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Barrières au quai de Shippagan : mesure de sécurité ou atteinte à une tradition?

L'apparition de barrières automatiques au quai de Shippagan soulève un tollé dans la communauté.

Plusieurs bateaux s'éloignent du quai en pleine nuit.

Le départ a été donné à 0 h 01.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le pêcheur à la retraite Paul-André Roussel peine à imaginer qu'il ne puisse plus aller faire son tour au quai de Shippagan pendant la saison de la pêche.

Ça lui fend le cœur de songer à un tel scénario.

J'ai pêché pendant plus de 50 ans, dit-il. Aujourd'hui, à la retraite, je voudrais pouvoir aller voir mes confrères et discuter avec eux.

Paul-André Roussel, de LeGoulet, membre d'équipage d'un crabier dans les années '80.

Paul-André Roussel, de LeGoulet, membre d'équipage d'un crabier dans les années 80.

Photo : Gracieuseté

Les responsables de l'Administration portuaire de Shippagan ont fait installer des barrières automatiques à l'entrée du quai. Les lieux sont accessibles, mais le directeur général, Camille-André Mallet, a expliqué que l'accès sera restreint à nouveau durant les prochaines saisons de pêche.

Des barrières mécaniques ont été installées au quai de Shippagan

Des barrières mécaniques ont été installées au quai de Shippagan

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Paul-André Roussel indique qu'il comprend « jusqu'à un certain point » l'idée de restreindre l'accès pour des raisons de sécurité. Mais, il croit que les responsables devraient laisser un libre accès au quai en soirée pour les visiteurs.

Même nos petits-enfants ne pourraient plus aller voir les bateaux au quai. C'est vraiment désolant.

Paul-André Roussel, pêcheur à la retraite

Va n'importe où dans les places de pêcheurs, en Gaspésie ou au Nouveau-Brunswick, les quais sont les premiers lieux que les touristes vont visiter, ajoute-t-il.

Un tollé à Shippagan

L'apparition de barrières automatiques au quai soulève un tollé, dans les cafés comme sur les réseaux sociaux.

Certains ont comparé ces barrières à l'entrée d'un stationnement d'hôpital ou d'une base militaire. D'autres se demandent si de telles barrières vont aussi apparaître dans d'autres régions côtières acadiennes. Plusieurs interpellent le député fédéral libéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, en lui demandant d'intervenir.

Entre-temps, les responsables de l'Administration portuaire de Shippagan demeurent silencieux.

La sécurité avant tout

Le député Cormier fait savoir que la décision d'installer ces barrières automatiques a été prise par l'Administration portuaire de Shippagan et que c'est ce comité qui en a assumé les coûts.

Le député fédéral Serge Cormier

Serge Cormier, député libéral d'Acadie-Bathurst

Photo : Radio-Canada / Héloïse Bargain

Quand la COVID-19 nous a frappés, le ministère des Pêches et Océans a demandé aux administrations portuaires de limiter l'accès aux quais pour ne pas qu'il y ait trop d'achalandage et empêcher la propagation du virus, explique Serge Cormier. Quand les restrictions ont été un peu levées dans le milieu de l'été, l'accès à certains quais a toujours été autorisé dans d'autres régions. À Shippagan, ils ont décidé de fermer un peu l'accès au quai.

Des barrières mécaniques ont faire leur apparition au quai de Shippagan

Des barrières mécaniques ont faire leur apparition au quai de Shippagan

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Serge Cormier note qu'on ne trouve pas de telles barrières ailleurs qu'à Shippagan, par exemple à Caraquet, Lamèque ou Val-Comeau. Mais, il affirme qu'il comprend l'Administration portuaire de Shippagan de vouloir restreindre l'accès au quai, particulièrement pendant la saison de pêche au crabe ou au homard.

Il y a beaucoup d'achalandage sur les quais durant cette période et ça peut être dangereux, explique-t-il.

Une question d'équilibre

Le député Cormier mentionne à plusieurs reprises qu'il s'agit de trouver un équilibre entre la sécurité des lieux et la possibilité pour le public de se rendre sur le quai.

Je vais m'informer davantage pour voir s'il n'y a pas moyen de trouver un terrain d'entente, assure-t-il. Les quais dans la région ça fait partie de notre ADN, de notre culture.

Qui n'a pas déjà été prendre une drive au quai, pour manger une crème glacée ou pour pêcher?

Serge Cormier, député d'Acadie-Bathurst

Le député Cormier rappelle qu'il a passé sa jeunesse sur les quais à suivre son père, qui était pêcheur.

Les gens vont sur les quais pêcher, faire une marche. Il y a même des histoires d'amour qui ont commencé sur les quais.

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