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Les enjeux oubliés de l'actualité internationale de 2020

De Hong Kong au Bélarus, en passant par la Thaïlande et le Chili, la soif de liberté et de démocratie semble toujours bien présente un peu partout sur la planète.

Des manifestants marchent dans la rue, les mains levées, certains avec des pancartes.

Les Hongkongais ont manifesté à plusieurs reprises, cet été, contre la nouvelle loi sur la sécurité nationale.

Photo : Reuters / TYRONE SIU

La pandémie a éclipsé bien des événements qui se sont déroulés cette année dans le monde et qui auraient pourtant mérité plus d’attention. Nous revenons sur certains d'entre eux.

1. La fin prématurée d’un pays, deux systèmes?

En vertu de l’accord de rétrocession conclu avec le Royaume-Uni, Hong Kong ne devait redevenir pleinement chinoise qu’en 2047, mais le processus de normalisation s’est considérablement accéléré cette année.

L’indépendance relative dont jouissait le territoire semi-autonome s’est réduite comme une peau de chagrin avec l’adoption par la Chine, le 30 juin, d’une nouvelle loi sur la sécurité nationale visant à réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec des forces extérieures et étrangères, tout en contournant le conseil législatif local.

Pour ses détracteurs, il s’agit d’une tentative de museler l'opposition démocratique, une étape de plus dans la reprise en main par la Chine. Le gouvernement central, pour sa part, dit chercher ainsi à assurer la stabilité du territoire, un an après les manifestations monstres de 2019.

Agnes Chow, Ivan Lam et Joshua Wong devant le palais de justice de West Kowloon à Hong Kong lors de leur procès.

Les activistes prodémocratie Agnes Chow, Ivan Lam et Joshua Wong ont écopé respectivement de 10, 7 et 13 mois et demi de détention pour avoir incité à un rassemblement interdit.

Photo : Getty Images / PETER PARKS

Un des organisateurs de ce mouvement, Joshua Wong, et deux autres militants prodémocratie ont été condamnés, début décembre, à des peines de prison pour avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongaise.

Le magnat de la presse hongkongais et activiste prodémocratie Jimmy Lai a, quant à lui, été inculpé le 11 décembre de collusion avec des puissances étrangères. Il s'agit de la personnalité la plus éminente accusée en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale.

La crise a aussi frappé le conseil législatif lorsque, à la mi-novembre, quatre députés prodémocratie ont été démis de leur mandat au motif qu’ils constituaient une menace pour la sécurité nationale. Les autres élus prodémocratie ont aussitôt annoncé leur démission en bloc, laissant ainsi le parlement régional aux mains des pro-Pékin.

L’Union européenne, les États-Unis et le Canada, entre autres, ont condamné la reprise en main du territoire qui, en vertu de l'accord, doit bénéficier de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une justice indépendante pendant encore 27 ans. Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne et le Canada, ont mis en place des mesures pour faciliter l’immigration des Hongkongais.

En réponse à la nouvelle loi sur la sécurité nationale, Washington a annoncé en juillet la révocation du statut commercial préférentiel accordé à Hong Kong, tandis que le Canada suspendait le traité d'extradition qui le liait à Hong Kong, ainsi que ses exportations de matériel militaire et de biens sensibles.


2. La répression au Xinjiang se poursuit

Trois agents de sécurité en uniforme marchent dans un espace public devant la mosquée Id Kah, à Kashgar, dans le Xinjiang, le 4 novembre 2017.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, la répression contre les Ouïgours s’est accentuée, tout comme la « colonisation » de la région, avec l’arrivée massive de Chinois de l’ethnie Han.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ng Han Guan

Crime contre l’humanité, génocide, déportation, torture… Les experts ne lésinent plus sur les mots pour qualifier le traitement que réserve la Chine aux Ouïgours. Ce qu’on a appris cette année sur la répression dont fait l’objet cette minorité musulmane et turcophone du Xinjiang, avec la complicité tacite des Occidentaux, est extrêmement dérangeant.

Des usines appartenant aux chaînes d'approvisionnement de marques connues mondialement, telles que Sony, Samsung, Apple, Adidas, Gap, Nike, BMW et Volkswagen, emploient des Ouïgours déplacés qui y effectuent du travail forcé, selon l'Institut australien de stratégie politique.

Les Ouïgours sont également exploités dans la production de coton pour des multinationales comme Gap, Tommy Hilfiger ou Calvin Klein, dénoncent 180 ONG, dont Human Rights Watch.

Enfin, selon le rapport d’un anthropologue allemand qui a obtenu des données du gouvernement chinois et interviewé des femmes ouïgoures, ces dernières subissent des stérilisations forcées ou l’implantation de dispositifs de contraception contre leur gré.

Pékin nie toutes ces accusations et soutient que sa politique au Xinjiang ne vise aucun groupe ethnique spécifique, mais plutôt la lutte contre le terrorisme et le séparatisme.

Un groupe international de parlementaires, dont font partie deux députés canadiens, a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité commis par le gouvernement chinois contre les Ouïgours.

En juillet, le département d'État américain a infligé des sanctions à l'encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d'être liés à de graves atteintes aux droits de la personne au Xinjiang, ce qui a provoqué la colère de Pékin.

Les États-Unis ont également adopté cet automne une série de décrets afin de bloquer l'importation de biens en provenance du Xinjiang, dont du coton, du textile, des produits capillaires et des pièces informatiques.


3. La jeunesse dans les rues de Bangkok

Des manifestants font le salut à trois doigts avec des temples en arrière.

Le salut à trois doigts est devenu le symbole de la résistance lors des rassemblements prodémocratie, en Thaïlande.

Photo : Reuters / JORGE SILVA

Les jeunes Thaïlandais ont pris d’assaut la capitale Bangkok pour réclamer des changements au système politique. Depuis cet été, des dizaines de milliers d’entre eux ont manifesté à répétition pour exiger la démission du premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, une réécriture de la Constitution, jugée trop favorable à l'armée, et une réforme de la royauté.

Ils souhaitent la mise en place d'une véritable monarchie constitutionnelle.

Cette dernière demande est sans précédent pour le pays, où la figure du roi est encore vénérée. Cinq dirigeants du mouvement ont d’ailleurs été accusés le 30 novembre de violation de la loi de lèse-majesté pour leur rôle dans l'organisation de manifestations. S'ils sont reconnus coupables, ils risquent des années de prison.

Les Thaïlandais sont toutefois divisés entre des jeunes urbains, qui réclament la mise en place de la démocratie selon le modèle occidental, et des ruraux plus conservateurs, qui demeurent très attachés à l’institution monarchique.


4. Un Nobel de la paix sur le sentier de la guerre

Lauréat du prix Nobel de la paix 2019, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en a surpris plusieurs lorsqu’il a lancé une offensive armée contre le Tigré, région du nord-ouest de l’Éthiopie qu’il accuse de sécessionnisme.

Les tensions étaient croissantes depuis la décision du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), au pouvoir dans la région, de tenir en septembre des élections législatives, malgré le fait qu’elles avaient été reportées dans l’ensemble du pays à cause de la COVID-19.

En fait, les relations entre les Oromos et les Amharas, les principales ethnies du pays, et le TPLF sont tendues depuis l'élection de M. Abiy, qui a écarté les Tigréens du pouvoir.

Un membre des forces spéciales d'Amhara tient son fusil devant le 5e bataillon du commandement nord de l'armée éthiopienne à Dansha, le 25 novembre 2020.

Addis-Abeba a décrété que l'opération militaire au Tigré était terminée avec la prise de la capitale régionale, Mekele, le 28 novembre. Pour la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, cependant, la situation est encore « hors de contrôle ».

Photo : Getty Images / EDUARDO SOTERAS

Le gouvernement fédéral accuse également le TPLF d’avoir attaqué, début novembre, deux bases de l'armée, ce que les Tigréens démentent.

En riposte, Abiy Ahmed a annoncé le 4 novembre une opération militaire pour mettre au pas les leaders séparatistes. Des attaques et des bombardements de part et d’autre auraient fait des centaines de morts. Devant l’avancée des forces fédérales, quelque 43 000 personnes ont fui au Soudan voisin, contribuant à déstabiliser ce pays qui se remet d’une longue guerre civile.

Le 12 novembre, Amnistie internationale a rapporté que des centaines de civils auraient été tués dans un massacre. L'Organisation des Nations unies (ONU), pour sa part, réclame une enquête sur de possibles crimes de guerre.

Même si le gouvernement fédéral a crié victoire, les combats se poursuivent, et l’ONU s’inquiète pour la situation des civils pris entre deux feux auxquels il est difficile de faire parvenir une aide humanitaire.


5. Accords de paix historiques sans les Palestiniens

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abel Latif al Zayani, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le président américain, Donald Trump, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane.

Des représentants de Bahreïn, d'Israël et des Émirats arabes unis ont signé l'accord à la Maison-Blanche en présence du président américain Donald Trump, le 15 septembre 2020.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Contre toute attente, Donald Trump a réussi à laisser sa marque au Proche-Orient.

À défaut d’obtenir la reconnaissance par les Palestiniens de l’État d’Israël, le président américain a négocié celle de deux États du Golfe, les Émirats arabes unis et Bahreïn. Ces accords faciliteront l’ouverture mutuelle d’ambassades, la mise en place de partenariats économiques et une coopération sécuritaire et militaire.

Ils permettront aussi aux États-Unis de vendre aux Émiratis des avions de combat F-35, dont peu de pays disposent, et d’autres équipements militaires.

Un autre État arabe, le Soudan, normalisera lui aussi ses relations avec Israël, en échange de son retrait de la liste américaine des États soutenant le terrorisme.

Le Maroc s’est ajouté à la liste, annonçant le 10 décembre qu’il allait reprendre les contacts officiels et les relations diplomatiques avec Israël. En contrepartie, Washington reconnaîtra la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole revendiquée par les Marocains, mais aussi par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie. Cette reconnaissance représente un changement majeur de la politique américaine dans la région.

Washington serait également en train de négocier la vente à Rabat de drones aériens sophistiqués.

La résolution du conflit israélo-palestinien qui était, jusqu’à maintenant, un préalable à tout plan de paix régional semble avoir été balayée sous le tapis, déplorent les Palestiniens. L’urgence, à l'heure actuelle, est plutôt de contenir l’Iran, ennemi commun de Washington, d’Israël et des monarchies du Golfe.

Si l’Arabie saoudite, grande puissance régionale, exclut pour le moment de nouer des relations avec Israël sans une solution impliquant les Palestiniens, plusieurs analystes croient qu’il s’agit d’une opposition pour la forme et que les Saoudiens sont les prochains sur la liste des États prêts à reconnaître Israël.


6. L’effondrement du Liban

Le mardi 4 août, l'explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans le port de Beyrouth a provoqué deux énormes déflagrations qui ont causé plus de 200 morts et 6500 blessés, et laissé 300 000 personnes sans abri.

C’est la tragédie de trop pour les Libanais, qui vivent depuis des années dans un système clientéliste, gangrené par la corruption et la fraude, où de plus en plus de citoyens de la classe moyenne peinent à joindre les deux bouts. Des infrastructures désuètes et des services publics déficients s’ajoutent au portrait.

Des femmes et des hommes levant un bras en l'air.

Des manifestants ont récité l'hymne national libanais lors d'une cérémonie en hommage aux victimes des explosions.

Photo : Getty Images / PATRICK BAZ

Pour enfoncer le clou, la dette publique atteint des sommets et la monnaie a connu une très forte dépréciation. Conséquence : le niveau de vie des habitants a reculé au fil des ans. Aucune solution n’est en vue, alors que les crises politiques au sein de l’État se succèdent sans qu’aucune réforme économique soit à l’ordre du jour.

L’explosion au port, une catastrophe évitable, a mis en évidence l’incompétence d’un gouvernement corrompu, incapable de répondre aux demandes de ses citoyens.

Ironie du sort, elle est survenue la veille de l'annonce du verdict dans le procès des responsables de l’attentat contre l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. Cette attaque, qui a fait 22 morts et 226 blessés, avait créé un séisme politique au Liban. Quinze ans plus tard, rien ne semble avoir changé.

D’importantes manifestations populaires, à l’automne 2019, avaient provoqué le départ du premier ministre Saad Hariri, fils de l’ex-premier ministre assassiné, mais n’avaient rien réglé sur le fond.

Exaspérés, les Libanais ont manifesté leur indignation face à l’incurie gouvernementale. Le premier ministre Hassan Diab, qui a reconnu que la cargaison de nitrate d’ammonium était entreposée au port sans aucune précaution depuis six ans, a annoncé sa démission et la dissolution du gouvernement.

Quatre mois plus tard, le Liban est encore en crise. L’aide étrangère, conditionnelle à des réformes structurelles, est bloquée, et les Libanais se questionnent sur leur avenir alors que la situation économique du pays continue de se détériorer.

7. Les ambitions turques dans l’espace moyen-oriental

Un jeune tient une photo du président français Emmanuel Macron, estampillé d'une marque de chaussure, lors d'une manifestation à Istanbul, le dimanche 25 octobre 2020.

La colère des Turcs s'est tournée vers le président français, Emmanuel Macron, fortement critiqué par Recep Tayyip Erdogan.

Photo : Associated Press / Emrah Gurel

2020 a été une année de tensions entre les Occidentaux et la Turquie. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, veut s'imposer dans la région et ne craint pas de provoquer ses alliés de l’OTAN.

La Turquie a été très active dans plusieurs conflits régionaux, notamment en Libye et en Syrie, puis au Haut-Karabakh, n’hésitant pas à y dépêcher des troupes au besoin. En Méditerranée, elle a tenu tête à la France, envoyant des bateaux d’exploration gazière dans des eaux disputées avec la Grèce.

Le conflit avec Emmanuel Macron a atteint un sommet cet automne. Après un incident naval au large des côtes libyennes, où la France et la Turquie soutiennent des camps ennemis, Recep Tayyip Erdogan s’en est pris personnellement au président français, mettant en doute sa santé mentale, en réaction aux mesures annoncées par la France pour lutter contre le séparatisme islamiste. Il a par la suite appelé à un boycottage des produits français.

C’est que le président Erdogan se pose aussi en défenseur des musulmans dans le monde. Une façon de rallier sa base religieuse et conservatrice, croient les experts, et qui explique également sa décision de reconvertir l'ex-basilique byzantine Sainte-Sophie, à Istanbul, en mosquée.

Les Européens ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre pour adopter une attitude plus ferme face à Ankara.

Les États-Unis, quant à eux, ont réagi à l'achat par Istanbul, pourtant membre de l’OTAN, du système de défense aérienne russe S-400 en imposant des sanctions à l'agence gouvernementale turque chargée des achats d'armement.

8. Paix fragile au Haut-Karabakh

Des militaires arméniens sont assis sur des marches dehors en tenant leur fusil.

Le Haut-Karabakh se situe en Azerbaïdjan, mais il est sous le contrôle des forces arméniennes depuis le cessez-le-feu de 1994.

Photo : Associated Press / Karen Mirzoyan

Le pire semble avoir été évité au Haut-Karabakh avec la signature d’un accord de cessez-le-feu parrainé par les Russes, le 9 novembre. L’Arménie et l'Azerbaïdjan baissent donc les armes après six semaines de combats qui ont provoqué la mort de quelque 4600 militaires et 150 civils.

Ce territoire autonome enclavé en Azerbaïdjan a déclaré son indépendance en 1991, mais n’a pas été reconnu internationalement. Peuplé majoritairement d’Arméniens, il était également sous le contrôle de l'armée arménienne jusqu’à l’offensive azérie.

L’entente, qui entérine la victoire militaire de l'Azerbaïdjan en lui cédant de vastes pans de territoires, a été perçue comme une trahison par les Arméniens, qui ont exprimé leur colère en envahissant le parlement à Erevan, capitale de l’Arménie, pour réclamer la démission du premier ministre Nikol Pachinian. Les manifestations et les appels à la démission se poursuivaient début décembre.

Ce conflit territorial entre deux nations de l’ex-espace soviétique nourrit les tensions régionales depuis des décennies. Le risque d’une intervention de la Turquie, qui appuie l’Azerbaïdjan, et de la Russie, qui soutient l’Arménie, a fait considérablement monter les tensions.


9. La dernière dictature d’Europe vacille

Une manifestante, les bras en l'air, fait face à des policiers armés et casqués.

Malgré la répression musclée, les manifestations n'ont pas cessé depuis le mois d'août.

Photo : Reuters / Stringer

L’annonce de la victoire écrasante aux élections du 9 août du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, a provoqué la colère de dizaines de milliers de Bélarusses, qui sont descendus dans les rues pour dénoncer un scrutin ni libre ni régulier, dans les mots de l’Union européenne.

Selon les résultats officiels, il aurait remporté un sixième mandat avec 80,23 % des voix, devant l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, exilée depuis en Lituanie, d’où elle conteste ces résultats.

Soutenu par Moscou, qui critique les ingérences étrangères et qui s’est dit prêt à intervenir militairement pour appuyer son allié et partenaire commercial, M. Loukachenko refuse de quitter le pouvoir et emprisonne les manifestants par milliers.

Il a été investi le 23 septembre, mais l’opposition n’entend pas céder et continue de tenir des rassemblements spontanés un peu partout dans Minsk, la capitale, malgré la répression.

L’Union européenne rejette la victoire de M. Loukachenko et condamne les violences dont ont été victimes les manifestants, tandis que la haute-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies dénonce des arrestations arbitraires et un usage disproportionné de la force.


10. Changements politiques dans la région andine

La région andine vit un automne mouvementé. Le Pérou a connu trois présidents en une semaine, tandis que la Bolivie a vécu tout un retournement de situation avec le retour d’Evo Morales.

Des Péruviens avec des masques et des pancartes.

Des Péruviens célèbrent la démission de Manuel Merino, le 16 novembre, à Lima.

Photo : Reuters / Sebastian Castaneda

Le 9 novembre, le président péruvien Martin Vizcarra a été limogé par le Parlement. C’était la deuxième tentative des parlementaires de destituer M. Vizcarra, très populaire auprès de la population pour ses campagnes anticorruption. Ses opposants l’accusent d’avoir reçu des pots-de-vin lorsqu’il était gouverneur, en 2014, tandis que ses partisans dénoncent un coup d’État législatif.

Le président du Parlement, Manuel Merino, est devenu président par intérim, mais à la suite de violentes manifestations durement réprimées, il a démissionné le 16 novembre. C’est le député centriste Francisco Sagasti qui dirigera le pays jusqu’aux prochaines élections générales, prévues le 11 avril 2021.

Ces changements à la tête de l’État surviennent sur fond de pandémie, alors que le Pérou est un des pays latino-américains les plus durement touchés par le coronavirus.

En Bolivie, les élections présidentielles du 18 octobre, reportées à deux reprises en raison de la pandémie, ont marqué le retour au pouvoir du MAS (Mouvement vers le socialisme). Luis Arce, dauphin de l’ex-président Evo Morales, l'a emporté dès le premier tour face au candidat de la droite, donnant ainsi une revanche à M. Morales, qui avait dû démissionner et quitter le pays il y a tout juste un an, après un scrutin controversé et une crise politique inédite.

À son retour au pays, au lendemain de l’investiture de celui qui avait été son ministre de l’Économie, Evo Morales a été accueilli par des partisans en liesse.

Des centaines de personnes attendent en ligne sous les arbres le 25 octobre 2020, à Santiago.

Les Chiliens se sont déplacés en grand nombre afin de participer au référendum sur la réécriture de la Constitution.

Photo : Getty Images / Claudio Santana

Au Chili, une nouvelle ère commence, alors que les citoyens ont voté massivement pour réécrire la Constitution rédigée pendant la féroce dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

La loi fondamentale adoptée en 1980, très teintée de néolibéralisme, représente, selon ses opposants, un carcan empêchant les réformes sociales. Son remplacement était une des principales demandes des manifestations monstres qui ont secoué le pays à l’automne 2019.


Les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, détenus en Chine depuis décembre 2018, ont été formellement accusés d’espionnage. Leur détention, qu’Ottawa qualifie d’arbitraire, est considérée comme une mesure de rétorsion après l'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei. Ils ont passé leur troisième Noël en prison.

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