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L'entente FIQ-Québec considérée transformatrice pour le réseau de la santé

Quatre infirmières masquées marchent dans un corridor.

Des infirmières de l'hôpital de Verdun au travail dans une tente installée devant leur établissement pour accueillir des patients atteints de la COVID-19, le 29 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement du Québec et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) affirment que l'entente de principe conclue au cours des dernières heures s'annonce transformatrice pour le réseau de la santé de la province.

En point de presse mercredi matin, la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, ne cachait pas sa satisfaction face à cette entente qui permettra, dit-elle, de réduire la charge de travail, de stabiliser les équipes de soins et d'améliorer les conditions de travail des quelque 76 000 syndiqués de la FIQ.

Pour moi, c'est le début d'une ère nouvelle, disons-le comme ça, a-t-elle laissé tomber.

« Je suis complètement et intimement convaincue qu’on a [...] une entente qui va changer la face du réseau de la santé pour les prochaines années à venir, tant pour le bénéfice du réseau de la santé [qu'au] bénéfice des infirmières. »

— Une citation de  Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor

Elle faisait ainsi écho aux propos de la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, qui a affirmé dans des entrevues accordées à Radio-Canada que l'entente va vraiment permettre d’améliorer significativement les conditions de travail des infirmières, des infirmières auxiliaires, des inhalothérapeutes et des perfusionnistes cliniques.

Elle mise sur la stabilité, la reconnaissance, l’expertise des gens. Donc toute la mobilité, la flexibilité […] ça va pouvoir être chose du passé, et on va vraiment pouvoir faire en sorte que notre monde soit stable, s'est-elle réjouie.

« C’est une entente qui change profondément la culture de gestion qui a été très néfaste dans les dernières années, et qui a permis vraiment de dégrader les conditions de travail. »

— Une citation de  Nancy Bédard, présidente de la FIQ

Selon la cheffe syndicale, l’entente va notamment permettre à tous ses membres qui travaillent dans les urgences, en obstétrique, dans les centres d’activité ouverts en tout temps d’opter pour des postes à temps complet s’ils le veulent.

Ils pourront ainsi travailler dans leur domaine d’expertise, de façon stable, pendant tous leurs quarts de travail, ce qui n’est pas toujours le cas à l’heure actuelle.

Ça, c’est une première parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont des postes, mais ce sont des postes flexibles, avec de la mobilité – ils se promenaient partout – [alors] les gens, honnêtement, délaissaient beaucoup les postes à temps complet à cause de ça.

« À terme, on va être en mesure vraiment de commencer officiellement à réparer ce réseau et à donner vraiment de l’oxygène pour les professionnels en soins. »

— Une citation de  Nancy Bédard, présidente de la FIQ

De la stabilité dans les équipes

Selon Mme Bédard, l’entente prévoit du financement pour 1000 postes à temps complet de plus dans les CHSLD publics et privés conventionnés et 500 autres dans les départements de chirurgie, ce qui aura un impact majeur sur la surcharge de travail des syndiqués.

La ministre LeBel a confirmé l'ajout de 1500 postes à temps complet. Selon elle, Québec veut que 70 % des effectifs occupent de tels postes en général, voire 80 % dans des secteurs considérés névralgiques, comme les CHSLD, les départements de chirurgie et en obstétrique.

« On comprend que les infirmières ont besoin de temps aussi, ont besoin d’avoir de la conciliation travail-famille. Souvent, ce sont de jeunes infirmières qui ont des familles. »

— Une citation de  Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor
Nancy Bédard, portant une blouse aux couleurs de la FIQ, marche près de syndiquées masquées. Elle est souriante.

La présidente de la FIQ, Nancy Bédard, lors d'une manifestation des syndiqués organisée près du pont Jacques-Cartier, le 19 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans les CHSLD, particulièrement touchés par la crise de la COVID-19 le printemps dernier, cela permettra en outre de diminuer les ratios patients/infirmière, un élément extrêmement important, souligne la présidente de la FIQ. Les infirmières seront aussi payées 37,5 heures/semaine.

Ça fait 10 ans qu’on le demande. Donc, ça, c’est vraiment important pour elles, elles vont être payées et avoir une journée de travail pour être capables de réussir à voir l’ensemble de leurs patients dans une journée.

Mme Bédard souligne aussi que les infirmières travaillant de soir et de nuit pourront, si elles le souhaitent, obtenir des horaires leur permettant de travailler 9 jours sur 14, et donc d’avoir des fins de semaine de trois jours.

Des primes d’attraction et de rétention pouvant atteindre 4 % seront en outre consenties à ces travailleuses qui, rappelle-t-elle, font des quarts extrêmement difficiles pour la conciliation travail-famille.

« La stabilité des équipes, c’est ça qui fait vraiment les nouveaux changements dans cette convention collective. »

— Une citation de  Nancy Bédard, présidente de la FIQ

Les nouvelles professionnelles qui entreront dans le réseau avec des postes à temps partiel se verront en outre garantir 7 jours de travail toutes les deux semaines, ce qui n’est pas le cas en ce moment.

La FIQ avait aussi indiqué mardi que la prime de fin de semaine allait passer de 4 % à 8 % en vertu de l’entente de principe.

Selon Mme Bédard, l'entente permettra aussi aux infirmières d'inscrire plus facilement des congés à leur horaire.

Les agences privées mises au pas?

Nancy Bédard se réjouit également du nouvel encadrement décidé pour le personnel travaillant dans les agences privées, qui débauchent souvent des employés du réseau public en leur offrant de meilleures conditions de travail.

Actuellement, ce qui arrive, c’est que les gens quittent le réseau et reviennent dans les établissements de santé, et ils vont chercher les meilleures heures de travail, les meilleurs quarts. Elles n’ont pas à faire d’heures supplémentaires, résume-t-elle.

Dans les dernières semaines, les derniers mois, il y avait vraiment une recrudescence, où les employeurs prenaient ces gens d’agences privées et les mettaient sur les meilleurs quarts [sans qu’ils soient] assujettis aux conditions de travail difficile des professionnelles en soins.

Selon la présidente de la FIQ, cette ère sera bientôt en partie révolue grâce à l’entente de principe.

La main-d’œuvre indépendante va venir travailler vraiment là où les professionnels en soins ont besoin qu’ils soient, affirme-t-elle. Si c’est la nuit, les fins de semaine, au départ, ce sera ça. Et ce sont les professionnels en soins qui vont bénéficier au départ des meilleures conditions, ce qui n’était pas le cas.

La ministre LeBel n'est pas entrée dans ce genre de détails en point de presse, mais elle a confirmé que Québec cherche à réduire le plus possible le recours à ces agences dans le réseau. Elle affirme d'ailleurs que cette question, ainsi que celles des congés, était à l'origine du rejet d'une première entente, il y a deux semaines.

« Il y a des ententes pour qu’on révise la directive de gestion et il va y avoir une lettre d’entente [...] pour qu’on puisse être capables de travailler avec la FIQ [...] pour réduire au maximum, ou au strict minimum, l’apport de la main-d'oeuvre indépendante dans le réseau. »

— Une citation de  Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor

On s'engage à travailler ensemble pour prioriser l'usage de la main-d'oeuvre de notre réseau et faire en sorte de leur donner des conditions de travail qui vont nous aider à atteindre cet objectif, a ajouté la ministre.

Mme LeBel a toutefois indiqué qu'il n'était pas question d'éliminer ces agences. Même la FIQ est d’accord qu’on ne peut pas éliminer complètement l’apport des agences indépendantes. On a quand même des enjeux dans le réseau, il ne faut pas qu’il y ait de ruptures de services, a-t-elle dit.

L’idée, c’est de faire en sorte que ça devienne l'exception. C’est là-dessus qu’on va travailler.

Une entente qui reste à entrer en vigueur

L'entente annoncée mardi ne concerne que les conditions de travail des quelque 76 000 membres de la FIQ, qui sont des femmes dans une proportion de 90 %.

Elle ne touche pas les questions salariales, qui sont négociées par un front commun constitué de la FIQ et de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Les détails de l'entente de principe, approuvée jusqu'ici par 82 % des délégués syndicaux, seront expliqués aux membres de la FIQ lors d'assemblées générales qui auront lieu au cours des prochaines semaines, indique Mme Bédard.

Les membres ne seront cependant appelés à se prononcer que sur l'entente de principe globale.

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