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Des restaurateurs en colère contre le gouvernement du Québec

Une pancarte sur laquelle est écrit fermé accrochée à la vitre d'un restaurant.

Des restaurateurs estiment que le gouvernement du Québec a fait un « choix politique » en décrétant leur fermeture pour lutter contre la propagation de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Sarah Laou

Des restaurateurs en colère qui estiment avoir été sacrifiés par des décisions « déraisonnables ». La déclaration du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, selon laquelle il n’a jamais recommandé la fermeture des restaurants est une bouchée qui est passée de travers.

Tandis que la santé publique préconisait de garder ouvertes les salles à manger et les terrasses des restaurants, en limitant leur accès aux Québécois issus d'une même bulle familiale, le gouvernement de François Legault a opté pour un tout autre scénario, au grand dam des restaurateurs.

Lourdement frappés par les restrictions sanitaires depuis le début de la pandémie, certains restaurateurs n'ont pas tardé à laisser éclater leur colère et à exiger des réponses.

C'est le cas d’Éric Luksenberg, propriétaire de deux restaurants dans le Vieux-Montréal, qui se dit être très en colère.

Dans la même journée, on nous annonce qu’il y a des milliers de restaurants qui ont fait faillite au Québec... Le gouvernement va leur dire quoi? "Vous avez fermé pour rien, parce que la santé publique avait dit que ce n’était pas un problème."

Une citation de :Éric Luksenberg, propriétaire de restaurants

Est-ce que le gouvernement a pris les restaurants en grippe? demande-t-il, en précisant que les restaurateurs ont scrupuleusement respecté les mesures de distanciation et d'hygiène préconisées par Québec.

C’est une honte [...] C’est notre métier qui est atteint, ajoute M. Luksenberg, qui réclame des réponses et une aide supplémentaire du gouvernement Legault.

De son côté, Carlos Ferreira, du Groupe Ferreira, est attristé et n'a plus le goût de continuer.

Je ne suis pas en colère, mais je suis terriblement triste et déçu. Beaucoup de mes employés sont en difficulté. Mais je ne peux rien faire pour eux.

Une citation de :Carlos Ferreira, restaurateur

Il évoque les conséquences terribles de ces décisions gouvernementales sur son industrie.

Des milliers de restaurants fermés, des pertes d’emplois et des gens qui se retrouvent à la rue… C'est une grave erreur, estime-t-il, tout en concédant ne pas vouloir être à la place du gouvernement.

Nos décideurs sont aussi fatigués, ils sont là tous les jours et c’est très lourd comme responsabilité, dit-il, en indiquant que les décisions peuvent être déraisonnables.

« Un choix politique »

D’autres professionnels se sont toutefois montrés moins remués par la déclaration du directeur national de santé publique. François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association Restauration Québec (ARQ), a confié ne pas être surpris.

On a été sacrifiés pour faire passer le message dans l’opinion publique et pour que les gens limitent leurs contacts sociaux. Ça aurait été contradictoire de dire aux gens : "Vous ne pouvez pas recevoir de la famille à la maison, mais vous pouvez aller au restaurant." C’est un choix politique.

Une citation de :François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales, Association Restauration Québec

Les restrictions gouvernementales, qui continuent de paralyser les ventes des services alimentaires et d’entraîner des pertes d’emplois, causent de lourds dommages à l'industrie, rappelle M. Meunier.

Les restaurants auront fermé la moitié de l’année en 2020, ce qui représente 5 à 6 milliards de ventes disparues en fumée, estime le vice-président de l'ARQ.

On en a pour des mois avant de s’en remettre. C’est de l'aide directe et non pas des prêts dont nous aurons besoin, lance-t-il.

Selon une étude menée par l’Association Restaurants Canada, plus de la moitié des restaurants sont à risque de fermer au cours des six prochains mois. Huit restaurants sur 10 perdent de l’argent ou survivent à peine. Et 65 % d’entre eux fonctionnent à perte, tandis que 19 % ne font qu’atteindre le seuil de rentabilité, mentionne l'étude.

Il faut travailler avec la santé publique pour identifier la meilleure manière d'accueillir la clientèle de façon sécuritaire et efficace [...] Les restaurants n’ont jamais été des lieux d'éclosions.

Une citation de :François Meunier

L'ARQ et Restaurants Canada appellent toutes deux à amorcer un dialogue avec le gouvernement, qui devra alors accompagner le plan de relance dès le début de l'année et créer un groupe de travail national.

Nous, on veut travailler sur un plan pour une réouverture définitive des restaurants, assure François Meunier. Les coûts de réouverture et de fermeture sont trop immenses. Les jours meilleurs sont à venir, mais fermer plus longtemps n’est pas une option.

Avec les informations de Yasmine Khayat

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