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Nouvelles restrictions en Alberta : soulagement dans le milieu de la santé

Des infirmières soignent un patient dans un hôpital.

Différents groupes de médecins albertains réclamaient des restrictions plus strictes en Alberta.

Photo : Getty Images / ALLISON DINNER

Les restrictions sur les commerces et les rassemblements que le gouvernement albertain vient d’imposer sont accueillies avec un soulagement en demi-teintes dans le milieu de la santé, car elles arrivent beaucoup plus tard que certains l’auraient souhaité.

Le premier ministre de l’Alberta a interdit mardi les rassemblements intérieurs et extérieurs.

Il a aussi ordonné la fermeture de plusieurs commerces, incluant les salles à manger, bars, casinos et salons de coiffure, pour au moins quatre semaines.

Enfin! C’est pas trop tôt, lance le Dr Quentin Durand-Moreau, spécialiste en médecine du travail à Edmonton.

Il souligne que bien des professionnels de la santé tiraient la sonnette d’alarme depuis des semaines, alors que les indicateurs de propagation du virus, incluant le taux de positivité et l’indice d’infection, battaient record sur record.

On se retrouve avec un nombre de cas très élevés, des soins intensifs saturés, notre système de santé débordé, des professionnels de santé fatigués et des morts supplémentaires qui auraient peut-être, pour certaines, pu être évitées, dit-il.

Le Dr Louis Hugo Francescutti, professeur en santé publique à l’Université de l’Alberta et urgentologue à l’Hôpital Royal Alexandra à Edmonton, est du même avis.

Je pense que l’annonce est trois semaines en retard, dit-il.

Il explique qu’entre 25 % et 30 % des patients qu’il a vus lors de son dernier quart de travail avaient la COVID-19. Il en a envoyé d’autres se faire tester, car il soupçonnait qu’ils l'avaient aussi.

Heureusement, la plupart peuvent retourner chez eux après leur consultation, mais le médecin remarque que les symptômes graves semblent de plus en plus courants.

Mardi, 102 patients étaient hospitalisés avec la COVID-19 à l'hôpital Royal Alexandra. Quarante-deux cas sont liés à des éclosions actives dans cinq unités, dont 22 chez des travailleurs de la santé. L’hôpital a changé son statut à sous surveillance.

Une personne âgée lève les yeux vers une tige qui servira à prélever un échantillon dans sa narine.

Mardi, l'Alberta comptait 20 388 cas actifs dont 654 personnes hospitalisées en raison de la COVID-19.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Ce n’est pas seulement qu’on a plus de patients. On a des urgentologues qui ont eu la COVID. [...] Il y a des infirmières qui sont malades et on ferme régulièrement des lits parce qu’on n’a pas assez de personnel, dit le Dr Francescutti.

Le Dr Eddy Lang, directeur des urgences de la zone de Calgary, explique que la situation semble moins critique dans la métropole que dans la capitale.

Le taux d'hospitalisation augmente. Ça n’a pas encore atteint un niveau de danger, mais le fait que les restrictions sont plus strictes est un soulagement, ça enlève de l’anxiété, dit-il.

Je suis optimiste que ces mesures vont être assez pour stabiliser et même améliorer la situation.

Il rappelle que les hôpitaux d’Edmonton ont reçu l’ordre d’annuler 60 % des opérations chirurgicales non urgentes.

Si les mesures sanitaires n’agissent pas, on va certainement être obligés de faire la même chose à Calgary, ajoute-t-il.

Le Dr Francescutti croit aussi que les mesures annoncées aideront les autorités sanitaires à prendre le dessus sur la situation, même s'il est un peu moins confiant que le Dr Lang.

Il aurait préféré que les centres commerciaux soient fermés également. Le gouvernement les autorise à continuer d’accueillir des clients, mais seulement à 15 % de leur capacité.

Le Dr Durand-Moreau aimerait quant à lui que le gouvernement soit plus clair dans ses directives.

Trop de zones grises demeurent, selon lui, dans la directive sur le travail à la maison, qui est obligatoire à moins que l’employeur estime qu’il faut se rendre au bureau pour des motifs d’efficacité opérationnelle.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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