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Sanofi et GSK prennent du retard dans la course au vaccin anti-COVID

Un employé tient une fiole sur une chaîne de production dans l'usine.

Usine de la multinationale pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK), où sera fabriqué l'adjuvant pour les vaccins COVID-19.

Photo : Getty Images / FRANCOIS LO PRESTI

Agence France-Presse

C'est un revers au moment où d'autres démarrent les campagnes de vaccination : les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé vendredi que leur vaccin anti-COVID ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu'attendu dans les premiers essais cliniques.

La conduite du programme est retardée afin d'améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées, indiquent les groupes dans un communiqué. Ils tablent désormais sur une mise à disposition du vaccin au quatrième trimestre l'an prochain, alors qu'ils visaient initialement une demande d'homologation au premier semestre de 2021.

Sanofi, qui développe ce vaccin conjointement avec GSK, qui lui fournit son adjuvant, comptait récemment encore démarrer fin décembre la toute dernière phase d'essais sur l'homme avant l'homologation des autorités (phase 3).

Avec ce calendrier, le géant pharmaceutique français, l'un des principaux producteurs de vaccins du monde, espérait produire un milliard de doses en 2021. Un objectif qui ne pourra plus être atteint.

Les résultats intermédiaires des premiers essais sur l'homme lancés en septembre (phase 1/2) ont montré une réponse inférieure aux attentes. Si la réponse immunitaire des adultes de 18 à 49 ans est comparable à celle des patients qui se sont rétablis d'une infection COVID-19, cette réponse est à l'inverse insuffisante chez les adultes plus âgés, précise le communiqué.

Un flacon portant l'inscription «Vaccin COVID-19» et une seringue à côté du logo Sanofi.

Un flacon portant l'inscription « Vaccin COVID-19 » et une seringue à côté du logo Sanofi.

Photo : Getty Images / JOEL SAGET

Les laboratoires veulent donc affiner la concentration d'antigènes de manière à obtenir une réponse immunitaire élevée dans toutes les tranches d'âge, détaillent-ils.

La formulation du produit n'est pas satisfaisante. Il est important de l'optimiser, cela peut prendre un peu plus de temps, a expliqué à l'AFP Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi, reconnaissant une déception.

Pour cela, les laboratoires conduiront une phase d'essai complémentaire à partir de février en s'appuyant sur un test récemment mené sur des primates non humains avec une formulation d'antigènes améliorée.

Celui-ci a montré que le candidat-vaccin pourrait conférer une protection contre les pathologies pulmonaires et entraîner l'élimination rapide du virus dans les voies nasales et les poumons en l'espace de 2 à 4 jours, souligne le communiqué.

Lorsqu'on injecte une forte quantité de virus à des animaux qui ont reçu le vaccin, on a d'excellents résultats, c'est ce qui nous donne confiance, relève Thomas Triomphe.

AstraZeneca et la Russie veulent combiner leurs vaccins

Le laboratoire AstraZeneca et la Russie ont annoncé vendredi des essais cliniques communs combinant leurs deux vaccins contre le nouveau coronavirus.

Nous annonçons un programme d'essais cliniques pour évaluer la sécurité et l'immunogénicité de la combinaison d'AZD1222, développé par AstraZeneca et l'Université d'Oxford, et Spoutnik V, développé par l'institut de recherches Gamaleïa, a indiqué la branche d'AstraZeneca en Russie dans un communiqué, précisant que les essais seraient pratiqués sur des personnes âgées de 18 ans ou plus.

Traditionnellement, développer un nouveau vaccin prend du temps et de l'argent : selon les spécialistes du secteur, il faut en effet compter environ 1 milliard d'euros et 10 ans en moyenne.

Pour la COVID, la recherche, dopée par des financements exceptionnels et des partenariats public-privés, a toutefois pulvérisé les échéances habituelles.

Ainsi, 11 vaccins sont déjà passés en dernière phase d'essais cliniques.

Parmi eux, plusieurs ont déjà publié des résultats d'efficacité, dont l'américain Pfizer, qui travaille en collaboration avec la biotech allemande BioNTech. Le Royaume-Uni a déjà donné son feu vert à leur vaccin et amorcé une campagne de vaccination mardi.

Celui de la biotech américaine Moderna pourrait de son côté être autorisé dès la semaine prochaine aux États-Unis.

Sanofi et GSK arriveront-ils donc trop tard?

Ce sont de trois à quatre mois de retard, mais avec au bout du compte plus d'informations sur une meilleure formulation, assure M. Triomphe. Il reviendra à nos partenaires de décider s'ils veulent commander des doses.

Sanofi et GSK avaient en effet passé plusieurs contrats de livraison, dont l'un avec l'Union européenne qui lui a réservé 300 millions de doses de vaccins pour 2021.

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