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L'aide d'urgence doit servir aux travailleurs, pas aux dividendes, dit Freeland

Des enquêtes de CBC News ont passé au crible les sommes distribuées par Ottawa au cours des huit premiers mois de la pandémie, totalisant plus de 240 milliards de dollars.

La première ministre Chrystia Freeland répond à une question en conférence de presse, au Parlement, à Ottawa.

Chrystia Freeland a lancé un avertissement aux entreprises ayant bénéficié de l'aide gouvernementale et « ne se conformant pas » aux règles, tout en évitant de divulguer des informations sur celles-ci.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La ministre fédérale des Finances Chrystia Freeland est sous le feu des critiques de l'opposition pour avoir refusé de révéler le nom des entreprises ayant reçu l’aide gouvernementale d’urgence.

Chrystia Freeland a lancé mardi un avertissement aux entreprises canadiennes qui ont puisé dans le programme de subventions salariales du gouvernement. L'argent doit servir à payer les travailleurs, et non à verser des dividendes ou des primes aux dirigeants, a-t-elle dit, sans toutefois préciser quelles entreprises étaient visées.

Je tiens à rappeler à toutes les entreprises qui pourraient nous écouter que les subventions salariales doivent être utilisées pour payer les travailleurs.

Chrystia Freeland, ministre des Finances du Canada

C'est très, très clair et nous attendons des entreprises qu'elles s'y conforment, a-t-elle ajouté devant les membres de la commission des finances de la Chambre des communes mardi.

Lever le voile

Les appels de la ministre Freeland sont survenus après que le député néo-démocrate Peter Julian l'eut interrogée sur les reportages de CBC News et du Financial Post. Ils décrivent la nature des transactions de certaines entreprises ayant reçu la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC).

Beaucoup de Canadiens sont en grande difficulté, a souligné Peter Julian. Beaucoup d'entre eux luttent pour garder un toit au-dessus de leur tête et essaient tout simplement de maintenir leurs petites entreprises en activité.

Il est très inquiétant d'apprendre par les journalistes qui ont enquêté sur une partie de la distribution de cette aide d’urgence que des dizaines de grandes entreprises canadiennes ont utilisé ces fonds pour émettre des dividendes, s'engager dans des rachats d'actions et même donner des primes aux cadres.

Peter Julian, député du NPD

Combien d'entreprises se sont livrées à ces pratiques et quel est le montant total qu'elles ont reçu? a-t-il finalement demandé à la ministre.

L’enquête de CBC News, The Big Spend (Les grosses dépenses), a en effet permis de révéler que le gouvernement Trudeau n'avait pas été entièrement transparent quant à la destination de l'aide d'urgence.

Bien qu'Ottawa ait publié des statistiques détaillées sur l’ensemble des dépenses – ou d'estimations de l'impact fiscal net – pour la centaine de programmes lancés depuis le début de la pandémie, seuls quelques ministères ont donné des précisions sur les personnes, groupes ou entreprises ayant reçu de l'argent du gouvernement.

Parmi les programmes dont les bénéficiaires ne sont pas connus figurent notamment ceux qui ont reçu des subventions salariales et des prêts aux entreprises.

Révélations

Malgré le silence d'Ottawa quant aux entreprises bénéficiaires de l’aide gouvernementale, CBC News a identifié plus de 400 d’entre elles en consultant des documents d'entreprise.

Parmi ces révélations, le PDG d'un groupe de tourisme, chargé de distribuer les fonds COVID-19 d’Ottawa à des entreprises touristiques autochtones, a reçu une prime de 25 000 $.

Lundi, le Financial Post rapportait en outre qu'au moins 68 sociétés inscrites en bourse ont versé des millions de dividendes, tout en recevant les subventions salariales fédérales.

CBC News dévoilait peu de temps après que deux foyers de soins de longue durée de l'Ontario ayant reçu des millions de dollars d’aide du gouvernement ont également versé des millions en dividendes à ses actionnaires.

La publication de ces reportages a donc alimenté mardi les questions de l'opposition, qui a exhorté la ministre des Finances à lever le mystère entourant le nom de ces entreprises et à faire toute la lumière dans ce dossier.

La CBC a-t-elle raison de dire que son gouvernement ne publiera pas les chiffres et les bénéficiaires des données de dépenses de COVID? Oui ou non?, a répété le député conservateur Pierre Poilievre.

La ministre Freeland a évité à plusieurs reprises de divulguer ces informations.

Notre gouvernement comprend l'importance de la transparence et nous nous efforçons de divulguer toutes les informations que nous pouvons. Je pense que les gens comprennent aussi que l'Agence du revenu du Canada fait un travail formidable pour aider les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Chrystia Freeland

Le néo-démocrate Peter Julian a pour sa part accusé le gouvernement Trudeau de faire de l'obstruction. C'est important, la transparence et la divulgation, s’est-il exclamé.

On lui a demandé à plusieurs reprises et la ministre a refusé de dire que cette information sera dévoilée au public canadien. C'est regrettable, a-t-il conclu.

En ne souhaitant pas s’étendre sur cet épineux sujet, la ministre Freeland a préféré donner un aperçu des autres programmes d'aide à venir. Elle a par ailleurs déclaré que le gouvernement travaillait sur un programme concernant le domaine aérospatial canadien, mentionnant qu'il représentait un secteur important en matière d'emplois et d'exportations.

D'après le reportage d'Elizabeth Thompson, CBC News

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