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L’exposition Unmasked célèbre la culture sourde dans un contexte de pandémie

Maryam Hafizirad communique avec une femme lors d'une exposition. Derrière elles se trouvent des portraits accrochés sur un mur.

La pandémie a causé encore plus d’isolement chez les personnes sourdes, estime Maryam Hafizirad.

Photo : Mehdi Safavi

Radio-Canada

L'exposition s’intéresse à la culture des personnes entendantes et aux préjugés concernant les personnes sourdes.

Un texte de Teghan Beaudette

Maryam Hafizirad utilise des oreilles en or pour rappeler aux personnes entendantes à quel point elles sont guidées par le son et pour raconter les histoires de personnes sourdes ou malentendantes.

Son exposition, récemment numérisée, s’intitule Unmasked: Revealing Deaf Identity (Bas les masques : révélation de l’identité des personnes sourdes). Elle présente les visages de personnes sourdes ou malentendantes et de personnes entendantes.

J’ai remarqué, chaque jour, en allant au café ou ailleurs, que les personnes entendantes n’établissent pas de contact visuel et sont rapidement distraites ou attirées par les sons, explique Mme Hafizirad.

Elle raconte que lorsque les gens réalisent qu’elle est sourde, ils manifestent parfois de la pitié. Ils sont prompts à juger ou à sauter à une conclusion sur nous sans se rendre compte que nous avons une vie visuelle riche, déplore-t-elle.

Le concept d’Unmasked est né de ce constat. Il s’agissait d’une série de boîtes fixées aux murs, chacune représentant une personne entendante ou une personne sourde ou malentendante. À l’intérieur, on trouverait soit des oreilles en or (pour symboliser le pouvoir que les sons exercent sur les personnes entendantes), soit l’histoire d’une personne sourde ou malentendante.

Un message est écrit sur un papier. Un dessin d'une oreille dorée se trouve à gauche du message.

À l'intérieur de chacune des boîtes se trouvent des messages de personnes sourdes canadiennes, comme celui-ci de Dawn Birley.

Photo : Mehdi Safavi

L’artiste explique qu’elle avait voulu créer de petits objets que les gens pourraient ouvrir, comme des portefeuilles. Des objets qui donnaient une première impression, mais qui révélaient ensuite des détails plus personnels sur la personne à l’intérieur.

Lorsque mon exposition physique, Unmasked, a été installée pour la première fois et que les personnes entendantes ouvraient les portes menant aux visages de personnes entendantes, elles voyaient les oreilles dorées sur fond de velours noir et elles supposaient automatiquement qu’il s’agissait d’une représentation des personnes sourdes, plutôt que de reconnaître qu’il s’agissait d’elles-mêmes, relate Mme Hafizirad. Pour la visite guidée numérique, je savais que je devais expliquer que les oreilles dorées représentaient l’emprise du son. Il fallait montrer à quel point les personnes entendantes semblent avant tout guidées par l’ouïe.

La pandémie a causé encore plus d’isolement chez les personnes sourdes, estime Mme Hafizirad. Une grande partie des informations dont disposent les gens à l’heure actuelle sont numériques, souvent sans sous-titres ni interprétation en langue des signes. En particulier, les messages diffusés dans les médias sociaux sont souvent dépourvus d’options d’accessibilité.

Ainsi, l’artiste a voulu rendre son exposition accessible à un plus vaste public.

Elle n’avait jamais numérisé l’une de ses expositions. Elle admet que le processus s’est révélé complexe et coûteux.

Maintenant, elle espère que le public pourra tirer des enseignements de l’exposition.

Quand j’étais une enfant, en Iran, on m’interdisait de communiquer librement en langue des signes. Même chose, plus tard, quand je suis devenue femme, relate-t-elle. L’art était l’expression de mon être à part entière, de mon expérience… Nous apprenons les uns des autres à travers l’art.

Cet article présente l’une des œuvres sélectionnées dans la foulée de Connexion Création, une initiative conjointe du Conseil des arts du Canada et de la section Arts de Radio-Canada. Grâce à une bourse de 5000 $ attribuée aux artistes dont les propositions ont su séduire le jury, des œuvres numériques exclusives ont vu le jour durant la pandémie de COVID-19. Cliquez ici pour voir d’autres productions gagnantes.

La version originale de ce texte peut être consultée sur la plateforme de CBC Arts (Nouvelle fenêtre).

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