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L’école à ciel ouvert, pour lutter contre le coronavirus

Pour réduire les risques de contagion pendant la pandémie, les enseignants des écoles de la région de Cape Cod au Massachusetts font la classe dehors. Une solution pour les élèves canadiens?

Un enseignant et ses élèves.

Une classe se tient sur le terrain de l'école en plein air.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Le décor ne paie pas de mine. Une vingtaine de gros billots de bois disposés çà et là sur le sol devant l’école primaire North Falmouth entre deux terrains de jeu. Sur chacun d’eux, un enfant est assis en train de lire un article sur les formations rocheuses.

Ces élèves de 4e année sont en fait en classe de sciences naturelles. Une classe en plein air.

Des élèves assis sur des billots.

Une « classe » d'élèves à Cape Cod.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Le mercure oscille autour de 6 degrés Celsius en ce matin de décembre. Mais qu’importe, Colleen Durepo, ne rate pas une occasion de faire sortir ses élèves dehors. Ce n’est pas l’école buissonnière. Mais les élèves en raffolent.

C’est tellement mieux à l’extérieur, explique-t-elle, ajoutant que cela permet aussi le travail en équipe, ce qui n’est plus possible à l’intérieur.

Les enfants adorent ça; ils peuvent bouger, profiter de l’air frais. Et ça leur donne la possibilité de retirer leur masque.

Une citation de :Colleen Durepo, enseignante de 4e année, école primaire North Falmouth
Colleen Durepo en plein air.

L’école à l’extérieur pour éviter la propagation du virus

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Une situation loin d’être isolée. Depuis la rentrée de l’automne, les cours à l’extérieur se sont généralisés dans les sept écoles du district de Falmouth, au Massachusetts. La mesure s’est imposée d’elle-même lorsque les autorités locales ont cherché des moyens de rouvrir les écoles, malgré la pandémie, tout en réduisant au maximum les risques de contagion.

Passer le plus de temps possible dehors, c’est de loin l’option la plus sécuritaire, explique Amy Leonardi, principale responsable du projet. Dès le début de l’été, l’ancienne institutrice a entrepris de convaincre les uns et les autres de mettre en pratique les recommandations des CDC (les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies).

Amy Leonardi devant une école.

Amy Leonardi est la principale responsable du projet de classe en plein air.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

En plus d’instaurer des mesures de distanciation physique, de réduire le nombre d’élèves par classe et d’imposer le port du masque aux enfants, les autorités scolaires de Falmouth ont donc encouragé les enseignants à faire sortir leurs élèves au moins deux fois par jour.

L’école en plein air n’est pas ici un projet pilote. Cela s’applique aux 3000 élèves de la région, du primaire jusqu’au secondaire. Nous avons tout misé cette solution, explique Lori Duerr, directrice des écoles de la région de Falmouth.

Je le recommande à tout le monde. Foncez, faites comme nous. Je crois, sans aucune hésitation, que c’est la meilleure solution dans la situation actuelle.

Une citation de :Lorri Duerr, directrice des écoles de la région de Falmouth
Un élève au soleil.

Un élève assis sur un billot consulte son manuel scolaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Tout un changement par rapport au printemps dernier, alors que l’enseignement se donnait entièrement à distance, de façon virtuelle. Une situation loin d’être idéale, reconnaît Lori Duerr : Ce n’est pas une bonne chose d’un point de vue éducatif, d’être connecté en permanence à la technologie, dit-elle. Les relations sont essentielles au succès d’un élève et il est beaucoup plus difficile d’avoir ces rapports humains, sur un écran d’ordinateur.

Et pour l’institutrice Colleen Durepo, l’enseignement à distance a rapidement montré ses limites dans le cas des élèves du primaire. Les enfants sont des êtres sociaux, explique-t-elle. Ils ont besoin d’interactions.

Élève dans la classe de Colleen, le jeune Findlay Walsh garde de mauvais souvenirs de ces cours qu’il devait suivre de la maison sur un ordinateur. C’était dur, explique-t-il. Je ne comprenais pas ce que l’on devait faire. Les explications n’étaient pas claires et il n’y avait personne pour m’aider.

Findlay Walsh porte le masque.

Findlay Walsh n'a pas aimé la période où il était virtuellement en classe.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Son père, David, a lui aussi trouvé cette période difficile à vivre. Pas évident pour lui et son épouse, travaillant tous deux à plein temps, d’offrir l’encadrement nécessaire à leurs deux enfants censés apprendre à la maison. C’était très stressant, dit-il. On constatait que notre fils prenait du retard malgré tous nos efforts. Mais depuis qu’il est de retour à l’école, avec ses amis, ses performances scolaires se sont beaucoup améliorées. Et son moral est bien meilleur.

David Walsh près d'un terrain vague.

David Walsh est heureux que son fils puisse profiter de la classe en plein air.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Amy Leonardi a constaté la même chose avec son fils Ethan. C’est aujourd’hui avec un large sourire sur les lèvres qu’il se rend à l’école tous les matins, heureux de retrouver ses amis. Et la perspective d’aller en classe à l’extérieur y est pour beaucoup. C’est très amusant, dit-il, assis sur son billot.

J’ai plus de facilité à me concentrer dehors. La brise sur mon visage me calme et m’aide à me concentrer sur mon travail.

Une citation de :Ethan, 9 ans, élève de 4e année, école primaire North Falmouth
Ethan assis sur un billot.

Ethan, le fils d'Amy Leonardi, vit le parfait bonheur depuis qu'il a ses classes à l'extérieur.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

L’expérience est si positive qu’elle va probablement se poursuivre bien au-delà de la pandémie. Les retours que nous avons depuis quelques mois sont unanimes et font en sorte que nous cherchons des solutions plus permanentes pour les classes en plein air, explique Lori Duerr.

Selon Amy Leonardi, le projet doit son succès à l’implication de toute la communauté. Les moyens des écoles publiques étant limités, elle a convaincu les parents de donner de leur temps pour offrir l’encadrement nécessaire.

Quant au financement, il est venu des associations et des entreprises de la région. Les coûts sont modestes. Les billots de bois n’ont rien coûté. Ils ont aussi pour avantage de ne pas nécessiter de désinfection quotidienne, contrairement aux chaises et bureaux en classe.

Des élèves assis devant leur caisse de résonance.

Une classe de musique en plein air à l'école Mullen Hall.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Le principal obstacle reste le mauvais temps. Mais qu’à cela ne tienne. Amy a déjà trouvé des grandes tentes chauffées capables de résister à des rafales de vent de 180 km/h et des accumulations de 3 m de neige. Parfait pour faire face aux durs hivers de la Nouvelle-Angleterre.

S’ils le font dans les pays scandinaves, nous pouvons le faire aussi, affirme-t-elle. Comme ils disent en Suède, il n’y a pas de mauvais temps, juste de mauvais choix vestimentaires.

Quoiqu’il arrive, les écoles de Falmouth devraient donc rester ouvertes… dans tous les sens du terme.

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