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Nos archives : le terrible et spectaculaire accident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel

Un petit avion est encastré dans la structure métallique de la tour.

La brume recouvrait le sommet de la tour de transmission lorsque l'avion Cessna de Gilbert Paquette l'a heurtée en plein vol.

Photo : Radio-Canada

L’accident qui se produit le matin du 22 avril 2001 va marquer l’histoire de la petite municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Un avion Cessna s’écrase dans une tour de télécommunication, déclenchant une opération qui allait garder la région en haleine pendant cinq jours.

Des témoins de la scène racontent avoir entendu un grand bruit. Certains ont vu des débris tomber au pied de la tour.

À travers la brume qui recouvre le sommet de l’antenne, on distingue un petit avion encastré dans la structure de métal. Comble du drame : le pilote est toujours accroché au fuselage de l’appareil. Il est suspendu dans le vide, la tête en bas.

C’est rapidement le branle-bas de combat à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Des équipes de secouristes sont dépêchés sur les lieux de l’accident. Un hélicoptère s’approche du sommet de la tour. À bord, un coroner confirme la mort du pilote.

La victime est Gilbert Paquette, un homme de 38 ans, pilote expérimenté, qui avait décollé de Mascouche et qui se dirigeait vers Lac-à-la-Tortue. Une opération complexe pour récupérer son corps s’enclenche.

Un hélicoptère s'approche du sommet d'une tour de transmission.

Une opération de sauvetage complexe s'est enclenchée pour tenter de récupérer le corps de Gilbert Paquette.

Photo : Radio-Canada

André Landry se souvient très bien du mois d’avril 2001. Il était le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel à l’époque. Cet événement a marqué sa carrière politique.

Quand il arrive une catastrophe de même, ou un accident comme ça, le maire, c'est lui qui est en charge de toute la question de la sécurité. C'est lui qui décide pour toute la question des mesures d'urgence, explique-t-il.

Un homme prend la pose devant une tour de télécommunication.

André Landry a été maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel de 1997 à 2005.

Photo : Radio-Canada / David Dufresne-Denis

Il se souvient de l’aide précieuse fournie par le service de police régional de Shawinigan et des pompiers volontaires.

Rapidement, des dizaines de journalistes affluent eux aussi à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Un camion du réseau américain CNN est même du lot.

De nombreux curieux se rassemblent eux aussi au pied de la tour. Armés de jumelles, plusieurs tentent d’apercevoir la carcasse de l’avion et le corps du malheureux pilote.

Flairant la bonne affaire, un citoyen met même un télescope à la disposition des voyeurs qui peuvent y jeter un oeil en échange de quelques dollars.

Les gens de même, il y en a partout. Il faut vivre avec. Il n'y a pas de loi pour les arrêter!, dit André Landry, qui se souvient très bien de la scène.

Plusieurs personnes sont rassemblées autour d'un gros télescope.

L'accident a suscité toute une curiosité à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Photo : Radio-Canada

Les autorités constatent rapidement qu’il sera impossible de déloger le corps du pilote. L’impact de l’accident a endommagé la structure de la tour.

Puisque sa stabilité est incertaine et que la victime est déjà décédée, les forces armées canadiennes ne veulent pas entreprendre une opération aérienne risquée à bord d’un hélicoptère.

Après quelques jours, le constat devient inévitable : il faudra dynamiter la tour, même si le corps du pilote y est toujours coincé. Sa veuve, Françoise Jolin, s’oppose d’abord à cette opération.

Quand vous tombez de 1000 pieds de haut, qu’est-ce que vous pensez qu’il reste en bas? Des miettes. La profanation du cadavre, c’est criminel, déclare-t-elle alors au micro du journaliste Jean-Hugues Roy.

Françoise Jolin renonce finalement à demander une injonction pour empêcher le dynamitage. L’opération peut aller de l’avant.

Des experts en explosifs provenant des États-Unis sont appelés sur les lieux. Des résidents des quartiers avoisinants sont évacués. Après quelques jours de suspense, la tour s’effondre finalement le 27 avril, 5 jours après l’accident.

Ça a soulagé bien du monde, parce que le danger était parti, se souvient André Landry.

Plusieurs personnes observent une tour s'effondrer.

Après le dynamitage, la tour de Notre-Dame-du-Mont-Carmel s'est effondrée sur elle-même.

Photo : Radio-Canada

Plutôt que de tomber de tout son long, comme c’était prévu, la tour de transmission d’effondre sur elle-même. Le corps de Gilbert Paquette n’est pourtant pas abîmé par l’effondrement, comme le craignait sa famille.

La victime est retirée des débris, et Notre-Dame-du-Mont-Carmel peut tourner la page sur ce chapitre spectaculaire de son histoire.

Ce n’est pas la fin de l’histoire pour autant. Quelques années plus tard, la compagnie Westower, propriétaire de la tour, et les assureurs d’un groupe de diffuseurs, dont Radio-Canada, décident de poursuivre la descendance de Gilbert Paquette pour plusieurs millions de dollars. Les poursuites sont toutefois abandonnées les unes après les autres.

Le reportage de Camille Carpentier

Près de 20 ans plus tard, il n’y a plus de trace de ce terrible accident à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Une nouvelle tour de transmission a été érigée au même endroit où la première s’est effondrée. La famille du pilote, elle, restera marquée à jamais.

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