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Des restaurateurs de Mont-Tremblant en plein paradoxe

Le copropriétaire de la Pizzateria de Mont-Tremblant, Jim McLeod, est également représentant des commerçants au conseil d’administration de l’Association de villégiature Tremblant.

Le copropriétaire de la Pizzateria de Mont-Tremblant, Jim McLeod, est également représentant des commerçants au conseil d’administration de l’Association de villégiature Tremblant.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Beaucoup d'encre a coulé sur l'afflux de résidents de zones rouges à Saint-Sauveur, ce village à 45 minutes de Montréal dans la région « orange » des Laurentides. Un peu plus au nord, Mont-Tremblant sert aussi de soupape à de nombreux Québécois qui veulent y profiter du plein air et, parfois, de ses commerces.

C'est notre première sortie, woah, s’est exclamée une dame d’une zone rouge qui se baladait paisiblement avec son conjoint dans le village touristique du Mont-Tremblant lorsque nous l'avons interpellée.

Jusqu’ici, tout va bien en effet. Les déplacements interzones ne sont pas interdits, simplement non recommandés. Mais ils ne cachent pas leur stupéfaction quand ils ont appris que leur déjeuner dans la région et le souper prévu en soirée étaient passibles d’une amende de 1500 à 6000 $ en vertu des règlements actuels.

Je savais pas qu'il y avait une amende, par exemple, admet l’homme.

À priori, ils n'avaient rien à craindre, puisque les policiers ne se promènent pas dans les restaurants en identifiant les gens aux dires du directeur des communications de la municipalité, Maxime Dorais. L’axe est de miser sur leur collaboration, dit-il, tout en précisant que des agents interviennent à l’occasion à la suite de dénonciations et qu’ils sont en attente des directives pour la mise en application du resserrementannoncé par le gouvernement mercredi.

Bien que toutes les précautions nécessaires soient prises, les résidents de zones rouges ne peuvent fréquenter les bars et restaurants en zones orange.

Et pourtant, les week-ends seraient pour le moins achalandés dans la municipalité. La fin de semaine, c'est rock'n'roll, affirme le copropriétaire de la Pizzateria, Jim McLeod. Il y a du monde!

Selon lui, la grande majorité des visiteurs à Mont-Tremblant respectent les règles sanitaires. Nombre d’entre eux, et nous en avons été témoins, proviennent d’ailleurs de l’Ontario. Le ministère de la Sécurité publique nous a mentionné par courriel que, à première vue, il n’y aurait pas d’infraction si un Ontarien bénéficiait de services de restauration en raison du libellé des arrêtés et décrets ministériels qui se limitent aux régions sociosanitaires du Québec.

M. McLeod souligne que les zones imposent un petit casse-tête, car plusieurs résidents en zones rouges sont propriétaires de résidences secondaires dans le secteur et, parmi eux, certains y vivent depuis plusieurs semaines en raison du télétravail.

Quelqu'un qui est propriétaire d'un condo ici, difficile de dire : tu ne peux pas venir ici. On ne peut pas jouer à la police.

Jim McLeod, copropriétaire, Pizzateria

Pénurie de main-d’œuvre

Ce qui préoccupe davantage Jim McLeod, ces jours-ci, est le manque de main-d'œuvre. Il lui faudrait de 15 à 20 paires de bras de plus au sein de son établissement, malgré la diminution du nombre de tables pour respecter la distanciation physique.

C'est un méchant paradoxe, se dit-il quand il songe aux travailleurs de l'industrie en zones rouges qui se retrouvent sans emploi depuis des semaines.

Le coût de la vie dans la région en repousserait beaucoup. C'est un problème de longue date pour de nombreux commerçants.

La pénurie de main-d'œuvre ne touche toutefois pas l’ensemble des restaurateurs. Le directeur général du Casey’s Bar & Grill, Tyler Cook, indique qu’il peut compter sur une équipe stable et que l'élimination de tables pour respecter la distanciation physique lui évite de vivre cet enjeu.

Avec le nombre maximum qu'on est capable d'avoir dans notre établissement, on n'a pas de problèmes de main-d'œuvre.

Tyler Cook, directeur général, Casey’s Bar & Grill

La période des Fêtes pourrait changer la donne. Daniel Blier, directeur général de Tourisme Mont-Tremblant, explique que la rareté de main-d'œuvre s'est atténuée [avec le traditionnel creux touristique], mais va reprendre de plus belle dans quelques jours, quelques semaines.

M. Blier reconnaît une certaine inquiétude chez les citoyens et commerçants face à une recrudescence importante des visiteurs dans les prochaines semaines. En revanche, il en va de la survie des entreprises et espère que tout le monde soit responsable.

Daniel Blier, directeur général de Tourisme Mont-Tremblant

Daniel Blier, directeur général de Tourisme Mont-Tremblant

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

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