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Une histoire d’amour racontée sous forme de film-collage créée pendant la pandémie

Un collage de personnes marchand sur un lac.

Aucun mot n’est prononcé dans le film «We Are Islands», dont le scénario a été entièrement tiré du roman «Blaze Island» de Catherine Bush.

Photo : Mike Hoolboom

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le film We Are Islands est adapté du nouveau roman de Catherine Bush sur le thème du climat, Blaze Island.

Un texte de Teghan Beaudette

Aimeriez-vous déguster une charmante histoire d’amour, en une bouchée, pour fuir cette deuxième vague de COVID-19?

L’autrice Catherine Bush vient de sortir un nouveau film expérimental à base de collages et dont l’action se déroule sur l’île de Fogo, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Aucun mot n’est prononcé dans ce film, dont le scénario a été entièrement tiré du roman Blaze Island, de Mme Bush, qui vient de paraître. L’histoire est celle d’un père et de sa fille, des scientifiques renégats qui doivent se relever après une tempête majeure, conséquence des changements climatiques.

Catherine Bush regarde au loin et affiche un air sérieux.

L’autrice Catherine Bush

Photo : Arden Wray

Mme Bush a passé des années à visiter l’île de Fogo pour effectuer des recherches en vue de l’écriture de son roman, mais lorsque le moment est venu de le lancer cet automne, la pandémie a pratiquement tout suspendu, y compris les événements auxquels on assiste en personne.

L’autrice a donc décidé d’essayer quelque chose de différent. Elle s’est tournée vers des artistes dont elle avait fait la connaissance lors de ses voyages sur l’île : le cinéaste torontois Mike Hoolboom, le photographe de l’île Fogo Paddy Barry et la peintre M’Liz Keefe.

Je leur ai proposé de collaborer à un court métrage inspiré du roman et qui méditerait sur le climat et le paysage de l’île de Fogo, ainsi que sur l’état d’insularité, qui s’avère notre condition existentielle collective pendant la pandémie, explique Mme Bush.

Elle a donc demandé à Hoolboom de parcourir son livre et d’en extraire les passages qui l’interpellaient afin de façonner un nouveau récit, complètement différent, pour un film de cinq minutes. L’équipe y a ensuite intégré des images créées par M. Barry et Mme Keefe.

Mike Hoolbloom regarde au loin à travers la porte ouverte d'un petit chalet en bois.

Le cinéaste Mike Hoolbloom

Photo : Mike Hoolboom

Mme Bush décrit We Are Islands (Nous sommes des îles) comme un film-collage. Ce terme est peut-être celui qui décrit le mieux les couches d’images, de vidéos et de sons qui le composent.

Le résultat est le récit d’une histoire d’amour entre un jeune homme et une jeune femme, mais le tout ressemble plus à de la poésie qu’à un film traditionnel, et les détails de l’histoire semblent laissés à l’imagination.

Pour moi, ce film propose un chemin vers un endroit que je ne peux pas atteindre en ce moment. Il me plonge dans un paysage que j’aime et qui me manque, et qui a imprégné mon nouveau roman, ajoute Mme Bush. Le court métrage demande à tout le monde de s’imaginer en insulaire, en trouvant refuge sur place, en s’adaptant au moment et en cherchant un abri contre toutes les intempéries et contre ses tempêtes.

Mme Bush précise que ce film était une occasion, pour les quatre artistes, de réagir à la pandémie sur le plan artistique et de revisiter leurs œuvres précédentes pour en faire quelque chose de nouveau.

Elle estime que le film est marqué de façon indélébile par la COVID-19, en partie parce que les artistes ont dû travailler à distance des autres et penser leur travail pour un public qui, lui aussi, serait souvent isolé.

Travailler sur ce film était une invitation à réfléchir plus profondément à ce que signifie ''être insulaire”, conclut Mme Bush. Il me semble aujourd’hui plus que jamais qu’“être insulaire” est à la fois une description de l’isolement et, ce qui est tout aussi important, de la manière dont nous joignons nos forces en temps de crise.

Cet article présente l’une des œuvres sélectionnées dans la foulée de Connexion Création, une initiative conjointe du Conseil des arts du Canada et de la section Arts de Radio-Canada. Grâce à une bourse de 5000 $ attribuée aux artistes dont les propositions ont su séduire le jury, des œuvres numériques exclusives ont vu le jour durant la pandémie de COVID-19. Cliquez ici pour voir d’autres productions gagnantes.

La version originale de ce texte peut être consultée sur la plateforme de CBC Arts (Nouvelle fenêtre).

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