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Analyse

Vaut-il la peine de mettre l’économie en pause de nouveau?

Un magasin où l'on voit des affiches demandant aux clients de garder leurs distances.

Il n'y avait que cinq éclosions actives de COVID-19 dans les magasins de chaussures et de vêtements à la fin de novembre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement du Québec a déjà fait ce qu’il fallait pour réduire les contacts : il a fermé les lieux de socialisation et il a demandé aux ménages de ne pas se visiter. De plus, l’école s’arrête le 17 décembre et ne reprend qu’après le 4 janvier. Serait-il maintenant utile de fermer davantage l’économie?

Selon les données du gouvernement, le tiers des éclosions actives sont dans les écoles et les garderies. On peut facilement imaginer que ces éclosions pourraient être grandement réduites durant le temps des fêtes, au moment où les activités seront à l’arrêt.

Environ 25 % des éclosions au Québec sont dans les lieux de vie et de soins. Un autre tiers des éclosions actives, et même un peu plus, soit 38 %, est en milieu de travail. Cela représente 489 éclosions actives. De ce nombre, combien relèvent du commerce de détail?

Prenons les statistiques de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui nous permettent d’avoir des données précises sur les différents milieux de travail. Il faut reculer de quelques jours, toutefois. Ainsi, on doit prendre les chiffres du 22 au 28 novembre 2020. À ce moment-là, on dénombrait 429 éclosions actives dans les milieux de travail, selon l’INSPQ.

Sur ces 429 éclosions, il y en a 83 dans le commerce de détail. C’est 19,3 % des éclosions en milieu de travail et 7,4 % des éclosions actives totales au Québec. Le commerce de détail représente 12 % des cas confirmés de COVID-19 chez les travailleurs.

En comparaison, les industries manufacturières représentent 33,6 % des éclosions actives et 46,1 % des cas confirmés de travailleurs. C'est une forte contamination, surtout dans les abattoirs, depuis le début de la crise.

Sur les 83 éclosions du commerce de détail, on en relève 5 dans les boutiques de chaussures et de vêtements et 2 dans les magasins de meubles. Autrement dit, les boutiques de meubles, de chaussures et de vêtements représentent moins de 0,5 % des éclosions actives de COVID-19 au Québec en ce moment.

Une décision difficile à prendre

Au regard de ces données, on peut imaginer que la santé publique puisse considérer que les risques sont faibles dans ces secteurs. On peut aussi imaginer que la santé publique redoute qu’il puisse y avoir un risque plus élevé avec le magasinage des fêtes et les soldes d’après Noël qui se déclenchent avec le traditionnel Boxing Day du 26 décembre.

Tout est sur la table, a fait savoir François Legault, qui devra trancher sur la suite des choses. C’est une décision difficile à prendre, une fois de plus, alors que les grands détaillants expriment bruyamment leur opposition à une nouvelle fermeture.

Cette opposition s’accompagne de colère chez les restaurateurs, qui ont appris mercredi que le directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda, n’avait pas recommandé au début de l’automne la fermeture des musées, des cinémas, des salles à manger des restaurants et des bars en zone rouge. C’est François Legault qui en a pris la décision.

Aujourd’hui, le gouvernement explore la possibilité de fermer d’autres activités économiques. Et de nombreux détaillants montent au front pour dire qu’ils ne méritent pas de devoir fermer leurs portes. Sur plus de 1200 éclosions actives au Québec, il y en a 2 dans les magasins de meubles, 5 dans les magasins de chaussures et de vêtements, environ 25 parmi d’autres types de détaillants, et une trentaine dans les épiceries et les pharmacies, qui sont des services essentiels.

La santé publique et le gouvernement du Québec se posent la question fondamentale suivante, tous les jours : le système de santé est-il capable de soutenir le niveau d’infection actuel? Et si on craint que le système en vienne à craquer, qu’est-ce qu’on fait?

On déleste dans les hôpitaux. C’est ce que fait le gouvernement. Et on tente de réduire les contacts sociaux. C’est ce que fait aussi le gouvernement. Est-ce que fermer les commerces aura l’effet espéré, compte tenu des chiffres présentés ci-dessus? Est-il nécessaire de fermer ces commerces, alors que les écoles et les garderies, qui représentent 34 % des éclosions actives, vont fermer leurs portes durant un peu plus de deux semaines?

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