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La médiation entre le Conseil scolaire Centre-Nord et les enseignants a échoué

Une salle de classe vide.

Les enseignants du Centre-Nord ont 14 jours pour décider s'ils vont faire grève.

Photo : Radio-Canada

Camille Renarhd

Les enseignants du Conseil scolaire Centre-Nord se disent abattus. Depuis mars, ils ont fait appel à une médiatrice nommée par le gouvernement albertain pour négocier certaines clauses de leur convention collective, qui est échue depuis le 1er juillet 2018. Malheureusement, la médiation entre les enseignants et le Conseil scolaire Centre-Nord a échoué.

Le fossé séparant les deux parties était trop grand pour qu’elles puissent en arriver à une entente, peut-on lire dans un communiqué de presse de l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) délivré mardi soir.

La médiatrice nommée afin de faciliter l’entente entre les enseignants et le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) a déposé le 5 décembre une lettre stipulant l’impossibilité d’un accord entre les deux parties.

Le dépôt de cette lettre a enclenché une trêve de 14 jours à la fin de laquelle l’ATA pourra demander la tenue d’un vote de grève.

Les enseignants du Centre-Nord sont profondément déçus de la façon dont on les traite, surtout avec tous les défis auxquels ils doivent faire face pour enseigner en pleine pandémie, déclare Éric Cloutier, le président de l’Unité locale francophone no 24, qui représente les enseignants employés par les quatre conseils scolaires francophones de l’Alberta.

Éric Cloutier ne comprend pas pourquoi les négociations s’étirent et sont aussi compliquées, alors qu’il s’agit, selon lui, de demandes raisonnables de la part des enseignants du Centre-Nord.

Cela lui paraît d’autant plus incompréhensible que la plupart des autres conseils scolaires de la province, ayant des revendications similaires, ont déjà signé leur convention sans que cela ne semble poser de problème.

On est vraiment les bras à terre, on ne comprend pas pourquoi le Conseil scolaire nous traite de cette façon-là.

Une citation de :Éric Cloutier, président de l’Unité locale francophone no 24

Il explique que les éléments importants de la convention collective, tels les salaires ou le temps d'instruction, sont les mêmes pour tous les enseignants. Ensuite, au niveau local, chaque Conseil scolaire négocie les détails avec ses enseignants, et c’est là que cela coince.

Ça traîne, ça traîne!

Une citation de :Éric Cloutier, président de l’Unité locale francophone no 24

J’ai l’impression que la stratégie, c’est d’étirer, d’étirer, d’étirer, et après ça quand on arrive à la fin [de la convention collective], le conseil scolaire nous fait signer l’ancienne convention qui est échue [sans que les clauses demandées par les enseignants ne soient changées] et les négociations reprennent de nouveau pendant deux ans, déclare-t-il, avec un fond de découragement dans la voix.

Des demandes raisonnables

Les enseignants demandent seulement trois choses.

Premièrement, que le temps travaillé en surplus par les directions d’école soit compensé. Le personnel de direction a toujours eu droit à ces congés compensatoires, mais ça ne sera plus le cas à partir de 2022, date du début de la prochaine convention collective.

Je trouve cela très malheureux, surtout cette année, considérant tout ce qu’il y a avec la COVID, nos directions d’école travaillent des heures sans compter et le conseil scolaire manque de respect en arrêtant de leur donner ce temps-là.

Une citation de :Éric Cloutier, président de l’Unité locale francophone no 24

Deuxièmement, les enseignants veulent pouvoir décider du temps bénévole qu’ils vont consacrer aux activités parascolaires, alors que le CSCN veut leur imposer un nombre d’heures fixes.

Éric Cloutier pense que c’est aux enseignants de décider quel temps ils veulent consacrer à ces activités, selon les disponibilités qu’ils ont et selon leurs charges familiales.

Troisièmement, les enseignants demandent à ce que soit redirigée l’allocation des avantages sociaux pour leur permettre de l’utiliser pour le bien être et la santé mentale.

C’est une close qui ne coûterait rien au conseil scolaire, car le budget alloué aux avantages sociaux existe déjà, ajoute M. Cloutier.

Une grève pour se faire respecter

Les enseignants sont prêts à faire une demande de vote de grève supervisé par le gouvernement s'ils ne sont pas entendus, même si c’est pour eux une solution de dernier recours.

Ils ont déjà voté à 98 % en faveur de la tenue d'un vote de grève lors d'une réunion qui a eu lieu le 7 octobre.

Est-ce qu’on a besoin de faire ça pour se faire respecter par le conseil scolaire?

Une citation de :Éric Cloutier, président de l’Unité locale francophone no 24

Les grèves pourraient prendre plusieurs formes. Il pourrait s'agir d’une grève générale des enseignants, d’une grève rotative, de journées de grève en alternance dans les différentes écoles ou d'une grève de zèle, où les enseignants se limiteraient strictement aux tâches obligatoires qui leurs sont assignées.

On ne veut pas se rendre là!

Une citation de :Éric Cloutier, président de l’Unité locale francophone no 24

Le Centre Scolaire Centre-Nord n’a pas souhaité répondre aux questions de Radio-Canada concernant les raisons de l’échec de la médiation.

Dans un communiqué daté du 9 décembre, le conseil scolaire affirme qu’avant de fixer une date pour la grève, le syndicat des enseignants doit présenter une demande à la Commission des relations de travail de l’Alberta et que pour l’instant, aucune demande de vote n’a été déposée par le syndicat des enseignants, peut-on lire dans le document.

Selon le conseil scolaire, peu de questions restent non résolues dans les négociations

Lorsque les pourparlers reprendront, les deux parties devront concentrer leur attention sur les domaines des postes hors de la portée de la convention collective, des jours de congé supplémentaires payés pour les administrateurs scolaires, des activités parascolaires pour les élèves et du temps de déplacement pour le congrès annuel du syndicat des enseignants, est-il écrit. Dans l’intervalle, l’employeur portera son attention sur le plan de contingence pour faire face à la grève prévue par le syndicat des enseignants.

Cela fait plus de deux ans que le personnel enseignant travaille en attendant la conclusion d’une nouvelle convention collective.

Le Centre-Nord fait partie d’un groupe de sept conseils scolaires albertains, dont le Centre scolaire FrancoSud, qui n’ont toujours pas conclu d’entente relative aux questions de portée locale pour les années scolaires 2018-2019 et 2019-2020.

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