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Biden recrute d'autres membres de l'administration Obama, dont Susan Rice

Susan Rice, souriante, s'adresse aux reporters.

Experte en politique étrangère, Susan Rice dirigera plutôt le Conseil de politique intérieure.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, a annoncé jeudi d'autres nominations, dont celles de l'ancienne conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, qui dirigera le Conseil de politique intérieure, et de Tom Vilsack, qui reprendra, après une interruption de quatre ans, son rôle de secrétaire à l'Agriculture.

La dernière ronde de nominations traduit à la fois l'engagement du prochain président à former une équipe gouvernementale à l'image de la population américaine et son désir de miser sur l'expérience et même la continuité.

Mme Rice, une Afro-Américaine qui était sur la liste des colistières possibles, sera chargée de superviser une grande partie du programme politique du 46e président américain. Le fait que Joe Biden l'ait recrutée parmi ses collaborateurs ne constitue pas une surprise, mais son expertise en politique étrangère laissait présager d'autres responsabilités.

L'ancienne ambassadrice des États-Unis à l'ONU, qui a ensuite été conseillère à la sécurité de la Maison-Blanche, deux mandats qu'elle a successivement exercés durant l'administration de l'ex-président Obama, était davantage perçue comme l'une des candidates en lice pour diriger la diplomatie américaine, un poste qui a été confié à Antony Blinken.

Le poste dont elle hérite ne nécessite cependant pas l'assentiment du Sénat, qui risque de rester sous le contrôle des républicains à l'issue des deux élections sénatoriales en Georgie, dont le deuxième tour se tiendra en janvier prochain.

L’ex-diplomate, dont la nomination déplaira assurément aux républicains, s’était retrouvée sur la sellette après avoir affirmé que l’attaque contre le consulat des États-Unis à Benghazi, en Libye, qui a tué quatre Américains en 2012, n'était pas forcément un attentat terroriste, mais résultait plutôt d'une manifestation spontanée ayant dégénéré, une déclaration erronée qui l’avait ensuite privée du poste de secrétaire d’État.

M. Vilsack, un ancien gouverneur de l'Iowa, reprendra pour sa part du service à la tête du département de l'Agriculture, qu'il a dirigé pendant les huit ans de mandat de Barack Obama.

Joe Biden a en outre nommé Denis McDonough, ex-chef de cabinet de l'ancien président démocrate, à la tête du département des Anciens Combattants et mis la représentante de l'Ohio Marcia Fudge, une Noire, aux commandes de celui du Logement et du Développement urbain.

Il a en outre fait de Katherine Tai, une avocate aux origines taïwanaises spécialisée dans les enjeux de libre-échange et de relations commerciales avec la Chine, sa représentante au Commerce.

Si Mme Tai, qui parle le mandarin, obtient l'aval du Sénat, elle deviendra la première Américaine d'origine asiatique et la première femme issue d'une minorité visible à assumer ce rôle.

Considérée comme une habile négociatrice, elle est, selon le site Politico, créditée par ses partisans des améliorations apportées à l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), entré en vigueur l'été dernier. Après la conclusion de l'entente entre les trois pays, les démocrates avaient réussi à négocier des outils d'application plus stricts pour les dispositions touchant le travail et l'environnement.

Dans le communiqué annonçant ces nominations, Joe Biden a estimé qu'il s'agissait là d'une équipe de professionnels aguerris qui contribueront à faire fonctionner le gouvernement pour tous les Américains, notamment en cette période de pandémie, grâce à leur compassion, leur intégrité et leur caractère, leur grande expertise et leur vision audacieuse.

Si le Sénat approuve leur nomination, plusieurs des membres de son Cabinet établiront des précédents. Xavier Becerra, nommé à la Santé et aux Services sociaux, et Alejando Mayorkas, à la Sécurité intérieure, seraient par exemple les premiers hispanophones à la tête de leurs départements respectifs, et le général à la retraite Lloyd Austin, nommé à la Défense, serait le premier Afro-Américain aux commandes du Pentagone.

Plusieurs femmes feraient aussi figure de pionnières : Janet Yellen, secrétaire au Trésor, et Avril Haines, directrice du Renseignement national, seraient les premières à occuper ces postes.

La vice-présidente désignée, Kamala Harris, qui n'a pour sa part pas besoin de l'appui des sénateurs pour entrer en poste, écrira l'histoire à plus d'un titre. Elle deviendra la première femme, la première Noire et la première personne d'origine asiatique à accéder à la vice-présidence.

« Un troisième mandat Obama »

Même avant l'annonce de ces nominations, des commentateurs évoquaient déjà un troisième mandat Obama tellement l'ex-vice-président puise dans le bassin formé de ses anciens collègues ceux qui composeront son propre Cabinet.

Par exemple, Antony Blinken, Alejandro Mayorkas et Avril Haines ont chacun été le numéro deux des départements ou de l'agence qu'ils sont respectivement appelés à diriger.

Le chef de Cabinet de Joe Biden, Ron Klain, a pour sa part coordonné la réponse de la Maison-Blanche à la crise Ebola en 2014, et John Kerry, nommé émissaire spécial du président sur le climat, a servi comme secrétaire d'État. Jen Psaki, qui sera la porte-parole de la Maison-Blanche dès le 20 janvier, a de son côté joué plusieurs rôles dans l'administration Obama, dont celui de directrice des communications de la Maison-Blanche. Ce ne sont là que quelques exemples.

Certains démocrates préféreraient que M. Biden élargisse ses horizons en s’entourant de gens porteurs de nouvelles idées choisis à l'extérieur des cercles de Washington.

Au-delà du fait qu'ils étaient membres de l'administration du dernier président démocrate, plusieurs des personnes que Joe Biden a réunies dans son Cabinet, dont Antony Blinken, John Kerry et Tom Vilsack, un ancien sénateur, ont par ailleurs des liens professionnels ou personnels avec lui, souvent de longue date.

Deux des membres qu'il a choisis dans son administration, la vice présidente désignée Kamala Harris et le général Austin, ont de leur côté collaboré étroitement avec son fils Beau, avocat puis procureur général, aujourd'hui décédé.

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