotidien : incursion aux soins intensifs de l'Enfant-Jésus

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Des infirmières des soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus nous ont ouvert les portes de leur département.

Notre reportage sur des infirmières des soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus qui nous ont ouvert les portes de leur département.

Photo : Radio-Canada

Guylaine Bussière

Des infirmières aux soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus s'inquiètent de voir des citoyens banaliser la COVID-19 et espèrent que les règles sanitaires seront respectées par tous dans le temps des Fêtes. Trois d'entre elles nous ont ouvert les portes de leur département. Leur objectif : montrer leur quotidien en zone rouge. En date du 14 décembre, 144 personnes sont mortes de la COVID-19 depuis le printemps dans cet hôpital.

Cathy Deschênes, Jennifer Boissonnault et Lindsay Vongsawath-Chouinard n'ont pas hésité à porter une petite caméra pendant plusieurs quarts de travail afin de partager leur réalité quotidienne. Elles ont filmé leurs collègues, leurs patients. Pour ces professionnelles de la santé, l'expérience est l'occasion d'expliquer comment leurs méthodes de travail se sont complexifiées depuis le début de la pandémie.

Ces trois soignantes voulaient surtout montrer le pénible chemin que parcourent les patients dont l'état de santé se dégrade parfois très rapidement. Des patients qui demandent plus de personnel à leur chevet et plus de temps de soins qu'avant.

Lindsay Vongsawath-Chouinard, Jennifer Boissonnault et Cathy Deschênes sont infirmières à l'unité des soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

Lindsay Vongsawath-Chouinard, Jennifer Boissonnault et Cathy Deschênes sont infirmières à l'unité des soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

Photo : Radio-Canada

Pour Cathy Deschênes, qui travaille aux soins intensifs de cet hôpital depuis 23 ans, l'objectif n'est pas de critiquer son métier.

Le but n'est pas de se plaindre puis de dire : ''Ah mon Dieu! Que c'est difficile!'' Oui, c'est difficile, mais on l'aime, notre métier.

Ces infirmières ont d'abord souhaité nous parler des mesures mises en place pour assurer leur sécurité dans ce lieu de travail, qui a pris des airs de sanctuaire depuis mars. Chaque zone est délimitée afin d'éviter toute contamination pendant leurs allées et venues dans les chambres des patients.

Au début de la crise de la COVID-19, elles admettent avoir eu peur pour leur sécurité. Avec son franc-parler, Jennifer Boissonnault raconte : Tout le monde s'est dit à un moment ou un autre : ''Qu'est-ce qu'on fait ici? Sommes-nous à la guerre? Qu'est-ce qui se passe, est-ce qu'on se sauve en courant?'' Non, on est là, faut combattre ça!

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Des employés masqués et gantés entrent dans l'unité COVID.

Au début de la crise de la COVID-19, les infirmières admettent avoir eu peur pour leur sécurité.

Photo : Radio-Canada

Malgré les contraintes liées à la COVID-19, chacune de ces infirmières nous a confié qu'elle ne changerait pas de métier. Leur objectif ultime demeure toujours de sauver des vies.

Jusqu'à maintenant, 610 patients malades de la COVID-19 ont été hospitalisés à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, dont 90 aux soins intensifs. C'est un patient sur sept qui s'est retrouvé entre les mains de leur équipe.

Les soignantes et leur équipe ont fort à faire pour sauver ces patients qui se retrouvent entre la vie et la mort et qui, dans certains cas, ont besoin de plus que d'un respirateur artificiel pour espérer s'en sortir. Souvent, il faut placer le malade en position ventrale, une manœuvre qui demande une équipe de sept personnes.

Voici comment se déroule cette manœuvre délicate.

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Des préposés masqués tournent un patient sur le ventre.

Souvent, il faut placer le malade en position ventrale, une manœuvre qui demande une équipe de sept personnes

Photo : Radio-Canada

Des équipes complètes sont mobilisées auprès d'un seul patient alors que les admissions continuent à augmenter et que les durées de séjour s'allongent. Les patients peuvent passer jusqu'à 40 jours hospitalisés aux soins intensifs. Devant cette situation, les équipes en place craignent de manquer de bras pour soigner tout le monde. Des patients dont la moyenne d'âge n'est pas si élevée qu'on ne le pense et qu'on a le devoir de soigner, estime Jennifer Boissonnault.

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La moyenne d'âge des patients COVID est moins élevée que nous pourrions le croire.

La moyenne d'âge des patients COVID est moins élevée que nous pourrions le croire.

Photo : Radio-Canada

Cent quarante-quatre personnes ont succombé à la COVID-19 à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus depuis mars.

L'absence des familles, tenues à l'écart en raison des dangers de contracter ce virus, a contribué à resserrer les liens entre les patients et les soignants. Ces derniers se confient sur la dure réalité de voir mourir ces patients auprès de qui ils ont pris le relais des familles.

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Une soignante se confie.

Les soignants doivent vivre la peine qu'engendre le décès de leurs patients

Photo : Radio-Canada

Heureusement, certains s'en sortent, un baume au cœur pour ces équipes dévouées. Chaque départ est souligné par un petit présent, des applaudissements, des remerciements. L'équipe a d'ailleurs célébré l'anniversaire de Daniel Bouchard, un Saguenéen, qui a quitté les soins intensifs le jour de ses 65 ans.

Son état avait forcé son transfert aux soins intensifs de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

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Des employés de l'hôpital applaudissent Daniel Bouchard alors qu'il obtient son congé de l'hôpital.

Daniel Bouchard, un Saguenéen, a quitté les soins intensifs le jour de ses 65 ans.

Photo : Radio-Canada

Évidemment, elles s'inquiètent de voir certains citoyens banaliser la maladie. Ces infirmières et leur équipe espèrent que les Québécois vont respecter les règles sanitaires et fêter Noël sans se rassembler.

Cathy Deschênes nous raconte qu'elle va travailler le jour de Noël et qu'après son quart de travail, elle contactera sa famille au téléphone pour prendre des nouvelles. Elle aura alors une pensée pour ses patients qu'elle laissera derrière elle ce soir-là.

Leurs familles attendront impatiemment des nouvelles qui ne seront peut-être pas idéales. Au mieux, une communication Zoom leur permettra de voir leur proche branché sous respirateur.

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