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Nos archives : gloire et disparition des Draveurs de Trois-Rivières

Un joueur porte Michel Bergeron, l'équipe et les partisans célèbrent.

Un joueur porte Michel Bergeron sur ses épaules après que l'équipe ait remporté la Coupe du président en 1978.

Photo : Radio-Canada

Dans un passé pas si lointain, Trois-Rivières a elle aussi eu son équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Pendant près de 20 ans, le colisée a été le domicile des Draveurs.

L’équipe voit le jour en 1969 sous le nom des Ducs de Trois-Rivières. Elle est, avec les Cataractes de Shawinigan, l’une des équipes fondatrices de la LHJMQ.

L’équipe est rebaptisée les Draveurs quatre ans plus tard, en 1973.

Durant leur relative courte existence, les Draveurs connaissent leur lot d'entraîneurs étoiles : Dany Dubé, devenu commentateur sportif bien connu ou encore Alain Vigneault, aujourd’hui à la tête des Flyers de Philadelphie.

Mais celui qui a certainement le plus marqué l’équipe, c'est Michel Bergeron.

Ça a été une grande aventure. Ça a été le début de ma vie, finalement, dans le hockey. Le hockey est devenu mon gagne-pain.

Une citation de :Michel Bergeron

À l'époque, Michel Bergeron est camionneur et entraîneur reconnu dans la Ligue junior du Québec. Des recruteurs de la LHJMQ font souvent appel à lui pour repêcher les meilleurs jeunes talents.

En 1974, c’est à lui qu’on s’intéresse. Les Draveurs lui offrent de devenir l’entraîneur de l’équipe. Michel Bergeron signe un contrat de deux ans, mais son arrivée à Trois-Rivières est loin de faire l'unanimité.

Le lendemain, quand on annonce mon engagement avec les Draveurs, les joueurs font la grève. Pas de club!, raconte-t-il aujourd’hui d’un air amusé.

Michel Bergeron

Michel Bergeron a été entraîneur des Draveurs de Trois-Rivières de 1974 à 1980.

Photo : Radio-Canada

Les joueurs ne sont pas les seuls à lui être hostiles : la presse et les partisans sont en colère que l’équipe ait congédié l'entraîneur Claude Dolbec.

Le nouvel entraîneur prend le temps de rencontrer un à un ses joueurs, qui se rallient finalement à lui.

Lors de son premier match derrière le banc des Draveurs, l’équipe encaisse toutefois une lourde défaite contre les Remparts de Québec. Michel Bergeron n'a pas l’intention de redevenir camionneur et est décidé à ramener l’équipe sur le chemin de la victoire.

Après ce départ houleux, il connait six belles années avec l’équipe trifluvienne. Les Draveurs soulèvent même deux saisons de suite la Coupe du président, en 1978 et 1979. À en croire Michel Bergeron, c’était l’âge d’or du hockey junior majeur à Trois-Rivières.

Tout le monde voulait venir jouer à Trois-Rivières. Les billets de saison se vendaient comme des petits pains chauds, l'aréna était bondé à pleine capacité à tous les matchs, relate-t-il avec passion.

Michel Bergeron dirige l'équipe avec fougue, et s'assure que les joueurs donnent tout un spectacle.

Les propriétaires de l'équipe lui donnent carte blanche. Il était maître à bord. Aujourd’hui, il admet qu’il avait trop de pouvoir dans l’équipe.‘‘

Je n’avais personne à côté de moi pour me dire ''c’est pas correct ce que tu fais''. À un moment donné, je suis devenu trop big. Tout ce que je faisais, les propriétaires me disaient ''tu fais bien''! J’ai échangé Raymond Bourque! Peut-être un des meilleurs défenseurs de l’histoire. Aujourd’hui, c’est évident que ça a été une grave erreur de ma part.

Un joueur des Draveurs observe un enfant s'exercer au hockey.

Une clinique de hockey autour de l'année 1980.

Photo : Radio-Canada

Durant ses années à Trois-Rivières, Michel Bergeron se concentre à entretenir la relation entre les joueurs et le public.

Il s’assure que les joueurs se donnent en spectacle, même lors des entraînements qui attiraient eux aussi les spectateurs. Il envoie aussi l'équipe participer à des cliniques de hockey pour les enfants dans les différents villages de la Mauricie.

C'était pour encourager les gens des paroisses proches de Trois-Rivières à venir aux matchs des Draveurs. En quelque part, c'était peut-être de la publicité qu'on voulait faire à notre équipe.

Le déclin

C'est avec un pincement au cœur que Michel Bergeron quitte Trois-Rivières en 1980 pour prendre la tête des Nordiques de Québec, dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Après le départ du Tigre, les années qui suivent sont plus difficiles pour l'équipe. Claude Caron et d'autres actionnaires en prennent possession en 1986, alors que les spectateurs délaissent le colisée.

Malgré le talent qu'on avait dans l'équipe, malgré les bonnes performances, ça prenait tout pour aller chercher peut-être un 1200-1300 personnes par partie, alors qu'on s'attendait à peut-être aller en chercher 1800 à 2000, explique Claude Caron.

Un homme prend la pose dans les gradins d'un aréna.

Claude Caron a été président des Draveurs de 1986 jusqu'à leur déménagement en 1992.

Photo : Radio-Canada / David Dufresne-Denis

L'équipe trifluvienne n'a pourtant pas fini de faire parler d'elle.

Le 26 novembre 1991, Manon Rhéaume revêt l’uniforme lors d’un match contre les Bisons de Granby. Elle devient la première femme à garder les buts lors d’un match du calendrier régulier de la LHJMQ.

C’est moins d’un an avant qu’elle ne marque l’histoire de la même façon avec le Lightning de Tampa Bay.

Une femme porte un habit de gardien de but.

Manon Rhéaume a gardé le but des Draveurs lors d'un affrontement contre les Bisons de Granby en novembre 1991.

Photo : Radio-Canada

Malgré leurs efforts, les Draveurs peinent toujours à attirer les foules. Le contexte économique est difficile en Mauricie.

Plusieurs amateurs de hockey préfèrent s’intéresser à la LNH et la rivalité Montréal-Québec. En 1992, les Draveurs perdent à domicile, en finale de la Ligue.

Dans les gradins, on compte de nombreux sièges vides. Les propriétaires doivent se rendre à l'évidence et prendre une décision qui surprend tout le monde.

On s'est dit : si on n'est pas capables de mettre le colisée plein un soir de finale de la Ligue, un sixième match, le futur ça va être quoi? Alors on a décidé à ce moment-là de vendre l'équipe à Sherbrooke.

Une citation de :Claude Caron, président des Draveurs de 1986 à 1992

Le reportage de Camille Carpentier

Trois-Rivières, ville de hockey?

Près de 30 ans après le départ des Draveurs, une nouvelle équipe de haut niveau s'apprête à s'établir dans le nouveau colisée de Trois-Rivières. Cette nouvelle franchise de la East Coast League arrivera-t-elle à attirer les foules? Claude Caron est ambivalent.

L'attraction d'une nouvelle bâtisse, d'un nouvel aréna vont faire en sorte que les premières années vont être intéressantes. Mais après, Dieu seul le sait!

Michel Bergeron, qui porte toujours Trois-Rivières dans son coeur après toutes ces années, se montre plus optimiste.

Trois-Rivières, je n’ai aucun doute que c’est une place de hockey. Les gens vont se déplacer, en autant que l’équipe gagne

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