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Le plan fédéral postpandémie est imprécis, juge le directeur parlementaire du budget

Les libéraux pourraient rater leurs cibles de relance économique avec leur plan de dépenses actuel, estime Yves Giroux.

Yves Giroux tient des documents.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, prédit que chacun de ces indicateurs retrouvera ses niveaux d'antan d'ici 18 mois.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, déplore le manque de précisions du gouvernement libéral dans son plan de relance économique de 100 milliards de dollars à la sortie de la pandémie.

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a présenté le mois dernier ce que les libéraux ont décrit comme un plan pour aider le pays à se relever de la pandémie, en ouvrant les vannes des dépenses au cours des trois prochaines années afin de construire une économie plus verte et plus inclusive.

Yves Giroux, se dit toutefois préoccupé par le manque de détails de ce plan. Pour un montant de cette ampleur sur trois ans, je n'ai jamais vu cela, a-t-il admis aux journalistes jeudi matin.

Et je suis surpris [...] parce que ça expose le gouvernement et la ministre des Finances à un lobbying important. Le téléphone de la ministre ne doit pas dérougir.

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Le gouvernement a déjà expliqué qu'il ne pouvait pas fournir plus de détails maintenant, car l'argent ne commencera à être déployé qu'après qu'on aura maîtrisé la pandémie et observé que l'économie est prête pour de nouveaux investissements afin de stimuler les emplois et la croissance.

Compte tenu de l'incertitude du virus et de l'éventuelle reprise économique, il est prématuré pour quiconque de prévoir exactement comment la reprise se déroulera, ou à quel moment ces dépenses devront être réduites, a indiqué dans un courriel la porte-parole de la ministre Freeland, Katherine Cuplinskas.

Pourtant, le directeur parlementaire du budget laisse entendre que, si le plan de dépenses des libéraux vise à aider l'économie à revenir aux niveaux précédant la pandémie, il risque de rater sa cible.

Le gouvernement a déclaré que le robinet resterait ouvert jusqu'à ce que plusieurs voyants liés au marché du travail soient au vert. Il s'agit de l'amélioration de l'emploi, du taux de chômage et du nombre total d'heures travaillées, bien que les libéraux n'aient pas révélé d'objectifs précis pour chacun de ces indicateurs.

M. Giroux prédit que chacun de ces indicateurs retrouvera ses niveaux d'antan d'ici 18 mois, ce qui suggérerait que l'ampleur et le calendrier des mesures de stimulation budgétaire planifiées pourraient être mal ajustés. En d'autres termes : ce serait trop, et trop tard, a-t-il dit. Il faudrait plutôt dépenser moins, mais plus rapidement.

Assise à un bureau la tête appuyée dans la paume de sa main, Chrystia Freeland écoute la question d'un journaliste.

La vice-première ministre du Canada et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a présenté le mois dernier ce que les libéraux ont décrit comme un plan pour aider le pays à se relever de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Il ajoute toutefois que si le but des dépenses est d'apporter des changements structurels à l'économie, c'est une autre histoire. Les libéraux ont indiqué qu'ils prévoyaient secouer certains secteurs de l'économie canadienne, en adoptant notamment des mesures pour aider à lutter contre le changement climatique, à relancer une industrie pharmaceutique et biomédicale, afin de fabriquer des vaccins et des médicaments, et à mettre en place un système national de garderies.

Le DPB a également soulevé des questions sur les plans à long terme des libéraux pour faire face au gel des cotisations d'assurance-emploi jusqu'à la fin de 2022 – un gel annoncé pendant la pandémie. Or, selon M. Giroux, ce gel laissera le gouvernement avec un déficit de 52 milliards de dollars dans le Compte des opérations de l'assurance-emploi d'ici la fin de 2024.

Le DPB s'inquiète aussi des projets visant à augmenter de plus de 50 % le montant que la ministre des Finances peut emprunter au nom du gouvernement, y compris pour les 100 milliards de dollars de dépenses de stimulation planifiées, mais non affectées et non déterminées.

Mme Freeland a défendu ce plan lors d'une réunion du Comité des finances des Communes, plus tôt cette semaine, le décrivant comme une mesure prudente afin de s'assurer que le gouvernement aura la flexibilité nécessaire pour répondre à la pandémie. Mais elle a ajouté que le gouvernement n'avait pas l'intention d'emprunter.

Le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, a répondu à Mme Freeland que si les libéraux n'avaient pas besoin de cet argent, il n'était pas nécessaire de rehausser la limite d'emprunt.

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