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Quand la danse repousse les limites de la collaboration à distance

Mayumi Lashbrook esquisse un sourire.

Mayumi Lashbrook examine dans son documentaire la collaboration à distance et les frontières entre les danseurs et danseuses.

Photo : Hernani Sagra

Radio-Canada

Le documentaire Things I Cannot Avoid Saying, de Mayumi Lashbrook, sortira cet hiver.

Un texte de Teghan Beaudette

Avant la pandémie, Mayumi Lashbrook était danseuse.

Depuis neuf mois, elle est également cinéaste et vidéaste.

Sa dernière œuvre, Things I Cannot Avoid Saying (Les choses que je ne peux m’empêcher de dire), est un court documentaire sur la collaboration à distance et les frontières entre les danseurs et danseuses d’une part, et les personnes chargées de la mise en scène d’autre part.

Mme Lashbrook a préparé le documentaire plus tôt cette année avec le cinéaste torontois Christian Peterson, alors qu’elle était en isolement à Calgary.

Peu après le déclenchement de la pandémie, les deux artistes se sont mis à s’échanger des films et des vidéoclips de danse.

Pendant ce temps, Mme Lashbrook essayait de rester active, en dansant dans son appartement. Parfois, elle enregistrait ses danses et les envoyait à Peterson.

Christian Peterson regarde au loin.

Le cinéaste torontois Christian Peterson a collaboré à la production et à la réalisation du documentaire.

Photo : Christian Peterson

Christian a attiré mon attention sur des découvertes et des expériences que je faisais sans même m’en rendre compte, relate Mme Lashbrook. Il m’offrait des suggestions pour adapter mes chorégraphies à la façon dont je les filmais.

Peu à peu, les deux artistes ont créé une pièce de danse complète. Ils ont commencé à discuter de la façon de produire un documentaire sur l’ensemble de leur démarche.

La chorégraphie que j’ai élaborée au cours de ce mentorat s’articule autour de mon identité nippo-canadienne, explique Mme Lashbrook. Elle fait spécialement référence aux expériences de son grand-père au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Je n’arrivais pas à comprendre que mon sentiment d’exclusion provenait d’éléments systémiques qui dépassaient ma propre personne, ajoute-t-elle.

Mme Lashbrook explique qu’une partie du processus de création de la danse et du documentaire a consisté à comprendre sa propre histoire et la politique de [son] corps.

Le corps est politique. Le droit d’agir, de vivre et d’être dans le corps est politique, avance-t-elle. Bien que j’aie plus d’autonomie et de liberté que mon grand-père n’en a eu, je reconnais que je m’opprime encore moi-même pour entrer dans le moule.

Elle explique que l’œuvre qu’elle a créée avec M. Peterson explore la politique de l’identité, la façon dont elle vit dans sa communauté et l’idée de déplacement.

Pour créer le documentaire, les deux collaborateurs se sont rencontrés aussi souvent que possible par vidéoconférence, même tôt le matin, tard le soir ou le week-end, pour trouver des moyens de réaliser ensemble un projet significatif sans se trouver dans la même pièce.

M. Peterson était responsable du cadre général, mais Mme Lashbrook s’est chargée de la conception et du tournage proprement dit. Comme M. Peterson ne pouvait pas être avec elle, Mme Lashbrook a dû apprendre les aspects techniques.

Elle a également dû passer par un processus de production complet, devant et derrière la caméra, pour raconter son histoire.

Bien que j’aie déjà travaillé en tant qu’artiste de spectacle sur un certain nombre de projets numériques, notamment des courts métrages, des publicités, des clips musicaux et autres, c’était différent cette fois, dans la mesure où j’étais la principale créatrice du contenu, relate-t-elle.

Mme Lashbrook compte mettre la touche finale au documentaire au cours de l’hiver.

Cet article présente l’une des œuvres sélectionnées dans la foulée de Connexion Création, une initiative conjointe du Conseil des arts du Canada et de la section Arts de Radio-Canada. Grâce à une bourse de 5000 $ attribuée aux artistes dont les propositions ont su séduire le jury, des œuvres numériques exclusives ont vu le jour durant la pandémie de COVID-19. Cliquez ici pour voir d’autres productions gagnantes.

La version originale de ce texte peut être consultée sur la plateforme de CBC Arts (Nouvelle fenêtre).

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