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Vols d’Air Canada suspendus : déception et consternation en Atlantique

« On coupe et on dit que c’est temporaire, mais ça ne revient pas », se désole un résident.

Un avion d'Air Canada sur la piste.

Air Canada réduit encore son offre de services en Atlantique.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

La déception est vive après la suspension de plusieurs vols d’Air Canada vers les provinces de l’Atlantique.

Mardi, le transporteur aérien annonçait qu’il suspendait indéfiniment tous ses vols à destination des aéroports régionaux de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, et de Sydney en Nouvelle-Écosse.

Air Canada met également en veilleuse jusqu’à nouvel ordre les vols Deer Lake-Halifax, Halifax-Ottawa, Charlottetown-Toronto et Fredericton-Toronto.

Les autorités aéroportuaires se sentent impuissantes. Selon Jacques Fournier, le directeur du développement commercial à l’aéroport de Saint-Jean, la liaison avec Montréal gardait l'aéroport ouvert.

Il n'y a pas tellement de mouvement qui se fait entre l'Atlantique et les autres provinces au Canada. Les restrictions de quarantaine, c'est vraiment difficile pour les compagnies aériennes en ce moment, mentionne Johanne Gallant, la présidente-directrice générale de l’aéroport international de Fredericton.

On se sent isolés

Bâtiment de l'aéroport.

L'aéroport J. A. Douglas McCurdy de Sydney, en Nouvelle-Écosse, le 18 août 2020.

Photo : Getty Images / rustycanuck

Éric Thériault, professeur à l’Université du Cap-Breton, y voit un scénario familier. J’ai toujours vécu dans des coins moins peuplés. C’est souvent ces coins qui sont coupés en premier, dit-il. On coupe et on dit que c’est temporaire, mais ça ne revient pas.

Heather Sparling, une chercheuse à la même université, explique que les résidents du Cap-Breton qui ont de la famille à l’extérieur de la Nouvelle-Écosse ou qui doivent sortir de la province pour le travail vont en payer le prix. C'est un très grand coup pour notre communauté, mentionne-t-elle.

Ce n'est pas très simple si j'ai besoin de voyager. À Halifax, où se trouve l'aéroport le plus proche maintenant, ça va prendre 4 heures et demie y aller par voiture, ajoute la chercheuse.

©David Howells 2017
www.davehowellsphoto.com

Isabelle Dostaler, doyenne de la faculté d'administration des affaires de l'Université Memorial de Terre-Neuve.

Photo : David Howells

On se sent isolés, convient Isabelle Dostaler, spécialiste de l'industrie aéronautique et doyenne de la faculté d’administration des affaires de l'Université Memorial de Terre-Neuve.

On pourrait voir d'autres réductions dans d'autres régions du pays, croit-elle. Chez nous, la faible densité de la population est un facteur aggravant. En même temps, ça va tellement mal partout dans le domaine du transport aérien.

Avec la distribution de vaccins contre la COVID-19, l'incertitude causée par la pandémie est moins grande qu'elle ne l'était en mars, observe Mme Dostaler, mais un tort assez grand a été causé à tout le système de transport.

La bulle atlantique a donné à l'est du pays une marge de manœuvre, mais la suspension récente de cet accord qui facilitait les déplacements entre les quatre provinces complique énormément la donne, constate-t-elle.

La réaction catastrophée de la communauté d'affaires est compréhensible, selon Isabelle Dostaler. Le lien entre le développement économique, la santé économique et le transport, c'est prouvé, rappelle-t-elle.

Un recul, selon le premier ministre néo-écossais

L’annonce d’Air Canada constitue un recul pour la Nouvelle-Écosse, selon le premier ministre de cette province, Stephen McNeil.

Stephen McNeil en conférence de presse.

Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, le 4 décembre 2020 à Halifax.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Si vous regardez les sept dernières années, nous avons travaillé très fort avec nos partenaires dans les aéroports, et assez souvent avec les transporteurs aériens aussi, pour bâtir des liaisons internationales et régionales, rappelle M. McNeil.

La suspension de ces vols est une nouvelle dévastatrice pour Sydney et pour la province, dit-il.

Pour Andrew Furey, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, des circonstances globales entraînent des répercussions très locales. Il espère que les liaisons vers Deer Lake pourront être rétablies.

Un autre coup dur pour l'industrie

En juin, Air Canada avait suspendu indéfiniment 11 liaisons au Canada atlantique, et avait fermé des bureaux à Bathurst, au Nouveau-Brunswick, et à Wabush, à Terre-Neuve-et-Labrador.

La compagnie WestJet a également annoncé, en octobre, l'arrêt de 80 % de ses activités en Atlantique.

Avec des renseignements de Wildinette Paul et Karine Godin

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