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Un infirmier de Gatineau implore la population de ne pas se rassembler pendant les Fêtes

« On fait un marathon, et on est au 30e kilomètre. C’est comme si on risquait de nous mettre un sac à dos de 50 livres sur le dos en plus. »

Un infirmier vêtu d'équipement de protection individuelle regardant la caméra.

Patrick Farrell, infirmier au centre désigné COVID-19, craint des rassemblements à l'approche des Fêtes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Patrick Farrell est infirmier au centre désigné COVID-19, au coeur de la lutte contre le virus en Outaouais. Craintif à l’approche des Fêtes, il demande à la population de respecter la consigne interdisant les rassemblements dans les zones rouges, comme les secteurs de Gatineau et des Collines-de-l'Outaouais.

« Il ne faut pas oublier qu'à l'hôpital, les autres problèmes de santé n'ont pas disparu. [...] La COVID ferme des lits et réduit l'accès pour les autres pathologies », explique l’infirmier qui compte environ 25 ans d'expérience au sein du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

«  Si possible, évitez les hospitalisations inutiles [causées] par des rencontres qui pourraient être remises à plus tard, quand la COVID sera terminée.  »

— Une citation de  Patrick Farrell, infirmier au centre désigné COVID-19 du CISSS de l'Outaouais

Ses collègues et lui craignent des rassemblements de personnes n’en pouvant plus d’être séparées. On voit ce qui s’est produit avec l’Action de grâce aux États-Unis, on pourrait subir le même type de hausse ici.

Un infirmier vêtu d'équipement de protection individuelle dans un couloir d'hôpital.

Patrick Farrel est infirmier au centre désigné COVID-19 du CISSS de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Après avoir lui-même contracté le virus, Patrick Farrell a dû être hospitalisé pendant une semaine. Il estime que la deuxième vague est beaucoup plus épuisante pour lui et ses collègues. C’est difficile pour les équipes de perdre des collègues et de devoir prendre les bouchées doubles parce qu’on est incapable de les remplacer, signale l’infirmier.

«  On fait un marathon, et on est au 30e km. C’est comme si on risquait de nous mettre un sac à dos de 50 livres sur le dos en plus.  »

— Une citation de  Patrick Farrell, infirmier au centre désigné COVID-19 du CISSS de l'Outaouais

Deux unités, plusieurs problèmes de santé

Patrick Farrell travaille dans l’unité COVID-19 surnommée le 6e ouest située au sixième étage et qui dispose de 24 lits. Entre 10 et 20 patients s’y trouvent généralement. Cet espace était dédié aux soins gériatriques avant le début de la pandémie.

Le 6e ouest accueille en général des patients hospitalisés pour d’autres problèmes de santé qui sont également porteurs du virus. On a des patients qui ont le cancer, qui doivent subir une chirurgie, qui ont des problèmes de santé mentale, soutient le professionnel de la santé. Malheureusement, ils ont en commun la COVID-19.

L’autre unité, le 3e ouest, accueille les cas les plus graves de la maladie avec une quinzaine de places et quatre autres lits dédiés aux soins intensifs.

Un infirmier vêtu d'équipement de protection individuelle devant une étagère de classeurs.

Après avoir lui-même contracté le virus, Patrick Farrell a dû être hospitalisé pendant une semaine.

Photo : Radio-Canada

Dire au revoir à travers un écran

Il raconte avoir assisté à des moments très difficiles, où des familles doivent dire au revoir à leurs proches par visioconférence.

«  Dans ma formation d'infirmier, rien ne m'avait préparé à cela. C’est vraiment la partie la plus difficile [de mon travail].  »

— Une citation de  Patrick Farrell, infirmier au centre désigné COVID-19 du CISSS de l'Outaouais

On a fait beaucoup de zoom avec des patients en fin de vie et leur famille où ils doivent dire comment ils aiment leurs proches. De faire ça par vidéo, et nous on est là, derrière, à tenir une caméra, et on entend ça, confie-t-il. Ce n’est pas humain, mais c’est la situation qui fait en sorte qu’on doit procéder de cette façon-là.

Son souhait pour 2021? Que les gens se fassent vacciner.

Avec les informations de Mathieu Nadon

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