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Un Noël triste pour le tourisme à Whistler

Les stations de sports d'hiver comme Whistler vivront une période des Fêtes difficile.

Une dizaine de skieurs attendent en file devant le remonte-pente qui les amènera au sommet d'une montagne enneigée.

Le nombre de skieurs et de touristes est en baisse à Whistler cette année.

Photo : Radio-Canada / Nantou Soumahoro

Si l’industrie du tourisme vit des temps difficiles partout au pays en raison de la fermeture des frontières et des restrictions sanitaires, les stations de sports d’hiver seront particulièrement touchées, alors qu'elles comptent normalement sur un afflux de visiteurs pendant les Fêtes.

À Whistler, en Colombie-Britannique, la montagne est ouverte depuis le 26 novembre, mais au cœur du village, les rues piétonnes sont peu animées.

Normalement, notre taux d'occupation est trois fois plus élevé à ce temps-ci de l'année, dit le directeur général de l’hôtel Blackcomb Springs Suites, Pablo Contreras.

Depuis la mi-novembre, les autorités sanitaires découragent tout voyage non essentiel dans la province. L’avis, qui n’est pas contraignant, a été prolongé jusqu’au 8 janvier.

Je dirais que la plupart des gens respectent ce que recommande la santé publique provinciale, constate M. + Contreras, qui s’en félicite. Mais au bout du compte, venir ici ou pas relève de la décision des clients.

Une période lucrative

Les congés des Fêtes sont la période la plus lucrative pour bien des entreprises de Whistler, et les hôtels affichent souvent complet des semaines à l’avance. Pas cette année.

Au Blackcomb Springs Suites, environ 30 % des chambres sont réservées pour les nuits qui précèdent et suivent Noël, affirme Pablo Contreras.

Ce qui fait mal, c’est surtout l’absence de visiteurs étrangers, en raison de la fermeture des frontières. C’est notre pain et notre beurre à ce temps-ci de l’année, dit l’hôtelier.

Deux tiers de touristes étrangers

Selon Tourisme Whistler, les deux tiers des touristes d’hiver viennent habituellement de l’étranger, la moitié d’entre eux venant des États-Unis, et ils dépensent beaucoup plus en moyenne que les touristes canadiens.

Cette baisse d’achalandage touche de nombreux employés de l’hôtellerie et de la restauration, comme Julia de Freitas, qui a un emploi sur appel au resto-bar du Hilton.

Je n’ai pas retravaillé depuis le début du mois d’octobre, se désole-t-elle.

L’établissement a fermé une première fois en mars, lors de la première vague de la pandémie de COVID-19, puis a rouvert en juin.

Une personne se tient debout devant des affiches qui indiquent que le port du masque et la distance sociale sont obligatoires.

Le masque et la distanciation sont obligatoires à Whistler-Blackcomb.

Photo : Radio-Canada / Félix Levert

Julia n’a aucune idée de ce que les prochains mois lui réservent, mais elle garde toujours le mince espoir d’obtenir un peu de travail pendant les Fêtes.

Pour nous, c’est sûr que c’est un peu embêtant, parce que si tout le monde respecte les recommandations, on ne devrait avoir personne ici, dit-elle. Mais en même temps, pour faire rouler les business, on a besoin des clients.

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Un skieur marche avec ses skis sur les épaules près d'une remontée mécanique.

Un paradoxe qui crée des débats dans le milieu du tourisme, indique Julia. En même temps, on veut que le monde reste chez eux, pour que tout ça finisse au plus vite.

Des clients du Québec?

Emma Tremblay, réceptionniste à l’hôtel Blackcomb Lodge, situé au cœur du village de Whistler, dit qu'elle reçoit des appels de clients du Québec et de l’Ontario.

Elle leur mentionne toujours que la santé publique est opposée aux voyages non essentiels jusqu’au début du mois de janvier.

On ne peut pas les obliger à ne pas venir non plus, ajoute-t-elle cependant. On ne refuse personne.

La Municipalité de Whistler, de son côté, demande formellement aux touristes de ne pas faire le déplacement et de suivre les recommandations de la médecin-hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry.

Des gens marchent devant des commerces et des hôtels.

Les rues piétonnes de Whistler sont moins animées qu'à l'habitude, cette année.

Photo : Radio-Canada

Les aides gouvernementales, une bouffée d’oxygène

Le programme d’assurance emploi qui a remplacé la Prestation canadienne d’urgence aide de nombreux travailleurs de l’industrie du tourisme.

Ça me permet de payer l’essentiel, comme mon loyer et l’épicerie, dit Julia de Freitas.

La subvention salariale d’urgence, qui permet de couvrir jusqu’à 75 % des salaires des entreprises touchées par la pandémie, constitue aussi une bouffée d’oxygène pour les commerces.

C’est ce qui a permis qu’on reste ouverts, déclare le propriétaire du Bistro Bearfoot, André St-Jacques.

Et qui va permettre à d’autres entreprises de simplement passer au travers de l’hiver.

On ne serait peut-être même pas en train de se parler si ce n'était du soutien gouvernemental, soutient pour sa part Pablo Contreras, de l’hôtel Blackcomb Springs Suites.

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