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Quand les grandes marées transforment notre lien avec le littoral

Déferlement sur l'Anse-aux-Coques.

Les grandes marées de 2010 ont frappé fort à Sainte-Luce, près de Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada

Outre les dommages bien réels et la transformation des berges occasionnés par l’érosion et les grandes marées, les citoyens devront transformer leur lien avec le littoral afin d'éviter les catastrophes comme celle du 6 décembre 2010.

C'est ce qu'affirme l'analyste socio-économique chez Ouranos, Ursule Boyer-Villemaire. Elle croit que les grandes marées de 2010 ont grandement contribué à l'évolution des mentalités entourant le fleuve.

Selon elle, une importante transition est en cours : alors qu'il n'y a pas si longtemps, les citoyens avaient une vision plus individuelle de l’habitation côtière, ils penchent un peu plus vers une jouissance plus collective du bord de fleuve.

Peut-être qu’on peut chacun aller marcher tous les jours au sentier du littoral, ou à Sainte-Luce ou Sainte-Flavie et en bénéficier collectivement même si notre toit, notre habitation, notre sécurité individuelle ne dépend pas de cette proximité à la mer, suggère Mme Boyer-Villemaire.

Ursule Boyer-Villemaire, en entrevue à la télévision.

Ursule Boyer-Villemaire, chef d’équipe, analyse socio-économique chez Ouranos et professeure associée en géographie à l’UQAM (archives)

Photo : Radio-Canada

Selon elle, la population est maintenant plus consciente du risque d’habiter près du littoral.

Il y a des risques associés au fleuve. Ce n’est pas que du doré et des couchers de soleil. Il faut reconnaître que ça vient avec une charge mentale aussi, d’habiter au bord de l’eau.

Une citation de :Ursule Boyer-Villemaire, analyste socio-économique chez Ouranos et professeure associée en géographie à l'UQAM

Cela ne veut pas dire, pour la chercheuse, qu’il faille à tout prix déserter les côtes. En entrevue à l’émission Info-Réveil, elle fait plutôt valoir qu’un choix songé, tant individuel que collectif, doit être fait en prenant en compte les risques d’habiter près du littoral.

Il est certain qu’il y a la notion de public versus privé. La question qui se pose c’est si, collectivement, on veut se soutenir ou si [habiter en zone à risque] c’est vraiment une prise de risque qui est individuelle, présente Mme Boyer-Villemaire.

Des coûts humains

L’analyse des conséquences des changements climatiques et de la transformation de l’écosystème côtier n’est cependant pas simple.

Alors qu'on se concentre souvent sur les dommages matériels et les coûts engendrés, Renaud Gignac, associé de recherche principal à l’Institut canadien pour des choix climatiques, croit bon de rappeler la difficulté d’évaluer les coûts moins tangibles de ces catastrophes.

Les coûts connus des changements climatiques, ce qu’on répare comme infrastructures physiques, les réseaux d’égouts, les routes, les bâtiments, on arrive assez bien à les quantifier, indique le chercheur.

Cependant, il y a une catégorie de coûts qu’on commence tout juste à comprendre. [...] Des coûts qu’on assume au plan humain, au plan des finances publiques, mais on ne les mesure pas et ne les suit pas tant que ça, observe M. Gignac.

Une pelle mécanique s'apprête à détruire une maison à Sept-Îles. La résidence menace de tomber dans le fleuve Saint-Laurent en raison de l'érosion des berges. Décembre 2010

Une maison de Sept-Îles détruite en 2010 en raison de l'érosion des berges.

Photo : Radio-Canada

C’est ce qui est démontré dans un rapport intitulé La pointe de l’iceberg, publié la semaine dernière par l’Institut canadien pour des choix climatiques.

Comme les conséquences de changements climatiques vont en s'alourdissant, M. Gignac croit qu’il est important de se pencher davantage sur ces coûts indirects, qui ont un impact à plus long terme.

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