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Quelle vie attend Donald Trump après le bureau ovale?

Avec sa soif des projecteurs, ses ambitions politiques, ses dettes et ses problèmes judiciaires, le président au style tapageur se dirige vers une retraite qui sera tout sauf discrète.

Donald Trump joue au golf.

Donald Trump frappe une balle au Trump National Golf Club.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Publiquement, il n’a toujours pas concédé la victoire à Joe Biden. En privé, Donald Trump discute d’un match de revanche en 2024.

Selon plusieurs médias américains, le président sortant envisage cette option sérieusement.

Une déclaration faite début décembre lors d’une fête de Noël en présence de son personnel à la Maison-Blanche fait encore jaser.

Ce furent quatre années extraordinaires. Nous tentons d’en faire quatre autres. Sinon, on se revoit dans quatre ans.

Donald Trump, président sortant des États-Unis

En annonçant ses couleurs tôt, il pourrait couper l’herbe sous le pied d’autres candidats républicains potentiels dans quatre ans.

Parmi les noms qui circulent, on trouve des personnalités qui ont occupé des fonctions importantes dans son administration, comme le vice-président Mike Pence, son secrétaire d’État Mike Pompeo et l’ancienne ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley.

Le pouvoir d’attraction de la marque Trump en politique est indéniable, selon Robert Speel, professeur en sciences politiques à l’Université Penn State.

Donald Trump a reçu le vote de plus de 70 millions d’électeurs cette année et beaucoup continuent de l’appuyer, fait-il remarquer.

Un drapeau sur lequel est inscrit « Trump. Make America great again ».

Un drapeau en appui à Donald Trump à Las Vegas, au Nevada

Photo : Getty Images / LPETTET

Ses partisans ont défilé par dizaines de milliers dans les rues de la capitale américaine le 14 novembre dernier en scandant Stop The Steal (Halte au vol), un écho aux allégations de fraude électorale infondées lancées par le président. Certains continuent de se faire entendre devant des législatures d'États clés.

Selon Robert Speel, une candidature est un scénario possible, même s’il rappelle que le président est très imprévisible. On ne sait jamais avec lui, ajoute-t-il. En 2024, Donald Trump aura 78 ans, le même âge que l’actuel président désigné Joe Biden.

Selon la Constitution américaine, un président peut effectuer un maximum de deux mandats, qui n’ont pas besoin d’être consécutifs.

Dans l’histoire, un seul président, Grover Cleveland, a quitté la Maison-Blanche avant d’y retourner quatre ans plus tard. C’était en 1893.

Donald Trump de dos quitte le bureau ovale à la Maison-Blanche.

Donald Trump quitte le bureau ovale après avoir remis une médaille à l'entraîneur de lutte Dan Gable.

Photo : AP / Patrick Semansky

Des rumeurs ont aussi circulé sur le fait que Donald Trump fils pourrait tenter sa chance en 2024.

Notons que Donald Trump est en train d’accumuler un important trésor de guerre. Une campagne de financement bâtie autour de sa bataille judiciaire visant à contester les résultats de l’élection lui a permis d’amasser plus de 200 millions de dollars jusqu’ici. Cette somme pourrait lui servir à maintenir son influence politique après son départ de la Maison-Blanche, notamment en appuyant des campagnes de candidats qui sont ses alliés.

Et si Donald Trump n’avait pas vraiment l’intention de se présenter? Faire courir la rumeur d’une candidature en 2024 pourrait aussi être une manière pour lui de conserver une forme d’emprise sur le Grand Old Party et de préserver sa stature après la Maison-Blanche.

Télé et célébrité

Peu importe le choix pour son avenir politique, il serait étonnant que Donald Trump disparaisse des écrans de télé. Personne ne croit que Donald Trump a dit son dernier mot, déclare le professeur Speel.

Il y a des rumeurs voulant qu’il puisse fonder sa propre chaîne de télévision pour faire concurrence aux autres réseaux conservateurs aux États-Unis, explique M. Speel.

L'image de Donald Trump sur des écrans de télévision dans un commerce de Nairobi, au Kenya.

Un homme regarde Donald Trump sur des écrans de télévision.

Photo : AP / Brian Inganga

M. Trump pourrait aussi choisir de faire des apparitions régulières sur les réseaux câblés pour maintenir son nom dans la sphère publique. Ces derniers temps, délaissant Fox News, il affectionne particulièrement les chaînes de droite One America News Network et Newsmax, qui ont relayé sans retenue ses allégations infondées de fraude électorale.

Robert Speel rappelle que, tout au long de sa carrière, l’homme d’affaires a toujours tenté de s’attirer de la publicité et de la visibilité.

Ennuis judiciaires

À l’image de sa passion pour le golf, le parcours postélectoral du président pourrait être ponctué de plusieurs trappes de sable où il pourrait s’enliser.

Parmi les affaires judiciaires qui pourraient embêter le magnat de l'immobilier et ses entreprises : deux enquêtes pour fraude des autorités new-yorkaises.

Une enquête au civil, menée par la procureure de l’État Leticia James, tente de déterminer si son organisation a menti sur la taille de ses actifs dans le but d’obtenir des avantages fiscaux.

L’autre, criminelle, qui vise directement Donald Trump, est menée par le procureur démocrate de Manhattan Cyrus Vance. Dans sa ligne de mire : fraude bancaire, fraude à l’assurance, évasion fiscale et pratiques comptables douteuses.

Donald Trump et ses avocats se battent toujours pour éviter de dévoiler ses déclarations fiscales.

Donald Trump avec des membres de sa famille.

Donald Trump en compagnie de ses enfants Eric, Donald fils et Ivanka.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

L’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a affirmé au Congrès en 2018 que le président avait souvent gonflé artificiellement la valeur de ses avoirs auprès de créanciers et de partenaires d’affaires potentiels, mais qu'il les avait parfois sous-évalués pour obtenir des déductions fiscales.

La fille aînée du président pourrait se retrouver mêlée à ces affaires. Les deux procureurs (James et Vance) s’intéressent à des déductions fiscales liées à des millions de dollars payés en frais de consultants, dont une partie aurait pu être versée à Ivanka Trump.

Le clan Trump n’hésite pas à qualifier ces enquêtes de « chasse aux sorcières ».

Si le président décidait de s’accorder un pardon à titre préventif (plusieurs experts doutent de la légalité de ce geste), il serait inutile face à des accusations portées au niveau de l’État et non au niveau fédéral.

Par ailleurs, deux femmes qui allèguent avoir été agressées sexuellement par le président sortant ont aussi intenté des poursuites en diffamation contre lui. Des poursuites qui ont été déposées au cours de son mandat.

Un empire fragilisé

Les inscriptions T et Trump brillent au sommet d'un immeuble.

Le Trump International Hotel à Las Vegas, au Nevada.

Photo : Associated Press / Jae C. Hong

Les affaires ne sont pas au mieux. La pandémie et une présidence mouvementée ont asséné un coup dur à l’empire Trump.

Au cours des quatre prochaines années, 400 millions de dollars en prêts arriveront à échéance pour son organisation, selon une analyse du Washington Post. Ces délais de paiement toucheraient ses hôtels à Chicago et Washington ainsi que son complexe touristique à Doral en Floride.

Lors d’une assemblée publique en octobre, Donald Trump a déclaré avoir « un très très petit pourcentage de dettes ». « 400 millions en comparaison avec tous les actifs que je possède, toutes ces magnifiques propriétés partout sur la planète », a-t-il fait remarquer.

Son nom figure sur des dizaines de propriétés résidentielles ou commerciales, des hôtels et des terrains de golf partout dans le monde. Plusieurs ne lui appartiennent pas à proprement parler.

Dans plusieurs cas, des ententes ont été conclues avec des promoteurs immobiliers externes pour l’utilisation de sa marque et il reçoit des redevances en retour.

En 2016, le site Business Insider a répertorié les propriétés associées au nom Trump et conclu que 24 sur un total de 60 étaient liées par un accord de licence.

Certains immeubles sont la propriété conjointe de Trump et d’autres entreprises de gestion ou sont maintenant contrôlés par des syndicats de copropriétaires.

La crise sanitaire a fait très mal au secteur hôtelier, et l’organisation Trump n’y échappe pas. C’est sans compter que le lustre de sa marque de commerce a été malmené pendant sa présidence mouvementée.

Il pourrait être forcé de vendre des propriétés, de céder ses droits associés à certains établissements, de renégocier des prêts ou de trouver de nouveaux créanciers pour couvrir ses dettes.

En clair, l’assermentation de Joe Biden le 20 janvier prochain ne mettra pas fin au parcours mouvementé de Donald Trump.

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