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Plus de 41 000 enfants vivent dans la pauvreté en Nouvelle-Écosse

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Les provinces de l'Atlantique sont parmi les plus atteintes en matière de pauvreté infantile.

Photo : iStock

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trente-et-un ans après la promesse d'éliminer la pauvreté infantile partout au Canada avant l'an 2000, la proportion d'enfants vivant dans la précarité n'aurait presque pas changé en Nouvelle-Écosse.

C'est ce que révèle un rapport du Centre canadien des politiques alternatives (CCPA), publié mercredi.

Plus de 41 000 enfants vivent dans la pauvreté en Nouvelle-Écosse, selon le document qui se base sur les plus récentes données de Statistique Canada. C'est près du quart des enfants de la province. Il s'agit du pire bilan en Atlantique, alors que la région fait déjà piètre figure à l'échelle canadienne.

Le constat est désolant pour JoAnna LaTulippe-Rochon, qui compile ce genre de données depuis plus de 30 ans. Ce n'est pas bon pour la Nouvelle-Écosse, dit-elle.

Le pourcentage d'enfants néo-écossais vivant dans des ménages à faible revenu est passé de 24,2 % en 2017 à 24,6 % en 2018, la dernière année pour laquelle de telles données sont disponibles.

Par ailleurs, la pandémie [de COVID-19] indique probablement que davantage de familles sont dans une situation plus difficile [qu'en 2018] malgré les mesures fédérales de revenu d'urgence, affirme Christine Saulnier, la directrice provinciale du CCPA.

En 1989, les parlementaires canadiens ont adopté à la Chambre des communes une résolution visant à éliminer la pauvreté infantile avant l'an 2000. Trois décennies plus tard, la proportion d'enfants vivant sous le seuil de la pauvreté en Nouvelle-Écosse a légèrement augmenté, selon le rapport.

Pendant ce temps, la situation se serait améliorée ailleurs au pays.

Christine Saulnier, qui a participé à la rédaction du rapport intitulé Willful Neglect ? (Nouvelle fenêtre) – ou Négligence volontaire ? en français – se demande si le gouvernement de la Nouvelle-Écosse prend la chose au sérieux. Ce n'est pas une question que nous posons à la légère, insiste-t-elle.

« Tout petit gain que nous faisons est perdu l'année suivante en raison de l'augmentation du coût de la vie. »

— Une citation de  Christine Saulnier, directrice du Centre canadien de politiques alternatives pour la Nouvelle-Écosse

Selon le rapport, c'est dans les régions rurales, comme au Cap-Breton et dans la vallée d'Annapolis, dans les communautés autochtones et afro-néo-écossaises et au sein des familles monoparentales qu'on retrouve le plus de pauvreté infantile.

Les auteurs du rapport réclament un meilleur filet social pour les familles de la Nouvelle-Écosse, y compris un système de garderies abordables, une augmentation immédiate du salaire minimum de 12,55 $ à 15 $ l'heure et un mécanisme permanent de contrôle de la hausse des loyers.

Pour sa part, le gouvernement néo-écossais se défend de rester les bras croisés.

Les libéraux de Stephen McNeil à Halifax disent qu'ils ont déjà apporté un certain nombre d'améliorations au soutien des familles depuis 2018, la dernière année pour laquelle des données sur la pauvreté infantile sont disponibles.

Aucun niveau de pauvreté infantile dans notre province n'est acceptable et nous reconnaissons qu'il reste encore du travail à faire. La pauvreté est un problème complexe et à long terme et il n'existe pas de solutions simples ou de solutions rapides, concède une porte-parole du gouvernement provincial dans un échange de courriels avec Radio-Canada. Le rapport vient d'être publié [...] et le gouvernement va l'examiner, assure-t-elle.

En 2018, la Nouvelle-Écosse a élargi son programme de subvention pour la garde d'enfants pour que les familles qui gagnent jusqu'à 35 000 $ par année aient droit à la subvention maximale. Le seuil pour avoir droit à la subvention maximale était auparavant de 25 000 $ par année.

Plus tôt cette année, la province a investi 18 millions de dollars dans un programme de prestation pour enfants auquel quelque 49 000 enfants sont désormais admissibles, soit 10 000 enfants de plus que l'an dernier.

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